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C. PAUL. MAL, DU CŒUR

482 DE l'hypertrophie DU COEUR.

Mais ce caractère particulier de l'intermittence du bruit d'insuffisance mitrale par dilatation, qui se trouve plus marqué encore pour la valvule tricuspide (môme pour l'insuffisance tricuspide primitive), n'avait pas ét6 noté par les auteurs. J'ai été heureux de le trouver^'mentionné d'une manière formelle par M. le professeur Fabre (1), auquel en revient parfaitement l'honneur, bien que je le connusse avant la publication de son mémoire. M. Fabre dit : Dmis l'insuffisance mitrale absolue, le bruit est constant ; clans l'insuffisance relative, il se montre d'une façon irrégulière. M. Fabre y ajoute de bons signes : Lorsque le pouls est ample et régulier, l'insuffisance est relative. Je préfère de beaucoup les termes de primitifs et secondaires. Mais où je ne puis suivre M. Fabre, c'est dans l'extension qu'il donne à l'insufnsance fonctionnelle de la valvule mitrale, qu'il croit trouver dans l'hystérie, la fièvre typhoïde, la chlorose, l'ictère, etc. Malheureusement le contrôle, en pareil cas, n'est pas possible.

En résumé, lorsque, chez un malade atteint d'une grosse hypertrophie du cœur, on trouve un bruit de souffle à la poin te, systolique et doux, que ce bruit est intermittent et qu'il ne s'accompagne pas- du pouls misérable et petit de la mitrale, on peut diagnostiquer, avec assez d'assurance, qu'il y a une insuffisance

mitrale par dilatation. . i ^ •

Les mêmes réflexions s'appliquent à l'msuffisance de la tncus- •pide; mais cette dernière est bien moins souvent le fait de l'hypertrophie que de la dilatation. Il en sera donc traité à propos des dilatations du cœur sans hypertrophie.

Tels sont les signes de l'hypertrophie du cœur tant que la dégénérescence du cœur n'est pas arrivée ; mais alors se montrent les altérations du myocarde, la diminution dans l'énergie des contractions du cœur et, par suite, les intermittences du pouls, l'arythmie et finalement l'asystolie.

D'autre part, l'hypertrophie prédispose aux congestions et aux hémorrhagies pulmonaires et cérébrales.

Le diagnostic différentiel devra se faire d'abord avec les pal-

(1) G. Q.vcw, Des insuffisances mitrales fonctionneUes ou relatives, à!. ^^l^ les leçons de M. le professeur Fabre [Archives générales de médecme, novembre 1877).

DIAGNOSTIC DE L'hYPERTROPHIE. 483

pitations nerveuses, qui offrent avec l'hypertrophie des symptômes communs, c'est-à-dire la dyspnée, lesbattements de cœur, les bouffées de chaleur, la turgescence de la face, la force d'impulsion du cœur non seulement à la pointe, mais par toute sa surftice ventriculaire. Le diagnostic sep établira par la mensuration du cœur et par la cause de la maladie. D'une part, on trouvera les causes ordinaires des palpitations nerveuses, c'està-dire les émotions, la mobilité nerveuse, la nostalgie, l'hystérie l'hypocondrie, des affections du cerveau, dej la moelle ou de leurs enveloppes, la dyspepsie et, en particulier, la dyspepsie flatulente, les mtoxications par l'alcool, le café, le thé,' le tabac

D'autre part, on trouvera, dans les cas d'hypertrophie, des altérations du cœur, des vaisseaux ou des autres viscères, dont nous allons discuter tout au long les rapports avec l'hypertrophie.

^ Le diagnostic de l'hypertrophie avec les affections valvulaires se fait par l'absence de bruit de souffle ; le diagnostic de l'insuffisance mitrale par dilatation se fera de l'insuffisance par endocardite, d'après le pouls et la constance ou l'inconstance du bruit de souffle, comme il vient d'être expliqué plus haut Le diagnostic avec la péricardite adhésive ou symphyse cardiaque n'est pas un diagnostic différentiel, puisqu'il y a en pareil cas, hypertrophie et. symphyse; l'hypertrophie est facile à établir par la mensuration ; la symphyse est difficile et ne peut être soupçonnée que par les rétractions intercostales ou épigastriques, quand elles se montrent.

Le diagnostic avec l'épanchement est plus facile, à cause de la dépression et de la fréquence du pouls dans la péricardite • cependant l'erreur est possible et, en pareil cas, la ponction tue en général le malade en pénétrant dans le cœur. Cependant cette ponction du cœur peut n'être pas fatalement mortelle. Evins (1) a fait, en pareil cas, une saignée du ventricule droit, qui a amené un soulagement temporaire. Raynaud a été moins heureux - il a pénétré dans l'oreillette droite, et le malade a succombé. '

Le diagnostic avec l'anévrysme de l'aorte est plus facile à cause des tumeurs, des battements d'expansion et des bruits.' (I) Evans, Brit, Med, Journal, p. 72o, 1876.

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