BRUIT DE SOUFFLE DU RÉTRÉCISSEMENT AORTIQUE. 2G
un cas en 1868. On en a vu d'autres depuis : M. Liouville en ■1868, M. Ghouppe en 1872 et MM. Budinet Docaudin en 1873.
En général, quand les lésions des valvules aortiques sont le résultat d'un état inflammatoire, elles ne sont qu'un prolongement par voisinage des lésions de la valvule mitrale.
Symptômes. — Les symptômes sont souvent peu accusés et la maladie peut rester latente.
La maladie se révèle le plus souvent par la dyspnée d'effort, l'oppression quand le terrain monte, quand il s'agit de monter des escaliers.
Le choc de la pointe est brusque, l'ascension de l'aiguille est rapide et s'accompagne d'un frémissement cataire très sensible et souvent très fort au niveau du deuxième intercostal droit, ou un peu plus bas si le cœur est descendu par le fait de son poids.
L'auscultation révèle un bruit de souffle systolique.
Le schéma formé par le bruit de rétrécissement forme une colonne ascendante qui part du deuxième espace intercostal près du sternum et se dirige comme le tronc innominé vers les carotides.
Son point maximum est au début au niveau du troisième espace intercostal ; mais le cœur en s'hypertrophiant devient lourd, et, le bord inférieur du cœur étant descendu, les orifices paraissent plus bas et les bruits produits par ces valvules cornmencent à leur niveau, et même au-dessous des points de repère normaux de ces orifices. J'ai vu un malade de ce genre dont le bruit avait son maximum dans le quatrième espace intercostal droit.
Observation XXXVL - Ch... (François), âgé de soixante-seize ans, ancien marchand des quatre saisons, pensionnaire de l'hospice de Bicètre entré <'t l'infirmerie le 14 juin 1872 ; l'examen me donne les résultats suil vants :
Le malade est affecté de dyspnée ; il est atteint d'une congestion pulmonaire double, plus étendue du côté droit. Le choc de la pointe du cœur est peu sensible, il bat dans le cinquième espace intercostal, immédiatement au-dessous du mamelon ; le bord supérieur du foie coiTespond à Imsertion du cinquième cartilage.
RÉTRÉCISSEMENT DE l'oRIFICE AORTIQUE.
Les bruits du cœur sont faibles à la pointe, plus forts au niveau de la tricuspide, mais sans souffle. A droite du sternum on entend un bruit systoliquc très bien frappé, rude et ayant son maximum au quatrième espace intercostal droit, près du sternum. Il y a un peu de reflux des veines jugulaires. Le pouls est petit, les artères dures, les mains froides et cyanosées. Il y a de l'œdème des membres inférieurs et môme un peu d'œdème de la face.
Fig. 87
Le bruit pathologique correspond à un bruit de rétrécissement aortique, mais je ne m'expliquais pas pourquoi il avait son maximum aussi bas.
L'autopsie est venue montrer qu'il s'agissait de rugosités des valvul aortiques et d'un cœur abaissé par son poids.
Le bruit dû au rétrécissement de l'orifice aorligiie siège donc à droite du sternum, il a en général son maximum dans le deuxième espace intercostal, remontant daus le premier espace et dans les vaisseaux du cou. 11 s'éloigne peu à droite du bord du sternum, en bas il peut se faire entendre derrière le quatrième cartilage et même dans le quatrième espace.
Il est systolique et en se prolongeant dessine souvent toute la crosse de l'aorte si elle est athéromateuse. Comme timbre, il est vibrant et plus ou moins rude, accompagné souvent de frémissement cataire. Quelquefois, il se propage à la pointe. Son intensité est moins en rapport avec le rétrécissement qu'avec la rudesse et les aspérités des lésions.
Le pouls est en général petit, dur et vibrant. Les systoles