‹ Diagnostic et traitement des affections oculaires [electronic resource]Chapitre 22 sur 134 · ULCÈRE RONGEANT · texte numérisé non relu

ULCÈRE RONGEANT

mousses et luisants, plus souvent soulevés et encadrés d'un piqueté blanc, surtout abondant du côté où doit progresser le mal. A mesure que cette progression a lieu, les parties primitivement envahies se régénèrent, ce qui a valu à cet ulcère le nom d'ulcère serpigineux.

Lorsque l'ulcère se développe sur les parties périphériques^ il prend habituellement la forme d'un croissant longeant le pourtour de la cornée et s'étendant parallèlement à ce bord. Dans certains cas exceptionnels, il circonscrit, autour des parties centrales restées transparentes, un immense arc de cercle, pouvant devenir une circonférence presque complète, les deux extrémités de l'arc n'étant plus séparées que par un pont étroit de tissu resté sain.

En même temps que l'ulcère se développe et dès les premiers jours de la maladie, l'humeur aqueuse se trouble, ce qui dénote de suite la gravité de l'affection et signale sa malignité. On ne tarde pas alors à voir apparaître un hypopion caractéristique plus ou moins abondant qui s'accompagne assez souvent d'iritis, quelquefois d'irido-choroïdite, et même de panophthalmie. Mais le danger le plus fréquent est la destruction complète de la cornée et sa perforation à brève échéance, avec toutes ses redoutables conséquences.

Les symptômes fonctionnels sont variables d'intensité: tantôt ils apparaissent d'une façon en quelque sorte insidieuse; tantôt au contraire ils sont très accentués. La photophobie est alois vive, le larmoiement considérable et des douleurs péri-orbilaires intenses privent le malade de tout sommeil. Une détente se manifeste dans tous ces symptômes, dès que survient la perforation de la cornée.

L'ulcère rongeant peut être expérimentalement produit Causes, chez les animaux. Leber et Eberth en ont déterminé tous les symptômes chez les lapins, en pratiquant une plaie

pénétrante à la cornée et en introduisant dans la blessure des produits infectieux , tels que du pus, des amas de leptothrix buccalis, etc. Stromeyer a continué et varié ces expériences, en faisant usage tantôt de produits septiques divers (viandes putréfiées, matières putrides), tantôt de corps inorganiques. Les premiers ont toujours amené la suppuration rapide de la cornée et son infiltration par des bactéries, tandis que les seconds n'ont été que de simples vulnérants.

De telles expériences, répétées et variées un grand nombre de fois, ne peuvent laisser aucun doute sur l'action profondément délétère qu'exercent sur la cornée les produits infectieux ou septiques. Mais quelles sont les circonstances qui chez l'homme reproduisent ces conditions?

Ces circonstances se rencontrent, lorsque l'ulcération de la cornée ou un traumatisme de celte membrane arrive chez un malade atteint de blennorrhée du sac lacrymal. Il paraît certain que les produits de la dacryocystite renferment des matières septiques du genre leptothrix, capables de transformer en un ulcère de mauvaise nature, une plaie qui aurait pu n'être qu'insignifiante.

Les sécrétions muco-purulentes des conjonctivites et des blépharites ont pu aussi être incriminées, dans un certam nombre de faits bien observés.

Ce sont ces raisons qui nous expliquent pourquoi l'ulcère ron^reant se rencontre surtout dans les circonstances suivantes :

r Chez les personnes atteintes d'une affection de la cornée et même d'un léger traumatisme, et qui ont en même temps une affection des paupières, de la conjonctive ou des voies lacrymales, ou chez lesquelles les soins de propreté manquent complètement (classe pauvre).

2" Chez les moissonneurs, fatigués par leurs travaux et

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