‹ Diagnostic et traitement des abcès du foieChapitre 55 sur 83 · TOR · texte numérisé non relu

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début des accidents hépatiques. Les abcès causés par les ascarides simulent, s'ils sont uniques, les abcès tropicaux. D’après une observation de Lebert, le petit malade fut pris d’un frisson et de fièvre suivis de douleurs à l'hypochondre droit, puis de diarrhée : le foie s’hypertrophia, fut douloureux, puis les symptômes pulmonaires apparurent par suite de l'extension de l'abcès.

Chez un autre enfant, c'est un cas de simple abcès hépatique avec fièvre rémittente légère,.douleur abdominale et lombaire, puis pleurésie gauche bientôt suvic d'une pleurésie droite. Dans une autre observation, le début fut un épanchement pleural droit avec fièvre rémittente sans symplômes hépatiques; mais une ponction exploratrice retira de la plèvre une sérosité claire et de l’abcès du foie un pus rougeâtre ; un peu avant la mort, ædème de la face et du bras droits. Le malade de Bluff présenta les symplômes spéciaux aux cas de longue durée, avec fièvre intermittente pendant trois mois, douleur épigastrique, augmentation graduelle de l’hypochondre droit, et formation progressive d’un abcès fluctuant à l’ombilic.

Au contraire Mall cite un fait où la marche fut rapide, avec grands frissons, vives douleurs du foie, vomissements, jaunisse, hypertrophie hépatique et tumeur proéminente et fluctuante à l’hypochondre.

En général, les abcès causés par les ascarides ne s’accompagnent pas de développement d'une tumeur localisée ; le foie est seulement augmenté de volume; les cas traumaliques, au contraire, se distinguent par la rapide formation d’une tumeur.

Une fois est notée la rupture de l’abcès dans la plèvre: on a cité enfin des complications cérébrales (convulsions, délire, stupeur).

En résumé, un enfant, souffrant d’ascarides ou frappé d’un coup à l’hypochondre droit, se plaint subitement d’une vive douleur en celte région, avec irradiations à l'épaule,

d’une sensibilité à la pression, avec pesanteur épigastrique ; bientôl apparaît la fièvre rémittente et ses frissons accompagnée de vomissements, anorexie et parfois selles diarrhéïques. Le foie augmente peu à peu, uniformément ou vers le thorax ou dans l'abdomen ; les côtes font saillie, puis se dessine, à l’hypochondre ou à l'épigastre une tumeur qui peut devenir fluctuante, avec œdème de la peau vo'sine ct développement d’un réseau de veines superficielles. On suspectera un abcès du foie et l’on y enfoncera l'aiguille exploratrice à plusieurs reprises jusqu’à ce qu'on soit assuré de la présence ou de l’absence du pus. L'examen de ce pus aidera au diagnoslic avec un kyste suppuré par exemple.

Le diagnostic est peut-être plus difficile que chez l'adulle, à cause des antécédents souvent malaisés à connaître.

L'abcès a été confondu avec le kyste hydatique, le cancer, une suppuration de viscère voisin et une collection sushépatique. 4

Ne voulant pas reprendre ce qui a été dit sur ces difficultés de diagnostic chez l'adulte, je mentionnerai seulement les abcès tuberculeux sous-phréniques.

Les abcès tuberculeux du foie, qui s’observent surtout chez les enfants, sont intrahépatiques et périhépatiques ; mais cliniquement les premiers ne sont guère reconnaissables, et leur existence n’est révélée que par les abcès périhépatiques qui leur succèdent.

Aussi bien, les symptômes sont à peu près les mêmes que ceux des abcès sous-phréniques proprement dits ; leur évolution cest plus lente, moins douloureuse et moins fébrile, M. Lannelongue (1) qui les a fait connaître, en a recueilli 7 cas, avec des signes variables suivant le

1. Lannelongue. Bulletin médical, 1887, p. 438 : Congrès franc. de chirurgie, 1888.

Role

siège (1). Si la tumeur proémine sous le rebord costal, on peut croire à un kyste hydatique ou un abcès du foie ; l'erreur fut évitée deux fois en se fondant sur la limitation de la tumeur, son évolution rapide et surtout les antécédents. Quand la collection siège plus haut on la distinguera d’une pleurésie enkystée, d’un kyste ou d'un abcès du foie: une ponction exploratrice sera souvent le seul moyen de les différencier. Si l’abcès est.élevé et peu accessible il faut à l’incision des téguments combiner la résection du bord inférieur du thorax jusqu’à la septième et la sixième côte, suivant les cas (2). Par l'ouverture large de la collection purulente, on pourra explorer le foie pour rechercher la coexistence d’un abcès intrahépatique, qu’on devra inciser, laver et drainer.

C'est l’étude de ce traitement qui nous reste à faire.

Tableau de 45 cas d’abcès du foie chez l'enfant.

1° Par iraumatisme.

1. Baudelocque (Schmidi’s Jahrbücher, 1834) Garçon, 11 ans. Traumatisme. A fait une chute un mois auparavant ; le dernier survivant d’une famille tuberculeuse, a eu des symptômes de phthisie. Mort. À lautopsie, foie augmenté de volume; dans le lobe droit 12 à 15 cavités purulentes : conduits biliaires normaux. Durée 6 semaines.

2. Obre (Transact. Patholog. Soc. London, 1850-51, ILT, 115). Fille de 9 ans. Traumatisme possible. Fièvre hectique. Œdème et mouvements convulsifs de la jambe droite ; pas d’ictère, voussure de l’hypochondre droit ; côtes saillantes ; pas de fluctuation. Abcès ouvert, aspiration. Mort 41 jours après que la tumeur s'était manifestée. Cavité contenant 1 pinte 1/2 de pus dans le lobe droit. Pneunomie de la base droite, pas d’ulcérations intestinales.

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