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DE L'INSUFFISANCE AOUTIQUE OU MALADIE DE CORRIGAN

Les lésions de rorifice aorlique entrent pour près de moilié dans le nombre des lésions d'orifice. MM. Potain et Rendu donnent les chiffres suivants :

Barclay, 54 pour 100; Ormerod, 43; Bamberger, 40; Forget, 45 ; Kaulig, 37 ; Sperling, 31 . Sur un total de 1 040 cas de lésions d'orifice, l'orifice aortique s'est trouvé altéré dans la proportion de 36 pour 100.

Cette proportion varie, du reste, suivant les âges, d'après Ormerod, qui a trouvé sur 108 cas :

De 0 à SO ans 21 cas.

De 30 à 50 ans

De aO et au delà Z9 —

La moyenne serait l'âge de quarante ans; celle des lésions de la mitrale, de trente et un ans.

D'après Bamberger, le sexe ferait varier irrégulièrement la proportion. Sur 50 cas, il a trouvé 38 hommes et 12 femmes, ce qui donnerait la proportion de 72 pour iOO pour les hommes et de 24 pour 100 seulement pour les femmes.

Points de repères anatomiques. Avant d'étudier la pathologie de cet orifice, j'en rappellerai la situation exacte.

L'orifice aortique est situé derrière le sternum, au niveau de l'insertion des troisièmes cartilages costaux; il est près de la hgne médiane, un peu à gauche de celte ligne. L'orifice de l'arlerc pulmonaire est situé au môme niveau, mais plus à gauche. ^

Sur une coupe horizontale faite sur un cadavre congelé, 1 orifice aortique se trouve entre les deux orifices du cœur droit, un

RAPPORTS DE l'oRIPICE AORTIQUE. 2'.5

peu plus en arrière et en avant et à gauche de l'orifice mitral. Sur une coupe d'avant en arrière, on trouve l'oriflce de l'artère pulmonaire, l'orifice aortique, l'orifice mitral et les veines pulmonaires.

Fig. 76.

Points de repères anatomo-pathologiques. Il est juste de faire remonter le mérite de la découverte de cette maladie à Corrigan, qui l'a signalée, en 1832, dans un mémoire resté célèbre : Mémoire sur la maladie qui résulte du défaut d'action des valvules de l'aorte (I). Hope avait déjà auf)aravant observé ce fait, mais il n'en avait pas été frappé et n'en avait pas compris l'importance.

Depuis cette époque, des travaux importants ont été publiés sur ce sujet par Guyot (2) et Littré en 1834, Charcellay en 1836, Aran en 1842(3), Costa Alvarenga en 1856 (4), CI. Bernard, Mauriac, Duroziez, etc.

Le moyen le plus sûr pour reconnaître sur le cadavre la présence d'une insuffisance aortique consiste à verser dans l'aorte de l'eau avec une hauteur suffisante pour qu'elle détermine la

(1) Corrigan, Journal rh médecine d'Edimbourg et Archives de médecine 1" série, t. XXX, p. 538. '

(2) Guyot, Thèse de Paris, 1834, n» 163. De l'insuffisance des valvules aortiqnes.

(3) Aran, Archives de médecin?, 3^ série, t. XV^^p. 265.

(■'.) Costa Alvarenga, Mémoire sicr l'insuffisance des valvules aortiques.

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tension des valvules. Celte eau doit être maintenue dans l'aorte, mais il faut, s'assurer si elle ne disparaît pas par les artères coronaires coupées auparavant. Le procédé par le mercure ne vaut pas le procédé par l'eau, attendu qu'il ne permet pas de voir le jeu des valvules par transparence.

Cette insuffisance peut être produite de plusieurs manières. Elle peut d'abord se produire brusquement pendant un effort par le fait d'une rupture. Le plus souvent la valvule se rompt à son bord libre, d'autres fois elle a lieu à l'insertion de cette valvule par une sorte de décollement. Cette lésion est en général unique, mais elle peut cependant se produire sur deux valvules. MM. Potain et Rendu admettent qu'en pareil cas il doit y avoir une lésion préalable de ces valvules, car on ne parvient pas à les rompre en poussant avec force une injection dans l'aorte. 11 faut, pour produire expérimentalement cette insuffisance cbezles animaux, crever les valvules comme l'ont fait MM. Chauveau et Marey; on les coupe avec un instrument spécial, comme M. Franck m'en a rendu témoin au laboratoire du Collège de France.

En dehors de ces accidents, l'insuffisance aortique est le produit habituel de l'endocardite; l'endocardite scléreuse, en particulier, endurcit le bord et en diminue le périmètre de telle manière que l'écoulement complet puisse ne plus être possible. 11 en est de même de la dégénérescence graisseuse ou de l'incrustation calcaire de ces valvules. D'autres fois l'inflammation a fait adhérer une des valvules à la paroi de l'artère et ne laisse plus que deux valvules pour fermer l'orifice. On y trouve encore, mais plus rarement, une perforation par suite d'un anévrysme local valvulaire de Pelvet. On trouve peut-être plus souvent la soudure de deux valvules voisines. Le voisinage de la valvule mitrale, si souvent éprouvée par l'endocardite, fait] que, dans certains cas, l'inflammation s'étend à la partie à la circonférence aortique, qui en est voisine, et attaque la valvule semilunaire correspondante.

D'autres fois encore, les lésions des valvules ne sont qu'une extension de la dégénérescence athéromateuse de l'aorte qui indure ces valvules et les immobilise en partie.

DIMENSIONS NORMALES DE l'aORTE. 247

11 faut enfin signaler un fait rare, mais déjà vu par Corrigan : c'est une sorte d'atrophie produisant l'état réticulé des valvules.

Enfin l'insuffisance peut se produire sans aucune lésion des valvules, par le seul fait de la dilatation de l'aorte. Cette insuffisance n'est plus alors qu'une conséquence de cette maladie très bien décrite par Hodgson, et que j'appellerai, pour cette raison, maladie de Hodgson.

Notons, du reste, avec Péris (deKœnigsberg), que dans la jeunesse les valvules sigmoïdes ont plus d'étendue qu'il n'en faut pour couvrir la surface de section de l'aorte ; mais, comme plus tard l'orifice aortique s'élargit dans la vieillesse ou du moins à partir de l'âge de vingt et un ans, les valvules ne se développent plus, et leur étendue, d'abord supérieure à la surface de section, devient égale, puis inférieure à cette surface.

Pour se rendre compte de cette dilatation progressive de l'aorte avec l'âge, Beneke a fait un très grand nombre de mensurations, dont je donnerai ici le résumé (1) :

(1) P.-W. Beneke (de Marburg), Ueber das Voliimen der Herzens, etc., Cassel, i819.

DE l'insuffisance aortique.

Dimensiom du pourtour de l'aorte prises à 'son origine suivant l'âge et le sexe. Rapport de cette quantité à la longueur du cœur [le chiffre marqué indique le rapport de cette quantité à 100 centimètres de longueur du corps).

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