HISTOIRE DE LA MALADIE
Après nous avoir signalé le point de départ de sa maladie, le malade va nous indiquer comment elle a évolué depuis le jour où elle a commencé jusqu’au jour où 6n l’examine, puis pendant que nous le gardons en observation. Aussi avant de décrire dans le détail les différents stades par lesquels passe le malade, avant d'arriver à la période d’abcès enkysté, nous allons donner brièvement ici, une observation résumée qui nous paraît nette et significative (obs. VIII).
Il s'agit de l'enfant Al... 14 ans, soigné par le Docteur BECHET d'Avranches.
Le 15 février 1944, il présente une petite écorchure de la région frontale droite : il ne peut préciser, s'il s'agit d'un petit bouton écorché par lui ou d'une simple égratignure.
Le 20 février 1%, autour de cette petite plaie, on constate l'apparition d'une inflammation de la largeur d'une pièce de deux francs et les jours suivants, l'apparition d'un gros œdème de la région frontale et de la paupière droite supérieure, œdème qui va persister quelques jours puis régresser presque complètement. Cet ædème est accompagné de céphalées, nausées et température à 40°.
Pendant la première quinzaine du mois de mars, l'enfant reste
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alité et fatigué, mais l’œdème a bien diminué et la zone inflamma-
toire à disparu.
Le 15 mars, il fait une crise d'épilepsie généralisée typique, avec morsure de la langue, perte des matières et des urines: elle dure plusieurs heures, mais ce sera l'unique crise.
Le 17 mars 1944, il est vu par le Docteur BRIzais ophtalmologiste qui ne lui trouve pas de stase papillaire, mais un peu d’hyperhémie de la pupille. A partir de cette date, il est pris de cé-
phalées de plus en plus intenses qui dureront jusqu'au 25 mars.
Le 21 murs, ces céphalées sont suivies de vomissements en fusée
qui durent 48 heures.
A partir du 25 mars, grosse amélioration : disparition des cépha-
les et des vomissements: élocution facile.
Le 27 mars 1944 il arrive à l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo et l'exaien ne révèle que peu de chose : légère paralysie faciale centrale gauche, un point douloureux à la pression de la partie supérieure du frontal droit et un léger œdème dé la paupière supérieure droite. La température est à 57°$S le soir et l'examen du fond d'œil révèle de la stase à droite, et un début à gauche. Une radiographie faite le lendemain révèle une légère décalcification de la partie
haute du frontal : tous signes d'un abcès du cerveau.
Comme l'enfant ne fait pas de grosse température, que la céphalée est supportable, qu'il se lève et ne maigrit pas, nous attendons l'enkystement. Tous les quatre ou cinq jours, avec le Docteurs DESCOTTES, ophtalmologiste, nous surveillons la stase papillaire. -
Le 8 avril, voyant que celle-ci à augmenté, bien que la céphaliée ait diminué, et que l'état général se maintienne excellent, nous
pensons qu'il est temps d'intervenir.
Le 11 avril, après une ventriculographie qui confirme notre diagnostic, nous opérons et enlevons un abcès du lobe frontal droit en bloc avec sa coque sans l'ouvrir et nous refermons sans drainage. Quinze jours après l'enfant quittait l'hôpital, et revu plusieurs fois depuis, il a un état général excellent.
Cette observation ainsi résumée nous à paru typique pour étudier l’évolution des abcès cérébraux, mettant en évidence l’évolution de l’abcès par poussées successives; l'étude de ces poussées a déjà été ébauchée par M. PUECH et décrite par M. THiéBaur. Voici ces différentes phases telles que nous les retrouvons dans notre observation
1°) Phase initiale d'infection locale : 15 février au leMArS:s
2°) Premier intervalle libre : 1°* mars au 15 mars;
3°) Phase d'accidents cérébro-méningés : 15 au 20 mars.
4°) Deuxième intervalle libre : 20 au 27 mars...
5°) Phase d’abcès enkysté : du 27 mars au 11 avril.
1°) La phase d'infection locale comme nous l’avons vu précédemment est constituée, la plupart du temps, par une otite, une sinusite, une infection, à distance ou un traumatisme crânien. Dans notre cas, il s’agit d’une petite plaie de la région frontale accompagnée d’un point d’'ostéite de l’os sous-jacent. Cette phase qui peut parfois durer très longtemps ou, au contraire être excessivement courte et durer 2 ou 3 jours, a, dans notre cas, une durée moyenne : une quinzaine de jours. :
2°) Le premier intervalle libre à suivi progressivement et notre sujet, bien que restant alité pendant toute cette période, avait vu disparaitre tous les gros signes qui l'avaient inquiété précédemment.
3°) Et voilà que brusquement le 15 mars, il y a un réveil de l'infection. C’est la phase méningée, pendant laquelle on constate le plus souvent un tableau de méningite aiguë avec céphalées, vomissements, raideur de la nuque, signe de Kernig, fièvre, ou seulement des manifeslations plus discrètes avec céphalées ou vomissements. Dans le cas présent, au contraire, en plus de ces phéno.
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mènes méningés, nous avons des phénomènes proprement cérébraux caractérisés par une crise d’épilepsie généralisée avec morsure de la langue et perte des matières et des urines.
Ces crises d’épilepsie se voient assez fréquemment à cette période cérébro-méningée et si, dans cette observation il n’y a qu’une crise, unique, dans nos observations VI et VII, ces crises sont très fréquentes, au point de gêner très fortement l’examen du malade, voire même de l’empêcher totalement. Lorsque la ponction lombaire est pratiquée à ce moment, mais ceci est assez peu fréquent, elle ramène suivant les cas, un liquide céphalo-rachidien trouble ou puriforme où sont mises en évidence, albuminose et polynucléose : l’albuminose sans xantochrome et lorsqu'elle dépasse 40 % est symptomatique d’une réaction inflammatoire, et la polynucléose nettement accusée, constitue à elle seule un signe suffisant de méningite diffuse : le plus souvent le liquide est clair et hypertendu. avec présence de quelques lymphocytes. Mais dans tous les cas l’examen bactériologique du liquide montre qu’il est résolument stérile et c’est là un point capital. Chaque fois que, chez un sujet présentant des accidents méningés, on ne trouve aucun germe à l’examen du liquide, il faudra toujours penser à la possibilité d’un abcès cérébral.
Ordinairement cette phase cérébro-méningée est de courte durée comme dans l’observation type où elle ne dure que 5 à 6 jours après lesquels l’état du malade s'améliore, et n'étaient les céphalées, il se croirait guéri. Mais dans les abcès à évolution aiguë et parfois même les abcès subaigus, l’état du malade s'aggrave, au point
d’obliger le neuro-chirurgien à intervenir rapidement.
Toutefois, comme nous sommes encore à la période d’encéphalite diffuse non suppurée, à l’intervention on ne trouvera que de l’œdème cérébral d’un lobe ou de toutes les parties voisines; et si, exceptionnellement, le chirur-
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