VI PRÉFACE
tant et tant de pays, que, si haut que l'on monte, l'œil humain ne peut plus tout regarder d'ensemble.
En effet, c'est le propre de la science que, plus elle grandit, plus elle éloigne du savant l'horizon qu'il peut entrevoir.
On disait que Biot, au commencement de ce siècle, avait été le dernier représentant de cette classe de savants ; on aurait pu aller jusqu'au milieu du siècle et dire que la race n'en était pas éteinte tant que J.-J. Bouley vivait encore.
J.-J. Bouley, fils de Jean-François Bouley, vétérinaire distingué, membre de l'Académie de médecine, et frère de M. H. Bouley, inspecteur général des écoles vétérinaires et membre de l'Institut, est né à Paris, le 20 mars 1813; il fit ses études au collège Rollin.
Une fois élève en médecine, en 1832, puis interne des hôpitaux, il donna libre carrière à son goût pour l'érudition et en fournit une première preuve éclatante dans sa thèse inaugurale intitulée : De la nature de la goutte, soutenue le 17 juillet 1841.
J.-J. Bouley fut d'abord un lettré : il possédait à fond la littérature ancienne et les langues classiques ; il hsait le grec dans tous ses dialectes et connaissait même le sanscrit.
Il cultivait également les langues contemporaines et parlait volontiers des littératures anglaise et allemande. Cette dernière langue, il la possédait à fond ; il y suivait avec intérêt l'exégèse et, sur les derniers temps de sa vie, désireux de connaître par lui-même la valeur de cette critique théologique, nous lui vîmes apprendre l'hébreu.
L'archéologie l'intéressait vivement, et constamment il nous parlait des travaux de Burnouf et de la lecture des inscriptions.
11 aimait beaucoup les arts, surtout l'architecture, la peinture et la sculpture.