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FOIE CARDIAQUE

parois veineuses, mais pour la veine cave inférieure et les veines sus-hcpatiques, qui ont déjà, à l'élat normal, à lutter contré la pesanteur, l'élasticité et la contractilité dos vaisseaux est bientôt forcée. De sorte que, quand la circulation pulmonaire est déjà prise, la circulation intraliépalique et la circulation de la veine porte ne tardent pas à lléchir. A un moment donné, il s'y joint un facteur qui aggrave bientôt le tout, c'est l'affaiblissement du cœur qui tend encore à égaliser la tension dans les deux systèmes, sans y parvenir, il est vrai.

Il y faut joindre un autre ordre de conditions, c'est que les vaisseaux hépatiques et abdominaux ne sont pas plus inertes que les vaisseaux des autres organes et qu'ils n'ont pas besoin pour fléchir d'être dépassés par la surpression hydraulique. Ces organes deviennent malades à leur tour, soit parce que l'innervation suffisante leur manque, soit parce qu'il s'y produit des lésions locales.

Voilà comment on peut comprendre ce qui se présente quelquefois, que les troubles digestifs ou autres en rapport avec les maladies du cœur soient beaucoup plus accentués et plus graves que les troubles pulmonaires qui les précèdent pourtant le plus habituellement. Ajoutons que la cause qui a agi pour déterminer la lésion cardiaque, rhumatisme, goutte, intoxication alcoolique, syphilitique ou autre, peut avoir en même temps une action directe sur ces organes et avancer singulièrement le moment- oii ils deviendraient malades, s'ils ne subissaient que les conditions mécaniques delà circulation. L'hydraulique est donc loin d'être la seule cause des affections secondaires hépatiques et intestinales. Ajoutons encore que, de même que les maladies du foie ont pu développer par elles-mêmes des atTections du cœur, de même elles aggravent singulièrement cellesci, bien qu'elles n'en soient que le résultat.

Cela dit, remarquons que les lésions que subit d'abord le foie sont des lésions d'hyperhémie très bien décrites par Frerichs (1).

Les vaisseaux sus-hépatiques sont donc d'abord gorgés de sang, peu à peu ils se dilatent et leurs parois s'hyperlrophient.

(1) Frerichs, Traité pratique des maladiee du foie, 1862, p. 302.

De là, la stase se propage à la veine porte et aux organes où elle prend sa source. Il se développe alors une série d'anomalies fonctionnelles et nulrilives.

Le foie augmente de volume dans tous les sens, conservant assez bien sa forme primitive, la capsule se tend et la consistance du parenchyme augmente. La coupe fait alors voir à l'œil nu un dessin qui rappelle celui delà coupe transversale d'une noix muscade, d'où le nom de foie muscade qui lui a été donné. On voit, en effet, au centre de chaque lobule le point correspondant à la veine intralobulaire de Kiernan dilatée se détacher en rouge brun, donnant souvent des ramifications rayonnées sinueuses qui sont formées par la dilatation et la congestion des branches qui se rendent à la veine centrale. Ces rayons se continuent avec l'orifice central sans discontinuité à cause de l'absence de capsule de Glisson autour de ces veines. Le contour du lobule, au contraire, est privé de sang et les veinuscules de la veine porte y paraissent pâles, elles sont d'un brun clair. Tous ces caractères se voient très bien à l'œil nu avec un peu d'habitude ; ils deviennent évidents à la loupe, qui permet d'apercevoir quelquefois des caillots dans

la veine centrale.

Dans les cas où l'hyperhémie est très forte, les veines sus-hépatiques sont dilatées jusque dans leurs anastomoses avec les capillaires de la veine porte et la teinte rouge brun envahit presque tout le tissu. Mais, en général, les taches brunes formées par les veines sus-hépatiques sont isolées les unes des autres, tandis que dans l'hyperhémie de la veine porte les lobules sont, au contraire, entourés par un réseau continu.

Sous l'influence de cette stase, la sécrétion biliaire paraît peu modifiée dans sa quantité, et peu également dans sa qualité ; elle contient seulement parfois de l'albumine. La sécrétion muqueuse des canaux augmente et gêne parfois la migration de la bile il en résulte un ictère léger. A la longue, la nutrition de l'organe s'altère, les cellules placées près des veines sus-hepatiques s'infiltrent de graisse, de granulations pigmentaires et de cristaux d'hématoïdine (1). Cette altération se traduit à l'œil nu

(1) Vulpian, Société de biologie, 1858, p. 14S.

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