FLOCONS OU OPACITÉS DU CORPS VITRÉ
suivre ce mouvement pour descendre ensuite lentement, en prenant une direction plus ou moins oblique. Quelques-unes sont fixes ou susceptibles de très peu de déplacement, mais, quoi qu'il en soit, elles ne gênent en rien la vision et disparaissent à la lumière artificielle.
Les mouches volantes sont dues à de petits corpuscules qui nagent dans le corps vitré et qui se trouvent très rapprochés delà rétine. Elles sont surtout fréquentes lorsque l'œil est fatigué par un travail assidu, par des efforts de convergence (myopie)^ par une irritation de la conjonctive ou par des opacités cristalliniennes qui dispersent irrégulièrement la lumière.
Les yeux les plus normaux n'en sont pas exempts ; c'est pourquoi on a pu les appeler physiologiques. 11 suffit en effet, pour les voir apparaître, de fixer attentivement un ciel bleu, une surface blanche et bien éclairée, surtout à travers une carte percée d'un trou d'épingle. La rétine est alors éclairée par un faisceau de rayons lumineux homocentriques très favorable à la production de ces images entoptiques.
Le traitement des mouches volantes subjectives consiste dans de simples précautions hygiéniques. Rassurer le malade qui est souvent fort inquiet; le prévenir que ces mouches persistent souvent fort longtemps ; lui conseiller le repos delà vue et l'usage des conserves teinte fumée : telles sont les meilleures recommandations à lui faire.
2° FLOCONS ou OPACITÉS DU CORPS VITRÉ. MOUCHES VOLANTES PATHOLOGIQUES. SYNCHISIS COMPOSÉ.
On désigne ainsi les corpuscules mobiles, visibles àl'ophthalmoscope, qui flottent dans le corps vitré plus ou moins liquéfié.
Ces flocons se présentent sous les aspects les plus divers. En tenant compte de leur forme et de leur nature on peut les ranger dans les quatre principales variétés suivantes : 1° flocons en poussière; 2° flocons noirâtres en gros grains ; 3° flocons membraneux; 4° flocons de choies-térine.
1° Flocons en poussière. — Ces flocons, ainsi désignés à cause de leur ténuité extrême, sont tellement fins qu'ils sont difficilement visibles à l'ophtlialmoscope. Pour qu'ils ne passent pas inaperçus, il convient de se servir d'un miroir plan qui ne projette que peu de lumière, et de se rapprocher très près de l'œil observé. Une autre précaution utile à prendre consiste à dilater la pupille et à placer derrière le trou du miroir un verre convexe de quatre ou cinq dioptries, de façon à obtenir un plus fort grossissement. Dans ces conditions on voit alors se mouvoir dans l'œil du malade un nuage grisâtre qu'on ne peut mieux comparer qu'à un tourbillon de poussière soulevé par le vent.
Mais si ces flocons sont difficilement visibles, ils communiquent au fond de l'œil un trouble tout à fait caractéristique, qu'il est facile de reconnaître lorsqu'on l'a une fois observé. La papille, vue à travers l'opacité nébuleuse qu'ils constituent, prend également un' aspect d'un rouge plus foncé que d'habitude, ce qui résulte d'une diffraction de la lumière, analogue à ce que l'on constate en regardant les astres à travers une atmosphère remplie de vapeur.
Le trouble visuel produit par ces flocons est très considérable et donne au malade la sensation d'une toile d'araignée mobile au-devant de ses yeux. Il est beaucoup plus prononcé que lorsque ce sont des flocons noirâtres qui