‹ Diagnostic et traitement des affections oculaires [electronic resource]Chapitre 23 sur 134 · ULCÈRE RONGEANT · texte numérisé non relu

ULCÈRE RONGEANT

exposés àtles piqûres de la cornée par des barbes d'épi de blé, qui laissent probablement dans celte menibrane de petits corps étrangers de nature organique susceptibles de subir une désorganisation putride. Celte cause est assez fréquente pour avoir valu quelquefois à la Kialadie le nom de kératite des moissonneurs. Toutefois il est important de savoir que pour que la cornée subisse ainsi une véritable intoxication sous l'influence des produits septiqaes, il est nécessaire que l'âge du malade et sa constitution agissent ici à titre de causes prédisposantes. L'ulcère rongeant n'atteint pas en effet les jeunes gens; il est rare avant quarante ans et se manifeste surtout chez les personnes âgées, faibles et anémiées ainsi que chez les sujets d'un tempérament herpétique ou arthritique.

Ajoutons enfin que cette affection se développe quelquefois d'une façon si brusque et si inopinée, et tellement en dehors de toute cause contagieuse apparente, qu'il semble rationnel, dans certains cas, d'en attribuer l'origine à une perturbation nerveuse profonde survenue dans le territoire de la cinquième paire.

On peut difficilement confondre l'ulcère rongeant avec un ulcère simple consécutif à un abcès. Celui-ci a des allures beaucoup moins rapides, une marche moins envahissante et ne s'accompagne pas d'un • hypopion aussi précoce que celui que nous venons de signaler, ni souvent de phénomènes inflammatoires aussi prononcés. L'âge du malade est aussi un élément de diagnostic, car on sait que l'ulcère rongeant ne se déclare guère avant quarante ans.

Nous avons vu dans un autre chapitre que l'ulcération consécutive à une kératite herpétique prend quelquefois les caractères de l'ulcère serpigineux, et nous avons appris à en reconnaître l'origine (voir Kératite herpétique).

Traitcniciii. Glieicher à calmer l'iiTitalioQ de l'œil et les douleurs et , à assainir une plaie que l'on est autorisé à bon droit de 1 considérer comme infectieuse, telles sont les deux indications qui se présentent au déijut de la maladie. '

La première de ces indications est remplie par l'emploi de l'omentations chaudes aromatiques, par l'usage d'un bandeau compressif, par les instillations alternativement | répétées de collyres d'atropine et d'ésérine et enfin par le sulfate de quinine pris à l'intérieur. Quant à la seconde, elle réclame l'usage des différents désinfectants que nous ^ avons déjà fait connaître, en même temps qu'elle impose l'obligation de traiter par des moyens appropriés, les con- j jonctivites, les blépharites et les inflammations du sac qui peuvent exister.

Au nombre des désinfectants qui ont été employés et dont le mérite a été reconnu, nous pouvons citer l'eau chlorée, dont Horner a obtenu de bons effets. En touchant tous les deux ou trois jours l'ulcère avec un pinceau trempé dans de l'eau chlorée, cet auteur a pu constater quelques cas de guérison (1).

Sattler de son côté préconise un pansement antiseptique, maintenu sur les paupières avec un bandeau et trempé dans la solution suivante :

Acide borique. . .

Acide salicylique Eau distillée. ...

D'autres praticiens conseillent des lavages avec une solution phénique à 1/150'"". Selon nous, les douches d'eau phénique pulvérisée, dont nous avons déjà parlé dans le traitement de la conjonctivite purulente, trouvent ici une

(1) Voir Kératite herpétique.

3 gr.

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