Pentray. Th. de Paris
dans les selles le pus évacué par les conduits biliaires.
Tout aussi rare est l’ouverlure de l'abcès dans le rein : Rayer (cité par Fauconneau-Dufresne) l’a observée une fois où la collection s'était ouverte en même temps au duodénum. Annesley et Neumann ont vu le pus s’écouler par les urines ; un fait rapporté par Dutrouleau montre le rein encore intact, mais le tissu cellulaire voisin avait été détruit par la suppuration.
Dans le cas d’'Hashimoto, il y avait une fausse fluctuation; on yfit une incision blanche ; peu après le pus s’élimina dans les urines et le malade guérit (1).
Jusque-là, pareille lésion n’avait été constatée qu'après Ja mort.
Ce sont aussi trouvailles d’autopsie que les ouvertures de l’abcès dans les {roncs veineux du foie (veine porte, veine cave et veine sus-hépatique). James et Piorry ont vu une perforation de la veine cave ; Valleix cite deux cas de rupture dans les veines sus-hépatiques. Si la communication est brusque entre l’abcès et le vaisseau, la mort est subite ; maisil se fait plutôt une phlébite lente de la veine cave, avec les symptômes de l'infection purulente dès que le pus se mélange au sang (Delacour). Dans un cas de Colin, il y eut des frissons répétés, une violente dyspnée et des accès de suffocation (Observations citées par M. Rendu) (2).
Tel est le diagnostic des différents modes d'évolution des abcès du foie. — On seit leur importance puisque l’abcès parfois ne se révèle pas autrement. Ce sont souvent de véritables complications pour le malade, soulagé il est vrai d’une fiçon passagère, mais dont la guérison spontanée en cette occurrence est absolument exceplionnelle.
4. Hashimoto (de Tokio). Archiv. für klin. Chirurgie, 1885, p. 38.
2. Dans un cas de Chomel, les symptômes observés firent croire à une dothiénentérie.
Leblond 11
ONE Aussi faut-il opérer quand même et le plus tôt possible. Mais avant d'aborder l'étude du traitement, je voudrais dire un mot des abcès du foie chez l'enfant.
Abcès du foie chez l'enfant.
Bien qu'’assez rares, ils ne sont pas aussi exceptionnels qu'on l'a cru : ils n’étaient guère mentionnés jusqu’au jour où Bernhard en publia plusieurs cas(1). Plus récemment, Musser réunit tous les faits connus au nombre de 34, parmi lesquels plusieurs observations d’abcès pyohémiques (2). |
Y joignant quelques autrestrouvés dans l’Index-catalogue, l’Index-médicus ou les Bulletins de la Société anatomique, on obtient aujourd’hui un total de 45 cas.
Je n'en ferai une étude rapide que pour en noter les indications bibliographiques et des considérations intéressantes sur leur éliologie, leurs symptômes et leur diagnoslice.
Le plus souvent leurs causes sont les mêmes que chez l'adulte : car, si l’onélimine les 11 cas probablement pyohémiques, il reste 8 cas dus au traumatisme, 8 à des lombrics, 4 à la dysentéric nostras, 4 à la diarrhée tropicale, 2 à la fièvre typhoïde, 2 à une phlébile ombilicale, 1 à la pérityphlite ; 5 sont d’origine inconnue.
Ainsi, chez l'enfant, au contraire de l'adulte, la dysentérie des pays chauds est un facteur étiologique peu commun, remplacé par le éraumatisme el les lombrics ; les abcès biliaires par angiocholite y sont inconnus. Quant aux abcès traumaliques, leurs accidents se développent plutôt rapidement ; quelquefois le processus inflammatoire reste latent et sans signes locaux pendant plusieurs semaines. Une fois la chute s'était faite plusieurs mois avant le
1 Bernhard. Jahrbuchfur Kinderheilkunde, 1886, t. XXV, p.395. 2. Musser. Cyclopæia of the Diseases of Children, 1890, t. INT, p. 466.