LORS
le membre inférieur gauche; revenu à lui quelques instants après
il marche normalement.
Le lendemain il fait une crise analogue, mais sans perte de Connaissance. De plus, la crise est suivie d'une monoplégie brachiale gauche qui persiste quelques jours. Pendant les jours suivants, tout
semble terminé et il travaille normalement.
Le 21 août, il fait une troisième crise, à la suite de laquelle le membre inférieur gauche est aussi presque complètement para- 1ysé. ,
Dès lors les crises se répètent presque chaque jour, elles ne s’accompagnent pas âe perte de connaissance, elles sont avant tout motrices. Cependant, il a parfois des fourmillements dans le membre inférieur gauche. Entre les crises, il se plaint de céphalées frontales droites qui deviennent très intenses à partir du 15 septembre
Lorsqu'il est hospitalisé à Nantes dans le service du Docteur Brirer il existe déjà : A
1°) une hémiplégie gauche complète proportionnelle avec signe de Babinsky, gros troubles de la sensibilité superficielle et troubles trophiques importants des membres gauches :
2°) de la stase papillaire.
L'examen du 6 octobre 1934, confirme l'existence d'une hémiplégie gauche avec hypotonie musculaire, réflexes osso-tendineux plus faibles à gauche qu'à droite, réflexes cutanés abdominaux gauches abolis, cutanés plantaires en extension à gauche. Il existe une hypoesthésie globale de la moitié gauche du corps. Le sens thoracique est totalement aboli de ce même côté, ‘e même que le sens stéréognosique. Gros troubles trophiques cutanés et profonds au niveau des deux membres paralysés. ;
Il existe une stase papillaire bilatérale avec Vodg : 5/5 é Sans troubles du champ visuel. Du point de vue psychiatrique le malade très obnubilé présente des troubles importants de la mémoire et une ralentissement psychique considérable, La formule sanguine est la suivante : H : 4.480.000 : L : 8.000.
re OP
En raison de cette symptomatologie gauche, l'intervention sans ventriculographie est décidée. La possibilité d'un abcès du cer-
veau est envisagée en raison même de l'évolution chronique.
INTERVENTION, le 10 octobre 1934 (Docteurs PUECH et BRUN).
Un volet rolandique droit ayant été rabattu, et la Qure-mère très tendue étant incisée, on découvre la zone rolandique droite. L'attention est immédiatement attirée par d'abondantes traînées verdâtres (comme l'on peut en voir dans certaines iméningites purulentes) qui courent entre les circonvolutions de la zone rolandique, tant frontales que pariétales.
L'arachnoïde ayant été incisée au niveau d'une de ces traînées verdâtres, un prélèvement est fait à ce niveau et envoyé au laboratoire pour examen microscopique extemporané. L'incision arachnoïdienne est fermée par l'application d'un fragment de muscle temporal.
La réponse du laboratoire ayant appris qu'il n'y avait pas de
germes microbiens à l'examen direct, l'intervention est poursui-!
vie.
Incision du cerveau dans la région rolandique haute au point où les circonvolutions sont les plus étalées. À quelques millimètres de profondeur on découvre la coque de l'abcès.
Celui-ci progressivement exposé et enlevé d’un seul bloc, selon la même pratique que dans le cas précédent. Il s'agissait d'un abcès enkysté para-sagittal rolandique droit, d'un poids de 35 grammes.
Hémostase: Suture complète de la dure-mère, Fermeture habi-
tuelle.
Suites opératoires. — Sans incidents. Les fils sont enlevés le cinquième jour ét la cicatrisation est normale, Dès la fin de l'intervention, le malade antérieurement hémiplégique remue déjà le membre inférieur gauche. Duns les semaines qui suivent la force
segmentaire est meilleure, Un mois après l'intervention il marche.
Résultats. — Actuellement la démarche est absolument nor-
male. La monoplégie brachiale rétrocède lentement, mais progres-
sivement. La stase papillaire a déjà disparu presque entièrement.
La pièce opératoire sectionnée après l'intervention à montré qu'il s'agissait d'un type habituel d’'abcès chronique encapsulé. Le pus d’odeur infecte contenait une culture pure de staphyloco-
ques blancs.