‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 108 sur 355 · POULS VISIBLE DE CORRIGAN · texte numérisé non relu

POULS VISIBLE DE CORRIGAN

maires sont projetées avec force hors de leur lit et bondissent sous la peau. On observe parfois ces pulsations dans une grande étendue du trajet des artères chez des individus bien portants, surtout à la suite d'efforts ou d'exercices violents; mais, dans l'affection qui nous occupe, le mouvement de propulsion des rameaux aune étendue excessive.

« Tout à l'heure encore, elles n'étaient pas. visibles, et elles se dessinent maintenant, en formant sous la peau un relief considérable à chaque pulsation. C'est en raison de l'apparence singulière et remarquable de ce phénomène qu'on a donné à ces pulsations artérielles le nom de pulsations visibles (1). »

Le phénomène du pouls visible de Gorrigan, qu'il ne faut pas confondre avec le pouls bondissant, dont je parlerai tout à l'heure, n'est pas un phénomène propre à. la maladie de Gorrigan : il indique purement et simplement la perte de la contractilité de l'artère et se rencontre non seulement dans la maladie de Gorrigan, mais encore dans l'athérome artériel.

Pour bien voir le phénomène du pouls visible dans son maximum de développement, il faut que le malade découvre un bras entièrement et tout un côté de la poitrine, le droit surtout. On fait tourner le visage légèrement à gauche et l'on écarte le bras du corps à un angle de 25 à 30 degrés. On relève l'avanlbras en le fléchissant et en le mettant en supination, de manière que la vue puisse embrasser d'un coup d'oeil tout le trajet artériel depuis le tronc brachio-céphalique jusqu'à la main.

L'attitude sera la plus favorable si la lumière vient raser la face interne de l'avant-bras et du bras de manière à former des ombres à chaque saillie artérielle. On observe]alors, comme le dit si bien Gorrigan, qu'à chaque systole artérielle l'artère augmente considérablement de volume. Si l'on a pris soin de placer le membre comme je l'ai indiqué, dans la demi-flexion, on voit l'artère former des courbures, etàchaque diastole ces courbures augmentent tellement, qu'on assiste à une véritable locomotion artérielle avec des déplacements angulaires qui peuvent quelquefois atteindre plusieurs centimètres. Si, au contraire, on

(1) Gorrigan, Edinb. Med. Journ., vol. XXXVII, p. 227-228.

252 DE l'insuffisance AOBTIQUE.

étend le bras, l'artère se tend et le mouvement est beaucoup moins marqué. Or, comme on étend presque toujours le bras en l'élevant, le phénomène diminue; mais il ne diminue pas dans ce cas parjo fait de l'élé-vation, mais bien par le fait du redressement et la tension de l'artère, car le bras étant maintenu étendu horizontalement, la diminution est la môme. Il faut, en somme, si l'on veut bien constater ce fait, mettre le bras en demi-flexion pour raccourcir la dislance qui sépare deux points donnés de l'artère et lui permettre de se déplacer plus facilement.

Mais il est une autre remarque faite par Hope, le pouls de la maladie de Corrigan est brusque, bondissant et il s'élève brusquement tout d'un coup pour tomber ensuite. Cette brusquerie de la contraction du cœur est précisément l'opposé de ce que j'ai décrit dans l'induration mitrale, où le ventricule, ayant àsurmonter un double effort, mettait du temps à compléter la systole et entraînait un retard du choc de la pointe. Les tracés suivants donneront une juste idée du phénomène.

Voici d'abord un tracé de la pointe du cœur obtenu par le cardiographe chez un jeune sujet âgé de dix-sept, ans, attemt de la maladie de Corrigan.

Fig. 77.

Chez des' sujets moins jeunes, on voit encore l'ascension faire brusquement, mais l'oscillation de l'aiguille se [mon moins et il se fait un plateau.

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