‹ Diagnostic et traitement des affections oculaires [electronic resource]Chapitre 80 sur 134 · AMBLYOPIE ALCOOLIQUE · texte numérisé non relu

AMBLYOPIE ALCOOLIQUE

Une des amblyopies que l'on renconlre le plus souvent est l'amblyopie alcoolique. Signalée pour la première fois par Mackensie, puis par Hutchinson et par Sichel père, elle a, en raison de sa fréquence, suscité un grand nombre de travaux, de sorte que ses caractères sont aujourd'hui parfaitement connus.

Les symptômes de cette amblyopie sont les suivants :

r Début. — Le début de la maladie est en général assez rapide et s'accuse par un trouble de la vision, qui va en progressant pendant deux ou trois semaines et reste ensuite longtemps stationnaire.

Ce trouble est surtout caractérisé par une sorte de brouillard qui voile les objets, empêche le malade de reconnaître les personnes placées à une distance de quelques mètres et les lui fait apparaître avec une teinte pâle et livide. Ce brouillard semble moins épais le matin etlesoirque pendantla journée où il existe quelquefois un certain degré de photophobie; aussi la vue est meilleure à ces moments-là. Les temps couverts, les journées brumeuses, amènent aussi une amélioration dans la vision qui, du reste, varie quelquefois d'un jour à l'autre d'une façon assez notable.

2° Acuité visuelle. — L'acuité visuelle éprouve toujours une diminution sensible, par suite d'un scotome central que l'on peut délimiter à l'aide du périmètre ou au moyen de petits morceaux de papier. Ce scotome est relatif, parce que la sensibilité n'y est qu'altérée et non abolie; le plus souvent il ne permet au malade que dehreles caractères n"' 6 ou 7 de l'échelle typographique. C'est ce chiffre qui exprime presque toujours le degré de perte de la vision, et il est

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curieux de le retrouver dans presque tous les cas observés. Toutefois, lorsque la maladie est ancienne, cette limite peut de beaucoup être dépassée et nous avons vu des malades ne pouvoir distinguer que les caractères n»' 20, 30 ou même 50 de l'échelle typographique.

3° Vision périphérigue. — La vision périphérique reste intacte : c'est pourquoi le malade peut toujours se conduire, tout en ne voyant que confusément les objets placés en face de lui.

4° Dyschromatopsie. — Un autre ordre de symptômes, non moins important pour le diagnostic, se lire de l'examen des couleurs.

Il existe ici un scotome chromatique constant, mais il importe de le rechercher avec soin, car il ne s'étend quelquefois pas au delà de 10 à 15 degrés du point de fixation. Si on présente, en effet, au malade un objet coloré d'une certaine dimension, il en reconnaît la coloration, car il. la perçoit par les parties périphériques de sa rétine ; mais si on lui fait fixer de petits carrés de papier coloriés, que l'on démasque subitement au devant de son point de fixation, en lui recommandant de n'imprimer aucun mouvement à ses yeux, on remarque qu'il confond les couleurs : le vert elle rouge lui paraissent gris ; le violet n'est plus reconnu ; le jaune et le bleu sont les dernières couleurs qui disparaissent.

Lorsqu'on veut mesurer ce scotome chromatique d'une façon précise, il est nécessaire de faire usage d'un périmètre. On trouve alors qu'il a une forme ovalaire à grand axe horizontal, et qu'il est plus étendu en dehors du point de fixation qu'en dedans ; toutefois, il peut prendre une grande extension et envahir le champ visuel tout entier, au moins pour les nuances composées.

Cette perversion du sens des couleurs s'accuse surtout

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