CAILLOTS ET POLYPES DU CŒUR
L'histoire des concrétions sanguines trouvées dans le cœur pourrait faire remonter bien loin dans l'histoire de la médecine ; mais il est inutile de remonter plus haut que la découverte de la circulation du sang. Encore les débats du jour, faits sur cette question, sont bien obscurs.
Depuis Hélidce, de Padoue (1530), jusqu'à Vesale, on ne sait qu'une chose, c'est qu'on rencontre dans le cœur des grands morceaux longs pituiteux. Avec Vesale, Carmani, Baillou, Th. Eraste, la constatation se renouvelle, mais on pense que ce sont des vers.
De 1633 à 1684, on commence à regarder le fait comme pathologique. Bartholetti, Bartholin, Malpighi, William Gould, les décrivent comme des polypes analogues à ceux des fosses nasales et de l'utérus. Hoffmann (1713), puis Boerhaave, van Zwieten, Sénac, Gamisi, étudient leur évolution.
Yers 1739, une nouvelle doctrine est soulevée par Pasta; les caillots ne sont pas, dans le cœur, des phénomènes morbides, c'est un simple phénomène cadavérique qui se reproduit dans la palette de la saignée. Mais depuis, Corvisart, Burns, Testu, Kreysig, Laennec, Andral, Bouillaud et Legroux contribuèrent à établir nettement la distinction des caillots formés pendant la vie de ceux qui se forment soit pendant l'agonie, soit après la mort. Enfin, de, 1846 à 1856, Yirchow établit la doctrine de l'embolie.
Rappelons d'abord la distinction des caractères des caillots formés après la mort des caillots formés pendant la vie.
Les caillots formés pendant l'agonie ou après la mort se présentent sous deux formes : 1° en gelée molle ; 2° avec une texture fibreuse élastique :
1» Tantôt les caillots forment une gelée molle, noirâtre, d'une consistance homogène qui ne peut donner lieu à aucune diffi. cul lé ;
20 D'autres fois, les caillots ont une texture fibreuse, élastique, une consistance solide et une couleur généralement blanche ou rosée.
Ils sont formés de couches stratifiées, superposées dans un ordre qui dépend de la position du cadavre. Ils sont formés de