‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 110 sur 355 · THÉORIE DU POULS BONDISSANT PAR CORRIGAN · texte numérisé non relu

THÉORIE DU POULS BONDISSANT PAR CORRIGAN

état d'inlégi-itc parfaite, les valvules "serailunaires, immédiatement après chaque contraction du ventricule, sont repoussées vers l'orifice par la pression qu'exerce le sang qui est arrivé au delà. Lorsqu'elles remplissent le rôle qui leur est dévolu, l'occlusion de l'oriflce aortique, elles maintiennent ainsi dans l'aorte le sang qui y a été chassé par le ventricule, et les gros vaisseaux restent distendus. Ces vaisseaux conservent donc à peu près le môme calibre pendant la systole et la diastole. Mais lorsque, par une des causes ci-dessus énumérées, les valvules ne peuvent plus fermer l'oriflce de l'aorte, il arrive qu'à chaque contraction du ventricule une certaine quantité de sang, variable suivant le degré plus ou moins grand de l'insuffisance, rentre dans le ventricule; il en résulte que l'aorte ascendante et les artères qui en naissent laissent écouler, par un mouvement rétrograde, une partie du sang qu'elles contenaient, elles deviennent donc flaccides, après chaque contraction ventriculaire et leur diamètre diminue. A ce moment une nouvelle contraction du ventricule pousse rapidement dans ses vaisseaux une quantité de sang qui les dilate brusquement et avec force. La diastole artérielle est alors marquée par une augmentation si forte, si subite du calrbre du vaisseau, qu'il se produit une pulsation visible qui constitue l'un des signes de la maladie.

« Plusieurs circonstances prouvent que le phénomène en question est bien réellement dû au mécanisme que nous lui assignons. Il est marqué surtout dans les artères de la tète et du cou, qui se vident plus facilement que les autres dans l'aorte et par conséquent dans le ventricule, et ne se retrouve pas au même degré dans les artères des membres inférieurs, même d'un diamètre plus considérable ; le plus souvent la pulsation visible y manque complètement. Au cou et à la tête elle est plus distincte lorsque le malade est debout que dans la position horizontale. »

L'explication donnée par Corrigan est des plus justes et il ne faut pas l'altérer.

Cependant, on peut faire avec Stokes la remarque que ce caractère du pouls visible peut exister alors que le sang ne reflue pas dans le ventricule, mais dans une autre cavité : c'est lorsqu'il existe une communication entre l'aorte et l'artère pul-

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monaire, entre l'aorte ctrinfundibulum, entre l'aorte et le ventricule droit. Stokes l'a rencontré également dans un cas d'anévrysme de l'aorte ascendante. Stokes enfin fait remarquer qu'il vaudrait mieux insister sur la chute rapide de ce pouls et l'appeler pouls défaillant [collapsbKj). Pour moi, je crois qu'il faut d'abord garder le nom de pouls visible pour la locomotion artérielle, bien que ce phénomène soit commun h la maladie de Gorrigan et à l'athérome artériel, et qu'il faut garder également le nom de pouls bondissant de Hope dans la maladie de Corrigan, réservant le nom de pouls défaillant de Siokes pour les cas de communication anormale de l'aorte.

Nous remarquerons encore, avec M. F. Franck, que la réplétion du cœur se fait plus rapidement dans la diastole.

Fig. 83.

Dans cette figure le tracé normal est en bas et celui de l'insuffisance aortique est en haut.

Au début de la maladie il n'y a pas encore d'hypertrophie et les symptômes sont une certaine pâleur qui fait souvent croire à l'anémie, et l'accompagne souvent chez les jeunes filles et même chez les jeunes gens; c'est l'auscultation seule, au début, qui donne les symptômes caractéristiques.

Hope (1) avait déjà donné une bonne description de ce bruit.

(1) Hope, Maladies du cœur, p. 384,

BRUIT DE SOUFFLE DE l'iNSUFFISANCE AORTIQUE, 257

« Quand il se produit une insuffisance, un reflux à travers les valvules aortiques ouvertes d'une manière permanente, un souffle accompagne le second bruit, et son origine peut être reconnue par les circonstances suivantes :

« i" Il est plus éclatant et plus superficiel au niveau des valvules aortiques qu'au niveau de la pointe du cœur; ce qui le distingue d'un souffle des valvules auriculaires au second bruit.

« 2" Il est plus éclatant suivant le cours de l'aorte ascendante que suivant le trajet de l'artère pulmonaire, et suivant la direction du ventricule gauche que du ventricule droit; c'est ce concours de circonstances qui fait connaître que son siège est dans les valvules aortiques et non dans les valvules pulmonaires.

« 3° Le pouls vient encore en aide au diagnostic ; on le distingue du bruit de souffle systolique de l'orifice aortique en ce qu'il accompagne le second bruit et qu'il est plus facile à entendre dans la direction du ventricule que le murmure systolique, qu'il se prolonge dans toute l'étendue du silence et parce que la faiblesse du reflux du sang lui donne toujours une douceur, un timbre moins éclatant, un ton plus bas qui le rend comparable au mot awe (aoue) prononcé à voix basse pendant l'inspiration. Il est souvent musical. »

Selon laméthode que j'ai adoptée, je décrirai ce bruit de soufi fle sous ses trois conditions de l'espace, du temps et du timbre 1° Topographie du bruit de l'insuffisance aortique. - Ce bruit commence au niveau de l'orifice aortique, c'est-à-dire au niveau du troisième cartilage costal droit, s'irradiant un peu autour à 1 ou 2 centimètres du bord du sternum vers la droite, dans toute la largeur du sternum vers la gauche, remontant dans le deuxième espace intercostal droit, puis descendant le long du :sternum, qu'il occupe dans presque toute sa largeur, et allant .d passer en bas le bord du cœur de 1 ou 2 centimètres ■Sa direction n'est pas tout à fait verticale, elle incliné un peu vers la gauche en descendant. Mais ce qui est •très remarquable, c'est que le siège de ce bruit se déplace ''avec le temps. A mesure que se fait l'hypertrophie consécutive, .qui st souvent considérable, le cœur tend à s'abaisser de l à

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