EXAMEN 14 JUILLET
Le malade est dans un tel état de prostration et de somnolence
qu'il est à peu près impossible de pratiquer un examen neurologi-
que même sommaire. Cependant avec bien des difficultés il à été
possible (Docteur DESCOTTrs) de lui faire un examen des yeux.
Examen oculaire : il y à 10 jours que la vision à commencé à décliner suite de céphalée sus orbitaire droite, d'abord puis gauche. Les céphalées ont débuté vers le 20 avril. e
Etat actuel : strabisme covergent ancien de l'œil gauche; les mouvements oculaires de l'œil droit sont normaux. À gauche en raison de la paralysie du droit externe les mouvements en dehors sont bridés (strabisme concomitant). Les pupilles sont immobiles à la lumière.
Examen des fonds d'yeur : stase papillaire bilatérale jmportante avec début d'atrophie optique partielle. Les pupilles sont saillantes, étalées (3 fois le diamètre normal: les bords pupil-
laires se confondent avec le bord de la rétine: ils sont frangés.
Les vaisseaux sont dilatés sauf les vaisseaux temporaux des
deux côtés qui sont filiformes. Il existe de petites hémorragies
intrapupillaires correspondant avec des Yones datrophie optique. Vision : actuellement la malade ne Compte pas les doigts à 10 cm. Le champ visuel est impossible à prendre, il n'existe pas de nystagmus spontané, Conclusion : œdème des papilles avec stase bilatérale et début d'atrophie optique des deux yeux, d'origine hypertensive.
LH TÉILLET: Ventriculographie : impossible de trouver le ventricule droit :
on trouve facilement le gauche: on injecte 20 cc. d'air. Les radios
prouvent que seul le ventricule gauche est injecté. Le profil gauche contre plaque, devant représenter le ventricule droit montre que la corne frontale est complètement amputée et que la corne
temporale a disparu.
Dans ces conditions on pense qu'il s'agit d'une volumineuse tumeur droite bouchant le trou de Monro, qui appuie par sa masse sur le cerveau gauche, dans la position côté gauche contre plaque.
Intervention après ventriculographie : grand volet fronto-pariétal droit avec incision cutanée esthétique. On relève le lambeau de peau et au-dessous, on pratique un volet ostéo-musculaire. Los saigne beaucoup dans les trois trous supérieurs. Le volet rabattu montre la dure-mère qui est tendue et de coloration un peu blanche. Trois petits orifices laissent passer le trocart de Cushing. Les trois ponctions faites en arrière de la zone rolandique sont négatives : cependant, la deuxième ramène un peu de liquide céphalorachidien et d'air comme si l'on avait atteint la corne frontale très refoulée en arrière, A la troisième ponction, faite en avant de la corne rolandique, on rencontre une résistance, on pense qu'il s'agit d’une tumeur, on insiste un peu et le trocart s'enfonce dans une grande cavité, Dès que le mandrin est retiré il s'écoule du pus en grande abondance. On retire 30 ce. d'un pus vert foncé, très liquide, sous pression, ressemblant à du pus d'abcès froid, sans odeur, On en conserve un peu pour l'envoyer au laboratoire. On décide alors d'extirper la poche,
Résection de la troisième et deuxième frontale droites au bistouri électrique après coagulation des vaisseaux.
On arrive sur la poche à environ + em. de profondeur. Elle est assez résistante pour être prise facilement duns une pince de Duval. On la décortique facilement, On se sert de l'aspirateur et
du bistouri électrique, Au moment où on la dégage au 3/4, la poche
se rompt et on aspire le pus qui s'échappe. Le cerveau est protégé par des cotons imbibés (quelques minutes de panne d'électricité).
On est obligé de terminer l'ablation de la poche au doigt, celle-
ci adhère en effet à la lame criblée de l'ethmoïde et au rebord
de la partie interne de la petite aile du sphénoïde, En insistant
doucement avec l'index, on arrive à la décoller et à l'enlever complètement. On tamponne avec de grands cotons trempés d'eau 6xygénée au My8. Dans la cavité laissée, on met 3 gr. de septoplix. Après une 1/2 heure, le courant revient et on peut coaguler, quelques petits vaisseaux qui suignent encore.
On suture la dure-mère à la soie. Au moment où l'on pose les dernires points on constate que de la cavité laissée par l'abcès sourd une quantité assez importante de liquide, qui semble être de l'œdème car on ne pense pas avoir ouvert le ventricule. Devant cette abon-
dance de sérosité sanguinolente, on met une mèche.
Puis on suture le volet osseux par deux points au fil de bronze.
La suture des muscles de la galléa se fait au fil de lin.
Ce volumineux abcès de 175 cc. de pus est de la taille d’une
orange de Jaffa.
Suites opératoires : le malade soigné dans des conditions très défectueuses lors du siège de Saint-Malo x conservé pendant une quinzaine de jours une suppuration persistante. Cependant il a pu quitter l'hôpital un mois après l'opération dans un état satisfai-
sant.