CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ
vements du cou et de la tête, que des examens multipliés finissent par faire apercevoir.
' Les difficultés du cfiagnostic sont encore plus considérables lorsque l'animalcule finit par s'entourer complètement d'opacités qui le recouvrent et l'enkystent. On ne peut alors que soupçonner son existence, si on n'a pas assisté aux premières phases de son évolution.
Une altération qui accompagne souvent la présence du cysticerque dans le corps vitré est le décollement de la rétine, accident qui dépend de la voie qu'il a prise pour y pénétrer. Arrive-t-il par l'artère centrale delà rétine, il tombe en quelque sorte d'emblée dans le corps vitré ; vient-il au contraire par les artères ciliaires, il se loge d'abord entre la choroïde et la rétine, et finit par décoller cette membrane, avant de la perforer pour continuer son chemin.
Un autre genre d'accident que nous devons signaler, c'est que l'œil ne supporte pas toujours patiemment un pareil hôte et qu'on voit quelquefois se déclarer une violente iridochoroïdite et même quelquefois des phénomènes sympathiques. En tout cas la phthisie de l'œil est à peu près toujours le terme fatal de l'évolution de ce redoutable parasite.
Nous ne nous étendrons pas sur les troubles fonctionnels qui sont en rapport avec les altérations que nous venons de passer en revue et qui dépendent surtout du plus ou moins grand nombre d'opacités du corps vitré, du décollement concomitant de la rétine et des accidents inflammatoires qui peuvent se développer.
Le cysticerque du corps vitré est surtout fréquent dans cau.« les pays où l'on fait une grande consommation de jambon pathogém.. cru et où le taenia armé est endémique. Aussi le rencontret-on souvent en Allemagne, où Hirschberg a pu le constater
cinquante t'ois sur trente et un mille malades, tandis qu'en France il est très rare et même tout à fait exceptionnel.
Pour comprendre son mode de jiroduction, il faut se rappeler que les œufs des ténias, entraînés au dehors de l'intestin avec les matières excrémentitielles, peuvent pénétrer accidentellement dans l'estomac de l'homme par les boissons ou les aliments. Leur enveloppe s'y digère et met en liberté un petit animalcule embryonnaire, susceptible de passer dans le système circulatoire et d'être transporté par le sang en différents organes. Dans l'œil, c'est par l'artère centrale de la rétine qu'il arrive et surtout par les vaisseaux cihaires. Comme ceux qui sont destinés à la choroïde sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se rendent à l'iris, on comprend facilement que cette membrane, ainsi que la chambre antérieure, soit en quelque sorte exempte de ce parasite, alors que le corps vitré le recèle beaucoup plus souvent.
Il n'est guère possible de confondre le cysticerque du corps vitré avec un décollement de la rétine : sa coloration blanchâtre ou blanc bleuâtre, l'irisation de ses bords, les mouvements spontanés du prolongement qm constitue sa lête et son cou, sont autant de caractères qui le différencient du décollement, affection qui survient brusquement et. dans laquelle on voit toujours des vaisseaux se dessiner sur la poche formée par le soulèvement rétimen.
Un diagnostic plus difficile consiste à distinguer un cysticerque enkysté, de certaines opacités membraneuses dépo^ sées dans le corps vitré. On ne peut alors souvent que soup çonner l'existence du parasite, ce qui se trouve conhrmé quand l'atrophie du globe survient à brève édaéance ....... Nul agent médicamenteux ^'-^ ^ /^^f J,'
cysticerque logé dans le corps vitré; d un autie coté,
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perte de l'œil est fatale si on laisse la maladie abandonnée à elle-même, de sorte que le chirurgien a la main forcée, s'il veut sauver l'œil atteint ou du moins chercher aie sauver, car l'opération est à coup sûr déhcate et difficile.
L'opération que l'on doit ici tenter est l'extraction du corps étranger. Mais par quelle voie faut-il y procéder? Est-ce par la cornée ou par la sclérotique? Dans le choix que l'on doit faire, on se laissera guider par la situation occupée par le cysticerque. Lorsqu'il est voisin du cristaUin et non entouré d'un gros paquet de fausses membranes, il semble préférable de l'attaquer par la cornée et de suivre pour cela la méthode opératoire suivante, mise en pratique par de Grsefe.
Celui-ci faisait une large iridectomie dans le point le plus voisin de l'animalcule : quelques semaines après il enlevait le cristalhn resté transparent et laissait la nouvelle plaie se cicatriser. Enfin lorsque toute irritation de l'œil avait disparu, il incisait de nouveau le limbe sclérotical, ouvrait la membrane hyaloïdienne, ce qui faisait avancer le cysticerque, par suite de la propulsion en avant du corps vitré, et au moyen d'une pince fine, il en faisait l'extraction le plus rapidement possible. Ce procédé a l'inconvénient d'exiger plusieurs opérations successives, mais il a l'avantage de n'entraîner qu'une perte relativement minime de corps vitré. Toutefois, la vision reste souvent défectueuse, par suite des nombreux flocons qui persistent dans le fond de l'œil.
Lorsque l'entozoaire siège dans les couches profondes du corps vitré, cette méthode devient impraticable, et c'est par une incision scléroticale que l'on doit procéder à son extraction.
On enlève pour cela un lambeau de la conjonctive, au
niveau du point oti l'on veut pratiquer la section et qui est ordinairement compris dans l'inlei valle qui sépare le muscle droit externe du muscle droit inférieur; on fait ensuite par ponction et contre-ponction, avec le couteau de de Grsefe, une incision de 7 à 8 millimètres dans la région équatoriale de la sclérotique et parallèlement à un de ses méridiens. Le corps vitré se précipite dans la plaie et peut y entraîner l'animalcule, ce qui est une condition avantageuse. Si cette circonstance favorable ne se présente pas, on va à sa recherche avec des pinces, en éclairant l'œil au moyen d'un large miroir adapté au front, comme le nécessite la pratique du laryngoscope.
Il peut arriver que l'œil atteint soit le siège de phénomènes inQammatoires violents et de désordres graves et irrémédiables : il est alors sans utilité de procéder à l'extraction de l'entozoaire, et le parti le plus sage consiste à recourir à l'énucléation du globe, pour prévenir l'explosion des accidents sympathiques que l'on a quelquefois vus se manifester.