Pel. Berliner Klin. Wochenschrift, 1890, p
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sensation profonde de pesanteur, le plus souvent très aiguë, poignante ou pulsalile ou lancinante, siégeant surtout aux dernières côtes, parfois à l’épigastre ‘ou dans l’hypochondre, au mamelon ou dans la fosse rénale, éveillée par un simple attouchement ou frôlement de la peau,augmentée par la moindre pression, un mouvement, la toux, le décubitus latéral, ou une profonde inspiration; s'irradiant à l’épaule et à la clavicule droites, à l’abdomen et même à la cuisse, celte douleur offre tous les degrés depuis le plus léger engourdissement jusqu’à l’angoisse la plus pénible et la plus insupportable souffrance. En certains cas sa localisation précise et ses irradiations pourront indiquer le siège exact de l’abcès, mais il ne faudra guère compter sur ce signe trompeur.
Par instinct, cette douleur diminue l’ampliation des mouvements du diaphragme et des dernières côtes droites et rend heurtée, pénible, saccadée et anxieuse Ja respiration du malade. La dyspnée souvent s'accompagne de petiles quintes de toux sèche, semblable à la toux pleurétique, causée peut-être par l’irritation voisine de la plèvre diaphragmatique et que déjà Galien connaissait parfaitement.
Il est des cas où cette toux a pu donner le change et fausser le diagnostic (Kelsch et Kiener). Cette gêne respiratoire n’est pas seulement l’effet de la souffrance ; en partie aussi elle est due au volume du foie qui entrave l'expansion régulière du diaphragme et refoule le lobe inférieur du poumon.
A l’examen de la région, on est frappé de quelques signes vraiment caractéristiques.
La tuméfaclion du foie peut déjà se constater à l’inspection, car l’hypochondre présente une voussure génépale, uniforme, sans saillie spéciale ni déformalion particulière : on dirait d’une masse globuleuse, enfermée sous la moitié inférieure droite du thorax. Les espaces intercostaux sont élargis, leur intervalle est comblé, et la