CHAPITRE XXXIX
LA MALADIE DE BASEDOW (BRONCHOCÈLE ANÉVRYSMALE).
C'est pour me conformer à l'ugage que je parlerai de la maladie de Basedow, car elle i)'est ni une maladie du cœur m une affection symptomatique d'une affection du cœur : L'affection dite maladie de Dasedoiv a suivi plusieurs phases : Dans la première, qui commence avec le dix-huitième siècle, jusqu'en 4825, la seule partie de la maladie qui soit connue est rexophlhalmie ; elle est observée comme telle par Saint-Yves, Bousquet et Bellanger (1721), puis par Demours. Brûcke, d'après M le professeur Sée (1), décrit la maladie, en prenant pour pomt de départ les phénomènes oculaires. Du reste, les malades, plus affectés par les troubles visuels que par les autres symptômes, vont d'abord consulter les oculistes.
La seconde période va de 182b à 1840. On reconnaît la coïncidence de l'exophthalmie et du goitre ; aussi, elle devient tributaire des chirurgiens avec Parry, qui la décrit comme un goiLre compliqué d'hypertrophie du cœur et de palpitation.
De 1840 jusqu'à ce jour, elle est considérée comme affection cardiaque, compliquée de goitre et d'exophthalmie. Dès I83u Grave (2) avait déjà signalé la différence du goitre ordmaire et de la maladie dont il est ici question. Il avait signalé que le goitre peut n'exister que pendant les accès de palpitations. Enfin, il regardait le développement du corps thyroïde comme la conséquence des palpitations.
(,) G. Sée, Du diagnostic et du traitement des maladies du cœur, p. 283, Graves, Leçons de olbmue médicale, traduction Jaccoud, t, II, p. ^290,
Stokes (de Dublin) (i) donna sur cette maladie des détails cliniques très circonstanciés, qu'il résume ainsi :
I. Dans certaines circonstances, l'action du cœur peut être surexcitée d'une façon permanente, les contractions devenant rapides, irrégulières et plus énergiques que de coutume. Cet état s'accompagne de trois épiphénomènes remarquables, savoir : la turgescence de la glande thyroïde, les battements exagérés des artères du cou et l'augmentation de volume des globes oculaires ;
II. Cette affection ne s'accompagne pas de fièvre ni des signes et des symptômes de l'inflammation du cœur ; elle se rapporte plutôt à des troubles fonctionnais ;
m. L'affection dont il s'agit est plus commune chez la femme ' elle s'associe alors à l'hystérie, aux névralgies et aux troubles ulerms ; cependant elle peut exister chez l'homme avec tous ses phénomènes caractéristiques ;