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DEUXIÈME PARTIE

Le traitement médical doit être prophylactique, chez - les malades exposés aux abcès du foie par leurs antécédents dysentériques ou paludiques, ou par une maladie actuelle, cause possible d'hépatite suppurée : L’antisepsie intestinale sera utile pour modifier si possible le contenu du tube digestif. Dans notre observation, la limonade lactique (10 p. 1000) a donné d’excellents résultats, au moins durant les premiers temps. ù En cas d’impaludisme, le sulfate de quinine est tout indiqué, cela va sans dire.

L'incision large et précoce est le seul traitement convenable de l’abcès du foie, comme de toute collection purulente. Si l'ouverture en est grande, plus facile sera l’évacuation du pus et des débris de tissu hépatique, et plus aisés les lavages consécutifs et les soins antiseptiques. Mais, pour arriver jusqu’à la poche, il faut traverser d’abord les téguments et surtout l’une ou l’autre séreuse : plèvre ou périloine,suivant le siège. En vain, l’abcès s’est plus ou moins rapproché de la paroi thoracique ou abdominale, il n'aura que fort tard produit par l’inflammation de voisinage des adhérences entre sa paroi et l’une des deux séreuses. Si la soudure est assez intime et solide entre l’abcès et la séreuse, le pus pourra être évacué sans tomber dans le péritoine ou la plévre ; sinon, des accidents graves, souvent mortels, peuvent survenir. Du moins ces adhérences, est-il possible de les prévoir ? Sans doute l'ancienneté des accidents purulents, l’acuité

de la douleur locale, le peu de profondeur où l'aiguille a trouvé le pus, sans doute aussi la palpalion et surtout l’auscultation qui ont décelé le frottement périhépatique permettent souvent d’affirmer ou seulement de soupçonner leur existence. Mais il n’est pas moins vrai qu'il ya là un danger, et c’est pour l’éviter que plusieurs moyens furent jadis inventés.

Les uns retardaient l'ouverture de l’abcès, laissant à ces adhérences le temps de se former. Les autres donnaient bien une issue rapide au pus, mais à l’aide d’instruments ou d'appareils qui oblitérant la voie ouverte empêchaient le liquide infectant de se répandre alentour, et protégeaient ainsi mécaniquement la séreuse voisine contre une effraclion dangereuse.

Parmi les premiers, on doit citer l'ouverture en deux temps qu'imagina Récamier et que Graves et Bégin exécutèrent : le premier en incisant tous les téguments jusqu'au feuillet pariétal, puis attendant la formation d’adhérences, le second en entamant le feuillet parietal même . du péritoine, puis faisant un pansement occlusif, enlevé quelques jours après, lorsque les adhérences étaient supposées suffisantes (1).

Souvent renouvelée depuis Bégin, cette méthode, rendue antiseptique, peut être utile aujourd’hui, quand l’ouverture de l’abcès ne s’impose pas immédiatement. Aussi bien, Volkmann l’a appliquée au traitement des kystes hydatiques.

. C'est dans le même but que l’on fit au point le plus douloureux, où devait porter l'incision, une applicalion de potasse ou de caustique de Vienne (Récamier, Béhier el Hardy) ; on renouvelait cette manœuvre jusqu’à ce que les adhérences fussent probables entre la paroi et le foyer, mais on provoquait souvent la péritonile qu'on voulait éviter. Déjà plus hardi, Chassaignac appliquait bien un

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