‹ Diagnostic et traitement des abcès du foieChapitre 61 sur 83 · Defontaine. Gazette des IHopilaux, 1888, p · texte numérisé non relu

Defontaine. Gazette des IHopilaux, 1888, p

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caustique, mais à travers l'eschare faisait bientôt pénétrer son trocart courbe dans la poche et le ramenait de dedans en dehors, pour introduire sur ce conducteur une anse élastique fenêtrée. Vidal de Cassis sur le fond de l’eschare incisait au bistouri.

Les autres opérateurs, pour donner issue rapide au pus, usaient d’un dispositif spécial : ce fut d’abord un trocart à demeure, dont Cambay laissait en place la canule qui par sa large lumière pouvait évacuer le pus et les détritus hépatiques et recevoir les lavages répétés (1). Cette canule oblitérait la voie qu’elle avait créée et protégeait la séreuse voisine contre une invasion purulente ; mais elle imposait malheureusement au malade une immobilité absolue. Le même inconvénient existait avec le tube de caoutchouc substitué à la canule du trocart ; de plus, ce tube, une fois sorti de la poche, était difficile à réintroduire, et exposait à une fausse route, c’est-à-dire à la rupture d’adhérences encore peu résistantes. Mais la voie ainsi faite par un trocart même volumineux était étroite, aussi a-t-on imaginé d’enfoncer deux trocarts côte à côle à 3 centimètres l’un de l’autre, pour diviser les parties molles qui les séparent, dès que les adhérences ont pu se former (Defontaine).

Enfin récemment Mac Leod a préconisé un procédé particulier : il se sert d’un trocart et d’une canule, d’une sonde cannelée sur la moitié de sa longueur et s'adaptant à la canule, de tubes à drainage plus ou moins longs, nikelés et ovales (plus utiles que les tubes ronds pour introduire entre les côtes), dont chacun a deux ouvertures latérales à son extrémité ‘intérieure et deux autres à l’extérieure pour y fixer l’épingle de sûreté; enfin d’un autre tube, dit tube-guide, plus long que le plus long des drains et finissant en cône à son extrémité profonde où existe

1. Le procédé de Cambay que préconisait Sachs, du Caire, et défendu par M. Rendu, était encore celui qui donnait les moins mauvais résultats (Rochard. Académie de médecine, 1880).

une ouverture suffisante pour laisser passer la sonde cannelée. L'auteur enfonce d’abord trocart et canule, remplace le premier par une sonde cannelée, et retire sa canule. Puis sur la sonde il coupe tous les tissus, verticalement, par une incision longue d’un pouce qu’il agrandit avec une pince de Lister passée sur la rainure de la sonde. Par cette ponction, il glisse sur la sonde cannelée un tube à drainage avec son tube-guide, qui est ensuite reliré avec la sonde, et le drain demeure en place, fixé par une épingle de sûreté (1).

Mais tous ces procédés ont vécu, car ce sont des procédés de lenteur, et dans l’abcès du foie l'évacuation large, rapide et complète est la condition même du succès. Ils font perdre un temps précieux, et perdre du temps dans ce cas c’est perdre des chances de guérison.

Ils sont sans doute d’une exécution rapide et oblitèrent assez bien la cavité péritonéale, mais ne donnent pas au pus un large écoulement et exposent en dépit des irrigations les mieux faites aux dangers d’une évacuation insuf- - fisante (Segond).

Certes la ponction aspiralrice, aidée de lavages antiseptiques, a obtenu quelques succès (Moulard-Martin); mais la pratique n’a pas réalisé les espérances nourries par quelques-uns. Des abcès ainsi guéris par ponctions ont été cités par Oberlin, Ball, Scull, elc.

Il fallait donc trouver une méthode rapide el sûre d'évacualion par une incision complèle immédiate. Déjà, dans le cas d’abcès faisant saillie sous la peau de l'abdomen ou du thorax et venant s'offrir à la lame du bistouri, déjà cette incision vive et complète avait donné d’excellents résultats (2), Dutrouleau en pratiquait ainsi l'ouverture :

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