Bichon. Th. de Montpellier
Leb'ond 16
viveau de l’ombilic aux côtes ; puis on vide préalablement l'abcès avec l'aspirateur, on le lave au sublimé, et l'on met la paroi de celte poche en rapport avec le côlon. Une première suture transversale comprend la partie la plus éloignée de l’abcès et du côlon. Puis huit points de suture sont placés suivant deux lignes longitudinales, éloignées de un centimètre environ, quatre d’un côté, quatre de l’autre. Le fil ne comprendra pas, autant que possible, toute l'épaisseur des parois. Un dernier point transversal, comme le premier est placé sur la partie la plus rapprochée. On circonscrit ainsi un rectangle qui met en présence le côlon et l’abcès. Des pinces à pression maintiennent les extrémités des fils de catgut. Après avoir serré le premier point transversal et les points latéraux, on pratique avec un bistouri étroit une ouverture correspondant aux parois accolées, dans laquelle on passé un drain flexible de cinq à six centimètres de long. On achève d'isoler la fistule en serrant le dernier point transversal. On referme ensuite la paroi abdominale (Bichon). Mais le diagnostic difficile, l’espoir d’une évacuation spontanée par les voies digestives (estomac ou colon), et surtout la gravité d’une telle intervention rendront cette opération tout exceptionnelle.
Complications post-opératoires.
J’ai déjà mentionné quelques complications opératoires (déchirure du tissu hépatique par les points de suture, hémorrhagie de la section du foie), et les moyens d’y remédier. Il est d’autres accidents, plus tardifs et préjudiciables au malade : je veux parler de la cholerrhagie, de la carie costale, d’une fistule interminable.
La cholérrhagie ne répond pas aux cas où le pus de l’abcès est simplement teinté de bile: cet accident n’est pas rare; chez noire malade il fut observé pendant 5 jours conséculifs. Il s’agit d’un écoulement biliaire abon-
dant, par centaines degrammes, qui souille et traverse le pansement qu'il faut renouveler plusieurs fois par jour (1).
M. Rendu (D. Dech.) dit que ce mélange de bile au pus hépatique est rare, parce qu’il se fait une véritable thrombose biliaires dans les canaux biliaire interlobulaires, voisins de la collection purulente, qui s’oblitèrent par épaississement de leurs cellules endothéliales. Mais les observations sont plus fréquentes de collections puru-
lentes dont le contenu est teinté de bile : Bérenger-Féraud
signale ce fait 8 fois sur 100 (2).
La cholérrhagie n'avait encore été relatée que sommairement dans quelques études sur les abcès du foie, notamment par Little et Ayme (3), par Rousse (4), Long (5), Cliquet (6), Debergue (7), Oromi (8), lorsque Bertrand en fil une étude complète (9). Dans les quatre premières observations cilées par ce dernier, très minime fut la quantité de bile mêlée au pus ; et elle modifia si faiblement l'évolution de l'abtès que son importance fut négligée. Seulement il n’en va pas toujours ainsi, et l’écoulement est parfois si intense qu'il y a en un: mot une véritable cholérrhagie. Par centaines de grammes,-la bile s'échappe de l’abcès et salit le pansement, témoin trois observations de Bertrand. Ce n’est,plus alors un banal
4. Dans les kystes hydatiques, cette complication s’observe également : chez une opérée de M. Périer, je me souviens avoir vu un écoulement de bile presque pure qui persista plusieurs jours et ne laisea pas que d’inquiéter le chirurgien.