VIII. CHOROIDITE DYSMÉNORRHÉIQUE
La choroïdite dysménorrhéique a également, sinon une physionomie spéciale, du moins quelques traits particuliers qui empêchent de la confondre avec d'autres choroïdites et notamment avec la choroïdite syphilitique.
1° Cette choroïdite survient chez les jeunes personnes symptôme atteintes de dysménorrhée, mais plus souvent chez les femmes âgées arrivées à l'époque de la ménopause.
2° Elle s'accompagne souvent d'iritis séreuse avec kératite ponctuée et se caractérise par de nombreux flocons et de larges plaques d'atrophie choroïdienne, siégeant principalement dans la région de l'ora serrata.
3° Le corps vitré présente parfois cette teinte jaunâtre particuhère que Desmarres appelait état jumenteux. Son trouble peut être assez considérablepour abolir presque complètement l'acuité visuelle.
4° La maladie marche par crises, présente des périodes de rémission et d'aggravation et a des allures essentiellement chroniques. Un des accidents les plus graves dont elle menace l'œil est le décollement de la rétine.
Pour combattre cette affection qui se montre en général Traitement, fort rebelle, nous disposons des mêmes agents thérapeutiques que ceux que nous avons exposés, dans le traitement de la choroïdite exsudative et de la choroïdite atrophique. C'est ainsi que, dans les moments de crise, nous conseillons l'application de quelques sangsues sur la tempe ou l'emploi de la ventouse Heurteloup. Nous faisons ensuite usage des dérivatifs intestinaux et des vésicatoires volants promenés autour de l'orbite. L'iodure de potassium à la dose de un ou de deux grammes par jour, les instillations alterna-
gg4 MALADIES DE LA CIIOnOIDE.
tives d'atropine et d'6s6rine et surtout les injections hypodermiques de pilocarpine forment aussi une base essentielle de la médication.
Un traitement tout spécial sera aussi dirigé contre les troubles utérins qui sont la cause de la maladie. A l'arrivée de l'époque menstruelle, chez les femmes dysménorrhéiques, on appliquera, sur la partie supérieure des cuisses, quelques sinapismes ou même une ou deux sangsues, de façon à rétablir et à régulariser autant que possible les fonctions utérines. De plus, on fera faire des injections vaginales d'eau chaude sept ou huit jours avant l'apparition de la menstruation.
jX. — CHOROIDITE MÉTASTATIQUE.
La choroïdite métastatique est une variété de choroïdite purulente qui survient à la suite des maladies graves, telles que la variole, la scarlatine, la fièvre puerpérale, l'infection purulente, la méningite cérébro-spinale, etc.
Selon certains auteurs, elle paraît succéder à des embohes ou à des thromboses multiples des vaisseaux choroïdiens. Selon d'autres, elle est plutôt due à des éléments parasitaires; enfin, dans certains cas, elle semble reconnaître pour cause la présence du Hquide cérébro-spinal, fusant le long des gaines du nerf optique et s'infiltrant jusque dans l'espace sous-choroïdien, ce qui a surtout lieu dans la méningite cérébro-spinale.
Quoi qu'il en soit, cette maladie est remarquable par ses allures insidieuses, par le peu de réaction qu'elle provoque et par le reflet blanchâtre du fond de l'œil dû au pus qui le rempht. L'iris est souvent entrepris et présente même quelquefois de nombreuses synéchies postérieures,
SARCOME DU CERCLE CILIÂIRE. ^83
en même temps qu'il est refoulé en avant. Ajoutons, comme particularité intéressante, que la maladie éclate le plus souvent dans un seul œil et qu'on a pu observer quelques cas de guérison, ce qui malheureusement est exceptionnellement rare.
SARCOMES DE LA CHOROÏDE.
Les tumeurs malignes de la choroïde comprennent les sarcomes et surtout les mélano-sarcômes. Les histologistes les ont divisées en de très nombreuses variétés, selon certains détails de leur structure et ont décrit : le mélanosarcôme, le fibro-sarcôme, le sarcome ossifiant, le myosarcôme, etc. ; mais ce qu'il nous importe surtout de savoir, c'est que ces tumeurs sont d'autant plus malignes qu'elles sont plus mollasses et plus riches en pigment.
Au point de vue clinique, nous les diviserons en deux variétés distinctes, selon le siège qu'elles occupent, à savoir : 1° le sarcome du cercle ciliaire; 2" le sarcome du segment postérieur de la choroïde.