Nuit très mauvaise. T. 36°,6. P. 120. R
Respiration difficile ; râle trachéal, Délire continuel. On ne tou-
che pas au pansement. Mort le 27.
A l’autopsie on trouve au côté droit, à sept centimètres audessous du creux axillaire une incision faite dans lespace inter coslal. À 3 centimètres au-dessous de cette plaie est une seconde incision, longue de 8 centimètres, béante de 3 centimètres d’où sort un drain.
Ascile dans l'abdomen. Le diaphragme est à la hauteur de la cinquième côte sur le côté gauche. Le foie s’étend sur la ligne mamelonnaire à 2 centimètres au-dessous du rebord costal; le lobe gauche est libre, mais le droit est retenu par des adhérences au diaphragme. À droite le diaphragme s’étend jusqu’au bord supérieur de la quatrième côte sur la ligne mamelonnaire.
Il est soudé au thorax, au niveau de la septième côte.
De la seconde ouverture d’incision on parvient par un orifice diaphragmatique dans une grande cavité hépatique qui renferme encore du pus jaunâtre ; elle est très irrégulière et s'étend en avant jusqu’au milieu du lobe droit. Le poumon droit est sain, sauf le lobe inférieur qui est comprimé et vide d'air.
Dans l’arrière-cavité des fosses nasales, dans le duodénum et dans l’estomac, on trouve quelques lombrics. Il n’y en a pas dans les voies biliaires.
OBs. XXV.— Abcès du foie chez un enfant de 5 ans. Méthode de Récamier. — Omont. Normandie médicale, 1889, p. 216.
En 1888 un enfant de 5 ans avait été soigné pour une phthisie aiguë à forme pneumonique, et avait guéri relativement en conservant une caverne au côté droit.
Le 15 mars de l’année suivante il fut amené à mon cabinet : il était depuis 8 jours un peu souffrant, l’appétit diminué, le sommeil mauvais, En procédant à un examen minutieux, je découvris dans l’hypochondre droit, au-dessous du rebord des fausses côtes, à trois doigts de la ligne blanche, une tumeur dure, mate, peu douloureuse, du volume d’un œuf de pou'e, plongeant sous ce rebord et se continuant avec le foie. Elle semblait appartenir à la vésicule biliaire ou à l’éminence poste antérieure. Je fis mettre le malade au lit et attendis.
Le 17 mars. — La tumeur avait augmenté : son indépendance de la paroi abdominale était absolue, pas de rougeur ni d'œdème
Ie
de la peau : douleur loca'e très légère. Etat général salisfaisant. Constipation. ,
Du 17 au 22. — La tuméfaction augmente encore, mais elle devient douloureuse à la pression et par la toux. La fièvre est légère, elle atteint une fois 38°,5. Etat général moins bon, appétit nul.
Le 22 mars. — On fit le diagnostic d’hépatite en voie de suppuration.
À ce moment il n’y avait pas trace de fluctualion : pas de saillie de la tumeur à l'extérieur, toute la moitié supérieure du côté droit de l’abdomen était peu à peu envahie. En haut c’est une masse dure et volumineuse ; au-dessous et descendant plus bas que l’ombilic, c’est une nappe résislante, mais peu épaisse.
Le 3 avril apparaissait dans le flanc droit, un peu au-dessous de la ligne ombilicale, un léger œdème de la paroi : à ce niveau on trouve une légère proéminence, de la tuméfaction sans rougeur ni adhérences de la peau. Je n’ose affirmer avoir senti la fluctuation. Quoi qu'il en soit, le lendemain, je fais à ce niveau une large application de pâte de Vienne, et quatre jours après sans autre intervention il s’échappait un flot de pus par la plaie de l’eschare. Ce pus ne présentait pas les caractères du pus phlegmoneux ; il était plus fluide et ressemblait à de la lie de cidre, charriant une petite quantité de détritus dont je n'ai su reconnaître l’origine, mais bien différents des lambeaux de tissu cellulaire du phlegmon. Après l'ouverture du foyer, fréquents lavages au sublimé. Pas de complications.
Au quatrième jour, écoulement presque nul; la tuméfaction à diminué; Ja douleur, la fièvre et l’inappétence ont disparu.
En 8 ou 10 jours, le petit malade était revenu à son état normal.
A la place de l’eschare il n’y avait plus qu’une plaie superticielle, dont je réprimai vite les bourgeons charnus avec le nitrate d'argent.
L'intervention eut des suites aussi heureuses que la laparotomie la mieux conduite. Je pense que la méthode de Récamier demeure pour le petit médecin de campagne le seul procédé pratique de traitement des suppurations du foie; je crois ce procédé capable de donner des résultats satisfaisants et qu'il est préférable pour la campagne à l'incision directe qui réclame des aides,
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un temps et une habileté opératoire qu'on ne saurait rencontrer en dehors des grands hôpitaux ou des grandes fortunes.
OBs. XXVI. — Trois abcès du foie chez un nourrisson. (ruérison. — Rusche. Berliner klinische Wochenschrift, 1889, p. 262.
Une enfant de 3 mois qui était nourrie au lait de vache fut prise de bronchite qui guérit rapidement; mais à la suite on reconnaît à la palpation une hypertrophie du foie. Quelque temps après l'enfant était très abattu et l’abdomen fortement soulevé au niveau de l’hypochondre droit. On sentait assez nettement sur le lobe droit du foie une grosse tumeur, et deux plus petites sur le lobe gauche.
L'examen physique des autres organes ne donnait rien d’anormal. Pour remédier à la perte des forces, on donna du phosphate de chaux trois fois par jour, de petites quantités d’huile de foie de morue et de vin de Tokai à parties égales, et le mélange de lait et de farine d'avoine.
Du 3 au 5 avril. -— Fièvre le soir; pas d'ictère. Les trois tumeurs du fo'e augmentaient graduellement, s’élevant sur la paroi abdominale amaigrie.
Le 5 avril. — On constata sur les deux tumeurs gauches de la fluctuation : alors la paroi abdominale fut lavée au sublimé, puis tandis qu'un aide fixait avec ses mains à plat la tumeur située le plus à gauche, le chirurgien incisa au bistouri le sommet de la tumeur : 1] s'évacua du pus jaune verdâtre, non fétide. Une sonde introduite prudemment ne donna pas de communication avec le second abcès : celui-ci fut ensuite ouvert de la même facon : même résultat. Pansement au sublimé.
Après une série de pansements ces plaies opératoires guérirent vers le 12 avril. Cependant la tumeur du lobe droit, qui jusquelà était restée dure, montra de la fluctuation : l'ouverture en fut faite le 12. L’incision dans c : dernier cas fut si grande que l’on put avec le doigt explorer la cavité. On arrivait ainsi au bord supérieur du foie qu’on pouvait sonder dans toute son étendue. Le pus était semblable à celui des deux poches précédentes ; malheureusement aucune préparation microscopique n’en fut faite. La plaie fut lavée au sublimé, puis elle se ferma rapidement.
Le jour de l'opération l'enfant était très faible et le pronostic semblait absolument mauvais.
Mais peu à peu, il put se rétablir et la guérison fut complète au bout de 3 mois. Aujourd’hui après 2 ans et demi, sa santé est encore parfaite.
Dans ce cas, ces abcès ont sans doute été produits par une thrombose de la veine ombilicale et de la branche gauche de la veine-porte.
O8s. XXVIL. — Abcès dysentérique chez une fille de 20 mois. — Péreira. Indian medical Gazette. Calcutla, 1390, p. 170.
Je fus appelé d'urgence pour voir une fille de planteur de café et quinquina qu'on avait amenée en l'état suivant: Enfant toujours en bonne santé jusqu’à la fin de novembre ; elle ressentit alors quelques légères atteintes de dysentérie, bientôt guéries par une petite dose d'huile de castor et de laudanum.
Le 2 décembre 1889. Les selles étaient argileuses, non colorées par la bile ; la petite malade maigrissait et prenait un mauvais aspect.
Le 5. — Elle fut vue par lapothicaire attaché à l'hôpital de Saint-Barthélemy qui la traita pour une congestion hépatique.
Au bout de 9 jours, les symptômes hépatiques avaient disparu; la malade reprenait des forces. Mais peu après l'enfant fut de nouveau souffrante et l’état empira de plus en plus.
Je la vis, le 29 décembre, amaigri, faible; le visage était anxieux, la peau cireuse, sans ictère, l'appétit mauvais, la langue sale ; les yeux brillants. T. 1020. Respiration courte et précipitée. Dans la région hépatique existait ua gonflement bien défini, de la grosseur du poing et manifestement fluctuant. Elle était surtout saillante dans le dixième espace intercostal. N'ayant pas de doute sur la nature de la maladie, je donnai un peu d’eau-de-vie à la malade et fis une ponction de l’abcès avec un trocart et ‘canule : on évacua ainsi 12 onces de pus fluide avec peu de sang, inodore. Après la ponction pansement compressif,
30 décembre. — Après plusieurs nuits d’insomnie, la nuit fut calme ; léger écoulement par l’orifice de la ponction. T. matin, 98°,4, le soir 99.