‹ Diagnostic et traitement des affections oculaires [electronic resource]Chapitre 58 sur 134 · VII. — CHOROIDITE GOUTTEUSE · texte numérisé non relu

VII. — CHOROIDITE GOUTTEUSE

Parmi les choroïdites empruntant à leur origine certaines particularités intéressantes, nous pouvons citer aussi la choroïdite goutteuse. Cette choroïdite est une des formes rares de la goutte irrégulière. Ainsi, tandis que les iritis et les irido- choroïdites goutteuses succèdent à des accès de goutte francs et réguliers ou alternent avec eux, il n'en est pas de même de la choroïdite goutteuse, qui est plutôt une manifestation larvée de la diathèse. En voici les principaux caract?>res :

1° Son début est rapide et s'annonce par un trouble plus ou moins prononcé du corps vitré, rendant la pupille nuageuse. Ce trouble est fort différent de celui que produit la choroïdite syphihtique. En effet, ce ne sont plus des opacités extrêmement ténues et à peine visibles à l'ophthalmoscope qui le constituent, mais au contraire de gros flocons hémorrhagiques, fîbrineux, que l'on voit avec la plus grande facihté et qui parcourent en tous sens le cops vitré, laissant entre eux des interstices libres qui permettent d'éclairer la papille. Leur pesanteur spécifique leur permet de se réunir pendant le sommeil dans les parties déclives ; c'est pourquoi la papille est souvent vue nettement au réveil, lorsque le malade est encore au ht, en même temps que l'acuité visuelle est notablement accrue.

r Avec les progrès de l'affection, c'est-à-dire cinq ou six mois après son début, on voit des plaques d'atrophie choroïdienne naître et se développer peu à peu dans la région de l'ora serrata. Ces plaques sont nombreuses, bien circonscrites, dépourvues de pigment sur leur surface et sur leurs bords, ce qui les différencie des autres taches de

choroïdite alrophique à bords ordinairement lr?îs pigmentés. Elles n'ont aucune tendance à envahir la partie postérieure du globe, de sorte que le malade conserve toujours un certain degré de vision.

3° Ce qui caractérise encore cette choroïdite, c'est qu'elle se développe sur un terrain insidieusement goutteux (migraine, dyspepsie) et que, dans le cours de son évolution, elle s'accompagne souvent des accidents oculaires propres à la goutte et qui sont : tantôt une sclérite, tantôt une iritis avec hyphéma, tantôt enfin une iritis séreuse comphquée d'accidents glaucomateux.

4° Ajoutons que la maladie se localise le plus souvent dans un seul œil et ne devient guère binoculaire qu'après trois ou quatre années de durée. Les femmes y sont plus sujettes que les hommes, car si chez elles les manifestations articulaires de la goutte franche sont très rares, elles sont par contre plus exposées aux accidents de la goutte larvée ou irré'gulière. L'âge a aussi sa grande part dans la production de la maladie et l'expérience apprend qu'on nè la constate guère que chez les vieillards. Traitement. Lo traitement de ces sortes de choroïdites est fort long, ce qui s'explique par le peu de prise que nous avons sur les altérations vasculaires goutteuses, entraînant la thrombose des vaisseaux choroïdiens et leur rupture. Nous mettons généralement en usage les alcalins, le salicylate de soude, le régime anti-goutteux et les cures d'eaux à la Bourboule ou à Bourbon-l'Archambault ; localement, nous nous bornons aux instillations alternatives d'atropme et d'ésérine et à l'application de vésicatoires volants sur la tempe.

CHOROIDITE DYSMÉNORROÉIQUE.

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