RESPIRATION DE CIIEYNE-STOKES. S
Notons enfin que le centre respiratoire est surtout un centre d'inspiration, car l'inspiration est la^ seule phase active de la respiration normale. C'est le contraire dans cette dyspnée qu'on appelle la pousse.
Dans les expériences faites sur les animaux, on peut reproduire à peu près exactement ce type respiratoire. Si l'on prend un animal sur lequel on a coupé les deux pneumogastriques, l'excitation du bout central de l'un d'eux arrête la respiration, et l'animal, pendant tout le temps que dure cette apnée, est en inspiration. Mais si l'animal a été empoisonné par le chloral, il semble que le centre inspiratoire soit paralyse, car l'animal, pendant l'apnée, est dans un état d'inspiration qui, à la fin, se confond avec l'inspiration mortelle. Ges expériences, faites au laboratoire de M. Marey , par M. Predericq (1) , professeur de physiologie à Liège, tendent donc à démontrer qu'il y a dans la moelle non seulement un centre d'inspiration, mais aussi un centre d'expiration et que des fibres centripètes des pneumogastriques se rendent à l'un et à l'autre de ces centres, dont le second n'entrerait en action que dans les cas exceptionnels.
Les conditions physiologiques de la respiration et de son rythme n'étant pas encore définitivement fixées, il serait inutile de tenter une explication actuelle du phénomène de Cheyne- Stokes.
(1) Fredericq, Sur la théorie de l'innervation respiratoire, Bruxelles, 1879.