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SAC ET CAILLOTS

clinique, et n'ont rien d'absolu, car un anévrysme sacciforme peut se trouver greffé sur un anévrysme fusiforme. Les bosselures accompagnent souvent l'une et l'autre forme.

Le volume des anévrysmes est très variable et va du volume de la tôle d'une épingle à celui de la' tête d'un adulte.

Les parois d'un anévrysme sont formées par les parois vasculaires altérées. Presque toujours ces altérations sont la suite d'une inflammation chronique de la membrane interne.

Ce processus inflammatoire consiste dans l'épaississement des parois par la prolifération du tissu conjonctif, l'atrophie, la dégénérescence graisseuse, l'ulcération ou la calcification des membranes. En général, le processus n'est pas simple, et on trouve presque toujours réunies sur un môme sac plusieurs de ces altérations laissant encore des traces de la membrane moyenne ou l'ayant détruite tout à fait. Quand le sac anévrysmal est considérable, on ne retrouve plus guère les trois membranes que dans quelques points ; d'autres fois, en n'en trouve plus que deux, et enfin, dans les parties où l'anévrysme s'est le plus développé, on ne voit plus aucune trace des membranes. Les parois sont alors constituées par les tissus des organes voisins, tissu conjonctif, muscles, etc., ou même seulement par la peau.

En général, l'altération qui se fait dans les tissus voisins durcit les tissus mous et corrode les tissus durs comme les os.

Dans un cas où l'anévrysme n'était plus recouvert que par la peau, Burkhardt (}) a trouvé l'état histologique suivant : le tissu cellulo-graisseux sous-cutané avait disparu presque complètement; il existait à peine dans les points où la peau n'avait plus que 1 centimètre d'épaisseur ; il n'y avait plus de vaisseaux sanguins dans la couche sous-cutanée, tandis que les parties superficielles du derme étaient parcourues par des vaisseaux pleins de sang. L'épiderme était, dans la partie la plus saillante, transformée en une eschare teinte de sang ; dans les autres points, il était remplacé par un tissu de mailles semblable au tissu conjonctif, avec des lacunes à dépôts fibrineux. Les glandes sudoripares étaient atrophiées, mais les glandes sébacées étaient intactes.

(1) Burkhardt, Archivder Heilkunde, t. XVIII, n" 2.

888 DES TUMEURS ANÉVRYSMALES.

A l'intérieur du sac, on trouve des caillots stratifiés, dofit la densité est d'autant plus grande qu'on se rapproche de plus en plus de la périphérie. Les caillots extérieurs sont les plus anciens et sont on même temps les plus organisés.

Autrefois on distinguait les caillots en fibrineux ou passifs et en organisés ou actifs. Cette division est aujourd'hui abandonnée.

Ajoutons que les sacs peuvent s'enflammer, et disons de Suite que cette inflammation peut être provoquée utilement pour donner plus de résistance aux parois ; il en sera question à propos du traitement. En général, cette inflammation est adhésive et développe la formation d'exsudats fibrineux (Broca) ; mais quelquefois ce travail inflammatoire peut aller jusqu'à la suppuration. Lebert a trouvé deux fois du pus dans l'épaisseur des parois.

Quelles sont les causes de cette coagulation du sang dans les anévrysmes ?

On sait que le sang se compose de corps solides, globules, et d'un fluide, le plasma. La coagulation consiste dans le dédoublement du plasma en sérum et en une substance nommée par Fourcroy la fibrine, qui se dépose sous forme de fibrilles. Ce qui fait coaguler le sang en pareil cas, ce n'est pas le contact de l'air, comme le prétendent Hewson (1), Eichwald, Urbain et Mathieu, puisque le sang y est soustrait; ce n'est pas le refroidissement, puisqu'au contraire le refroidissement a pour conséquence de retarder le phénomène de la coagulation. Ce n'est pas non plus l'élimination de l'ammoniaque, comme le prétendait Richardson, ou le départ de l'acide carbonique, comme le croyait Scudamore.

Une des premières causes de cette coagulation tient, comme l'a montré Briicke, à ce que le sang n'est plus en contact avec ses parois naturelles. Tout corps étranger solide mis en contact avec le sang y détermine la coagulation, les dépôts athéromateux et surtout calcaires des parois agissent dans ce sens et font comme la baguette qui sert à défibriner le sang.

L'élément contenu dans le plasma, et qui produit la coagula-

(1) Hewson, Expérimental Inquiry into the properties of tlie blood, 1770.

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