‹ Diagnostic et traitement des affections oculaires [electronic resource]Chapitre 69 sur 134 · RÉTINITE DIABÉTIQUE · texte numérisé non relu

RÉTINITE DIABÉTIQUE

le voisinage du nerf optique ou de la macula. Ces hémorrhagies tantôt artérielles, tantôt veineuses, out lieu soit par rupture vasculaire, soit par diapédèse, car on voit quelquefois le sang entourer le vaisseau comme une gaine et sembler augmenter son calibre.

2° Taches blanchâtres. — En même temps que ces hémorrhagies, on voit souvent, disséminées sur la rétine, de petites taches blanches plus ou moins nombreuses dues à des foyers de dégénérescence graisseuse. A l'inverse de ce que l'on observe dans la rétinite albuminurique, elles s'accompagnent rarement d'une infiltration de la papille et de la rétine avoisinante.

3" Affections monoculaires ou binoculaires . — Ces diverses altérations sont souvent réparties dans les deux yeux; dans d'autres cas, la maladie est monoculaire.

Tel est l'aspect que présente habituellement la rétinite diabétique ; ce n'est que dans des cas exceptionnels qu'elle revêt d'autres allures et qu'elle affecte une ressemblance assez grande avec la rétinite albuminurique^ ainsi que Noyés en a rapporté un exemple remarquable.

Les symptômes fonctionnels sont en rapport moins avec symptômes

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le nombre et la nature des altérations qu avec le siège neis. qu'elles occupent. Ainsi la vision n'est que peu compromise tant que la macula n'est pas atteinte, et se trouve au contraire considérablement affaibhe, dès que cette région est envahie par les altérations. Notons toutefois une particularité digne d'intérêt, c'est qu'une amblyopie glycosurique peut comphquer les altérations rétiniennes et déterminer un trouble visuel considérable, sans que l'examen du fond de l'œil puisse en fournir l'explication.

C'est le diabète et surtout le diabète arrivé à une période causes avancée qui est la cause de la maladie. Quant à sa pathogé- paihogU.

nie, nous pouvons la rapporter à la viciation du sang et h l'altération des parois vasculaires qui se laissent facilement rompre ou traverser par diapôdèse. Ce qui se passe du côté des vaisseaux rétiniens n'est du reste pas un fait isolé dans l'histoire du diabète, et nous savons combien celte affection prédispose à toutes les hémorrhagies en général (apoplexie du corps vitré, hémorrhagie cérébrale, hématurie, etc.).

Comme les altérations de la rétinite diabétique sont peu caractéristiques par leur nature, leur groupement ou leur siège, le moyen d'éviter toute erreur de diagnostic est de faire l'analyse de Turine, chez tout malade présentant dans un œil ou dans les deux yeux des hémorrhagies jou. des exsudations rétiniennes dont la cause échappe. Le malade peut du reste donner lui-même d'utiles renseignements, si des symptômes tels que la polyurie, la polydipsie ont déjà attiré son attention et permettent de soupçonner la maladie diathésique dont il est atteint.

Certaines affections oculaires concomitantes sont aussi de nature à faciliter le diagnostic. Nous savons, en effet, que les altérations oculaires diabétiques sont loin de se borner à la rétinite, dont nous venons de retracer les traits. Elles sont au contraire très variées, car la glycosurie peut donner lieu à des iritis, à des cataractes, à des amblyopies centrales sans lésion, à des hémiopies, cà des atrophies papillaires, à des paralysies des muscles de l'œil. Lorsque ces diverses affections viennent compliquer une rétinite, il y alieu de lui soupçonner une origine diabétique, surtout s'il s'agit d'une atrophie papillaire, d'une amblyopie sans lésion ou d'une opacité commençante du crislalhn. Dans les autres cas, la syphilis peut être aussi en jeu : c'est à l'analyse de l'urine et aux symptômes généraux qu'il appartient alors de trancher la question.

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La principale indication du Iraitement est de s'adresser à l'état général et de combattre le diabète par un régime approprié et par les eaux alcalines de Vichy, de Carlsbadet de Fougues. Le régime antidiabétique, si bien exposé par le professeur Bouchardat et les soins hygiéniques tiennent la première place dans ce traitement et priment de beaucoup les préparations pharmaceutiques. On a toutefois dans ces derniers temps beaucoup vanté le bromure de potassium (Felizet), et l'emploi de ce médicament paraît en effet fort rationnel pour combattre l'excitation cérébrale, qui est souvent le point de départ de la maladie, ainsi que nous en trouvons, la preuve, dans le diabète expérimental obtenu par la piqûre du plancher du quatrième ventricule.

Il est utile en même temps de favoriser autant que possible la résorption du sang épanché dans la rétine; mais nos moyens d'action sont ici fort limités. Nous ne pouvons songer à l'application de sangsues aux tempes, car tout traitement débilitant est formellement interdit dans le diabète, interdiction qui est d'autant plus absolue que la rétinite diabétique se montre de préférence dans les périodes avancées de la maladie et constitue ainsi un signe de fâcheux augure. Nous ne pouvons également avoir recours aux vésicatoires volants promenés autour de l'orbite ou sur la nuque, car l'expérience a appris à respecter la peau du diabétique, afin de ne pas en déterminer la gangrène. II ne nous reste donc guère à mettre en usage que des frictions stimulantes pratiquées avec de l'eau de Cologne ou du baume de Fioravanti: quelques ventouses sèches placées sur la nuque peuvent également être utiles. On achève enfin de remplir les dernières indications du traitement local, en recommandant aux malades le repos complet des yeux et l'usage des conserves teinle fumée.

Un lel traitement reste souvent infructueux, lorsque le diabète a atteint ses dernières périodes, n:iais il est souvent suivi de succès chez un certain nombre de, malades qui ne ne sont pas encore profondément débilités. Sans doute les récidives des hémorrhagies sont toujours à craindre dans une maladie telle que le diabète ; mais il n'en est pas moins vrai que nous avons vu des malades obtenir une guérison complète et durable de la rétinite glycosurique dont ils étaient atteints.

m. RÉTINITE SYPHILITIQUE.

La rétinite syphilitique, en tant qu'affection isolée, n'est pas très commune : la rétino-choroïdite syphilitique est au contraire très fréquente et, dans ce cas, c'est presque toujours par la choroïde que débute l'inflammation, symptômes Lcs slgucs ophthalmoscopiques de cette affection sont mo'sfop'i- variables, souvent peu accentués et peu caractéristiques.

V lnfiltratio7i de la papille et de la rétine. — Un des premiers phénomènes qui attire l'attention est l'infiltration de la papille et de la rétine avoisinante, principalement du côté de la macula. Cette infiltration, qui se retrouve dans beaucoup d'autres rétinites, offre quelquefois unè particularité assez intéressante, qui consiste à communiquer au fond de l'œil un aspect grisâtre ou gris jaunâtre ; d'autres fois elle n'occupe qu'un segment de la papille et s'étend de préférence dans la direction des principaux vaisseaux.

2" Taches hémorrhagiques et exsudatives. — Les taches apoplectiques sont loin d'être constantes. Quand elles existent, elles sont presque toujours veineuses, mais n'ont ni forme préférée, ni siège fixe, rien enfin qui les distmgue des taches hémorrhagiques les plus vulgaires.

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