NE V
1) d’abord la longue tolérance ( 7 mois et demi) de
l'éclat dans le frontal, sans aucune manifestation de réaction apparente du tissu cérébral. D’où la nécessité d’avoir
; loujours présente à l'esprit la possibilité de complications
au niveau de corps étrangers inclus dans le cerveau quelle que soit la durée de l'intervalle libre entre la date ge la blessure et les complications AORTeRES
2) les crises d’épilepsie indiquent la réaction du tissu cérébral autour de la zone inflammatoire et leur disparition est immédiate avec l’ablation en bloc de l’abcès, des esquilles osseuses, de l'éclat contenus dans une coque épaisse d'environ 1/2 millimètre; alors que nous avons eu une dernière crise au moment où nous faisions le volet osseux;
3) la nécessité d’enlever le volet nécrosé pour voir.
disparaître immédiatement la suppuration;
4) le laboratoire nous a montré un microbisme latent depuis plus de sept mois puisqu'on a trouvé à la fois du tétragène et du perfringens. Ces microbes entrainés dans le cerveau lors de la pénétration de l’éclat n’ont manifesté leur présence que fort longtemps après la bles-
sure.
OBSERVATION VIH
Abcès du cerveau à symptomato:ogie fruste. Ablalion
en masse sans drainage. Güérison par le Docteur FEREY Daniel (Sain-Malo).
Il s’agit d’un enfant de 14 ans, qui nous est confié par Île Docteur BECHET, chirurgien à Avranches, parce qu'il a présenté, au cours d'un épisode infectieux, use crise d’épilepsie généralisée
et que depuis il se plaint de céphalées continuelles.
Voici le résumé très succinet de l'observation
Le 15 février 1944 : l'enfant présente une petite écorchure de la région frontale droite. I1 ne peut préciser s'il s'agit d’un petit bouton écorché par lui ou d'une simple égratignure.
Le 20 févricr : autour de cette petite plaie, on constate l'apparition d'une inflammation de la largeur d'une pièce de deux francs, et dans les jours suivants, l'apparition d'un gros ædème de la région frontale et de la paupière supérieure droite, ædème qui va persister quelques jours puis régresser presque complètement. Cet œdème est accompagné de céphalées, nausées et température à 40°, lP'ansements humides sur toute la région œdématiée. L
Pendant la première quinzaine de mars, il reste alité, est fatigué, l'œdème diminue un peu, la zone inflammatoire rouge disparaît. : =
Le 15 murs, il fait une crise d'épilepsie généralisée typique, avec morsures de la langue, pertes des matières et des urines, qui dure | plusieurs heures et pour laquelle le Docteur BÉCHET est appelé en consultation. Ce sera l'unique crise. \
Le 17 mars, vu à Avranches par le Docteur Brizais, ophtalmologiste, qui ne lui trouve pas de stase papillaire, mais un peu d'hyperhémie de la pupille. À partir de cette dute, il est pris de Céphalées de plus en plus marquées qui dureront jusqu'au 25 mars.
Le 21 mars, ces céphalées sont suivies de vomissements en fusée, qui durent 4S heures,
A partir du 25 mars, grosse amélioration: disparition des céphalées et vomissements, élocution facile.
Le 2T mars, au matin il arrive à, l'Hôtel-Dieu de Saint-Malo. L'examen clinique ne révèle que peu de chose : une légère paralysie faciale centrale gauche, un point douloureux à la pression de la partie supérieure du frontal droit et un léger œdème de la paupière supérieure droite. La température est de 37°9 le soir. Par contre l'examen du fond d'œil révèle de la stase à droite: et un début de stase à gauche. Une radiographie faite le lendemain révèle une légère décalcification de la partie haute du frontal. Nous prescrivons un traitement au thiazomide pendant 5 jours : 10 comprimés par jour.
n En
Aucune amélioration ne s'ensuit, la stase persiste. Nous pensons alors qu'il s’agit d'un abcès du cerveau. ”
Le 28 mars : examen du Docteur DESCOTTEs,.
Les pupilles sont dilatées, mais réagissent à la lumière et à l'accommodation.
— La motilité oculaire est normale. :
— Œil droit : légère: stase, très légère avec pupille légèrement saillante. Vaisseaux temporaux supérieurs dilatés.
Les bords de la pupille ne sont pas nets:
Certains vaisseaux commencent à faire de légers coudes. Dans la rétine rien n’est à signaler : pas d'hémorragie. —— Œil gauche : mêmes symptômes qu’à droite mais plus bénins. 4 A :
La pupille est peu saillante.
Les bords manquent un peu de netteté.
Par ailleurs, rien à signaler. re
— Champ visuel normal des deux côtés.
— Acuité : | ] œil gauche : 4/10 œil droit : 4/10.
— Réfraction :
œil gauche : hypermétropie à 1,50 œil droit : hypermétropie à 1,50.
Conclusion : tendance à la stase papillaire chez un hypermétrope.
Comme l'enfant ne fait pas de grosse température, que la céphalée paraît supportable, qu'il se lève et ne maigrit pas, nous attendons l'enkystement de l’abcès. Tous les 4 ou 5 jours, avec le Doc-
teur DESCOrTEs, nous surveillons la sfase papillaire. Le 8 avril, la stase papillaire avant augmentée, bien que la céphalée ait un peu diminué, que l'état général se maintienne excel-
lent, nous pensons qu'il est temps d'intervenir.
Le 11 uwril 44, nous faisons une ventriculographie, nous trouvons une déviation très légère de la corne frontale droite qui est abaissée et déplacée À la gauche de la ligne médiane mais sans ‘grande déformation. Nous intervenons aussitôt sous anesthésie lo-
cale et voici ce que nous trouvons : x = 1) Une ostéite du frontal droit, avec une goutte de pus qui ne, « sourd entre l'os et l’épicrâne. f à 2°) Des fongosités sus-dure-mériennes à 2 cm. du sinus longi- + tudinal supérieur. Pas de pus. + .,
3) Après incision ct relèvement du lambeau frontal de la dure-
mère, nous constatons la traca d'un petit pertuis à présent us obturé. |
4) Cerveau. un peu œdématié. Aucune trace d'abcès.. sis Le
On explore au trocart de Cushing, et on sent à 3 cm. de profondeur une résistance; deux nouveaux points d'exploration nous
délimite suffisamment la coque. Après avoir reséqué la partie haute
% du lobe frontal droit, nous arrivons à la coque de l'abcès. La dis- + section en est facile; vers la fin seulement, la coque encore fra +
gile, présente une petite fissure, par où s'écoule une goutte de
pus. Ce pus est aspiré et on peut d'un seul bloc enlever tout l'ab-
cès. Avec une pipette on aspire un peu de pus, que l'on envoie au
laboratoire, On pratique : ; |
Une résection de la dure-mère au niveau de la zone fongueuse. a
Une résection de toute la zone d'ostéite du frontal (largeur d'une pièce de 5 francs).
Septoplix dans la cavité laissée pur l'abcès,
Suture de la dure-mère au K. lent.
On rabat le volet osseux sans le suturer.
Suture de la peau sans drainage, Le volume de l'abcès, une fois vidé, est celui d'un abricot. Û L'examen direct et celui du pus ont montré, qu'il s'agissait de
Staphylocoques blancs. L
Le 20 mai 1944, l'enfant revu pour la première fois, est parfaitement rétabli et la stase a disparu.
LS à
Le 20 novembre 1944, l'enfant revu à nouveau est complètement
= rétabli e£ guéri. Il à repris sa vie normale: il va à l’école, où
on le considère comme très doué: travaillant en effet très bien, il est le premier de sa classe. ; rÉ