RÉSUMÉ DES SIGNES DE LA LÉSION MITRALE
circulation ne sont pas facilement surmontés par le cœur malade, et la période de régression commence. C'est alors seulement que la maladie est réellement organique, c'est-à-dire qu'elle commence à détruire les organes pour ne plus s'arrêter.
Il en est un peu des rétrécissements de la mitrale comme des rétrécissements de l'urèlhre : c'est pendant la jeunesse qu'on les contracte, c'est pendant l'âge mûr qu'on en souffre.
Mais si la lésion contractée est assez grave pour compromettre sérieusement les fonctions de l'organe, les suppléants ne suffisent plus, et les désordres organiques n'attendent pas comme dans le cas précédent.
On voit alors se dérouler successivement une série de troubles fonctionnels.
Le premier est l'hypertrophie du ventricule gauche qui s'accuse, comme on l'a vu, par l'abaissement de la pointe, l'éloignement de la pointe du cœur de la ligne médiane, l'obliquité du bord inférieur du cœur. Souvent même l'énergie augmentée de la contraction reste insuffisante, et le cœur doit v suppléer par une augmentation du nombre des battements, augmentation et brusquerie des battements qui constituent des palpitations Ces palpitations n'existent pas en tout temps, mais elles sont provoquées par une excitation physique ou morale, le vin le ihé, le café. '
On doit savoir, en outre, que le cœur hypertrophié est extrêmement irritable et qu'un faible obstacle y détermine des palpi- ; tations exagérées.
Le cœur hypertrophié développe ici plus de force qu'il n'en a besoin.
Irritabilité et faiblesse sont deux propriétés qui vont toujours ensemble. Peu à peu le cœur trop excitable se fatigue et sa nuntion s'altère soit par l'extension de l'endocardite scléreuse de a valvule aux piliers, soit par la diffusion de cette sclérose dans ^le myocarde, soit par la dégénérescence des fibres musculaires 1 Peu à peu, également, les autres organes de la circulation pren-
Zl ' et-rinsuffisance de
1 énergie cardiaque se prononce.
c. PAUL. MAL. DU CŒUR
DE l'induration MITRALE.
L'induration mitrale, dans ces conditions d'affaiblissement du cœur, ne permet plus à chaque révolution cardiaque de faire passer autant de sang par l'organe central : de là une tension dans les veines pulmonaires et une congestion pulmonaire et bronchique qui diminue le champ de l'hématose ; de là la dyspnée et les efforts de respiration sous forme de soupirs pour amener une plus grande quantité d'air; de là une expectoration spumeuse, sorte de transsudalion bronchique, et, à l'auscullation, d'abord la congestion du poumon et bientôt l'œdème aux deux bases avec sa malité, son silence respiratoire et ses râles sous-crépitants, perçus à la surface du niveau de l'œdème.
D'autres fois des hémoptysies. La tension du sang dans les veines pulmonaires, le rétrécissement du champ vasculaire par la congestion et l'œdème amènent peu à peu une tension plus grande du sang dans l'artère pulmonaire, et dans le ventricule, droit les veines caves trouvent une résistance plus grande et l ventricule se dilate, rendant la valvule insuffisante.
A ce moment, commence la tension dans la veine sus-hepatique, dans tout le système porte et les veines des membres inférieurs. L'œdème paraît aux malléoles d'abord, le soir seulement, puis toute la journée, et l'hydropisie gagne peu à peu remplissant l'abdomen, la plèvre et le péricarde.
Alors vient l'asphyxie caractérisée par la dyspnée, la congestion de la face et des yeux, la saillie des jugulaires, la cyanose des lèvres, des ongles et des genoux, puis viennent des symptômes delà congestion intestinale, souvent un peu de diarrhée et de la congestion rénale avec ou sans albuminurie. A mesure que le myocarde faiblit, le pouls perd de son ampleur et augmente de fréquence. 11 devient peu à peu assez faible pour être d'abord incomptable, puis plus tard insensible.
Le sang arrivant au cerveau en quantités de moins en moin grandes l'activité cérébrale diminue, le malade tombe dans la loLce; au réveil, il est pris de vertiges : de 1^ une inne vaUon moin vigoureuse du cœur. etc. Il devient alors diffici IZL la partie l'asystolie, de l'œdème des .scères et de l'urémie dans l'ensemble des symptômes qui constituent la ca chexie cardiaque.
SUITES DE l'induration MITRALE. 243
Nous reviendrons en particulier sur chacun de ces symptômes, lorsque nous étudierons en détail la cachexie cardiaque. Je voulais seulement ébaucher ici la pathogénie des accidents consécutifs à l'induration mitrale, que l'insuffisance ou le rétrécissement domine; disons encore que, lorsque l'induration ne laisse plus qu'un canal étroit à l'orifice de la mitrale, les accidents marchent plus vite ; ils vont encore plus vite si l'organisation du malade est épuisée par le rhumatisme, la goutte, l'alcool ou le tabac, etc.