‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 228 sur 355 · CAILLOTS ET POLYPES. S · texte numérisé non relu

CAILLOTS ET POLYPES. S

globules amassés aux parties déclives. Au-dessus se trouve la fibrine en couche plus ou moins épaisse.

Ils sont volumineux, jaunâtres, et renferment une grande quantité de sérosité. En outre, ils sont très élastiques et ont un aspect gras.

Ils remplissent incomplètement les cavités dont ils ont pris la forme (ventricule droit, veine et sinus). Ceux du cœur se prolongent dans les gros vaisseaux, dans les veines et forment de grands cordons blancs qui peuvent être tirés de la veine, comme l'épée du fourreau (I).

Les caillots formés pendant la vie ont une consistance beaucoup plus ferme, presque celle de la chair musculaire. Bouillaud les comparait au gluten, à la fibrine préparée et aux fausses membranes des séreuses. Legroux les a comparés plus justement aux concrétions des anciens sacs anévrysmaux.

Leur couleur varie selon leur ancienneté et leur proportion de globules. Ils adlm^ent aux parois. Ces adhérences ont été classées en trois degrés par Legroux (2) :

•1" Elles peuvent être formées par une agglutination facile à détruire, produite par un liquide plastique; ces adhérences sont toujours partielles ;

2° Dans le second degré, l'adhérence se fait par toute l'étendue. Les deux surfaces, celles du caillot et du vaisseau, quand on les sépare, présentent un aspect dépoli ; mais il n'y a pas encore de vaisseaux qui les réunissent ;

3" Au troisième degré, il y a une fusion complète entre les deux tissus, et la dissection a peine à les séparer.

Richardson a constaté que le poids spécifique de ces caillots de la vie est plus élevé que celui des caillots j^ost morlem.

Le caillot récent est grisâtre, demi-transparent, élastique. Il est formé d'un réseau flbriUaire presque complètement dépourvu d'éléments granuleux ou globulaires.

Le caillot ancien est opaque, jaune et friable. Il est composé

(1) Voir Lemarchand, Thèse inaugurale, Paris, 1862; Bucquoy, Des Concré lions saîigumes (Thèse (T agrégation, im).

(2) Legroux, Thèse inaugurale, 1827.

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d'une association de fibrilles qui se dissocient et se chargent de granulations grossières et de globules granuleux.

En 1827, Legroux pensait, comme Laënnec, Andral, Bouillaud et M. Hardy, que les caillots pouvaient s'organiser ; en 1856, il reconnut qu'il s'était trompé. Mais Cruveilhier avait prouvé qu'ils ne peuvent se pénétrer de vaisseaux sanguins. Robin et Ver deil ont montré également que la fibrine épanchée ou exsudée ne s'organise jamais. MM. Bucquoy et Broca ont montré que ce qui s'organise, ce n'est pas le caillot, mais que ce dernier provoque l'exsudation d'une lymphe plastique qui s'organise.

Dans le cœur, les caillots formés pendant la vie portent le nom de concrétions polypiformes, de polypes sanguins, de caillots fibrineux du cœur. Ils sont de deux ordres : les uns autochtones, les autres emboliques.

Les caillots autochtones sont, d'après Bouillaud (1), plus fréquents dans les cavités droites que dans les cavités gauches ; plus fréquents, en outre, dans les oreillettes que dans les ventricules. Cela tient à ce que la disposition à la coagulation est plus marquée dans le sang veineux que dans le sang artériel. John Simon (2) a fait l'expérience suivante :

Un fil passé au travers d'une artère donne dans l'artère, au bout d'e vingt-quatre heures, quelques flocons fibrineux, la môme expérience faite sur une veine donne un caillot cruorique.

Legroux (3) faisait remarquer que, contrairement à l'opinion de Bouillaud, les caillots se forment surtout dans les ventricules et dans l'oreillette gauche.

Dans chacune de ces cavités, ils peuvent être libres et adhérents. Ils sont alors fixés soit aux valvules, soit aux parois ; s'ils tiennent aux valvules, ils peuvent être fixés soit au bord libre, soit à la surface des valvules, soit aux cordages tendineux.

Ils peuvent être parfois fixés à une cavité accidentelle, comme dans les anévrysraes partiels du cœur.

Ils se présentent, d'après Legroux, sous deux formes : soit en masses, soit en membranes.

" f l) Traité des maladies du cœliv.

(2) John Simon, Lecture on gênerai pathology, lecluro V. (3; Legroux, Thèse inaugurale, et Gaz. hebd., 1836.

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