TORSION DU COEUR
utile pour la respiration cortesponcl îi peu près au tiers de sa capacité. C'est le bord postérieur qui reste perméable, à l'air, ot dans lequel on entend une respiration un peu plus faible qu'à l'état normal.
Le poumon gauche est, au contraire, augmenté de volume; il est probablement atteint d'un peu d'ompliysème, et donne à l'auscultation les symptômes de la respiration supplémentaire, surtout dans l'inspiration.
Le foie a sa position et sa grandeur normales.
On voit donc, dans ce fait, un exemple de déplacement du cœur vers la droite produit par traction. On remarquera que dans ce cas, la surface du triangle cardiaque n'a pas diminué d'étendue, tandis que dans le même déplacement par refoulement, à mesure que l'épanchement refoule la face gauche de la pyramide cardiaque, la pointe se rapproche de la ligne médiane. Eu même temps l'oreillette droite tourne autour de l'insertion de la veine cave inférieure et, finalement, à mesure que la surface du cœur en rapport avec la paroi antérieure diminue du côté gauche, elle n'augmente pas de la même quantité vers la droite et la surface appréciable du triangle cardiaque diminue à mesure. Il y a donc dans ce cas refoulement vers la droite et torsion sur l'axe vertical. Rien de semblable ne se 'produit dans le déplacement par ti-action, qui ressemble, au contraire, au déplacement vers la gauche par augmentation du poids dans le cas de décubitus sur le côté gauche.
Le malade n'éprouve au repos aucun trouble fonctionnel ; mais, quand il veut faire un effort, il est pris de dyspnée et d'une sorte de fatigue thoracique. Il ne présente qu'un peu d'emphysème et pas de tubercules,
D. Déplacement en haut. — Le cœur peut être refoulé en haut dans certains cas de météorisme, d'ascite, de tumeur de l'abdomen, dans des cas de hernie diaphragmatique, et ce refoulement peut être tel que la pointe vienne battre dans le troisième espace intercostal. Bouillaud, Stokes et Gruveilhier ont vu en pareil cas l'estomac et le côlon pénétrer dans la cavité thoracique, Sennert y a vu l'estomac. Mais ces derniers cas sont aussi exceptionnels que les précédents sont fréquents et vulgaires. Je veux y ajouter deux cas moins connus : d'abord le cas de scoliose, oii le diaphragme tendu par la pression perd sa courbure et donne au bord inférieur du cœur une direction horizontale, que nous étudierons plus loin lorsque nous nous occuperons des dilatations du cœur droit et plus particulièrement du cœur des bossus.
L'autre cas, rare, il est vrai, se montre dans la paralysie du diaphragme, quand cette paralysie est isolée; dans la paralysie
a frigore par exemple, le diaphragme qui a perdu sa tonicité se laisse refouler par la pression des viscères abdominaux. Mais cela est tout particulièrement marqué après les repas. La fermentation des matières alimentaires dans l'estomac donne lieu à des gaz qui, n'étant plus maintenus par la tonicité du diaphragme, produisent du météorismo stomacal et par suite de la dyspnée par diminution du champ respiratoire, et finalement poussent le malade à faire de profonds soupirs (1).
La dyspepsie flatulente et la dilatation de l'estomac refoulent souvent en haut le diaphragme et le cœur et occasionnent des tiraillements du diaphragme, que les malades prennent pour des douleurs de cœur. En même temps la pointe du cœur bat sur l'estomac comme sur un tambour et donne lieu à des palpitations.
Les malades, qui se croient atteints d'une maladie du cœur, vont trouver leur médecin, qui leur affirme qu'il n'y a pas de maladie du cœur. Ces malades ne sont pas convaincus et se rendent alors, sur l'avis de leur médecin, chez un consultant familier avec l'examen des cœurs malades et on reconnaît alors qu'ils sont atteints d'une dyspepsie qu'ils arrivent à reconnaître eux-mêmes.
Je ne saurais dire combien j'ai déjà vu de semblables malades venant chercher un diagnostic et un traitement de maladie du cœur, et que j'ai renvoyés avec un diagnostic et un traitement de dyspepsie flatulente : c'esi la dyspepsie flatulente avec douleur du diaphragme ou phrénalgie.
E. Déplacement du, cœur en arrière. — Les déplacements du cœur en arrière sont rares et ont pour cause les maladies du médiastin antérieur et plus particulièrement les anévrysmes.
F. Déplacements du cœur suivant les axes; torsions du cœur {trochocardie de Costa Alvarenga). — .Nous avons déjà vu que les torsions du çœur suivant l'axe vertical viennent presque toutes du côté gauche de la poitrine. L'emphysème du poumon gauche repousse la pointe en arrière et tend à décroiser les artères pulmonaire et aorte.
(l) G. Paul, Paralysie rhumatismale du diaphragme guérie par les courants continus (Société de thérapeutique, séance du 21 octobre 1870).
EXHAUSSEMENT DU CÛEUR. Al
Les épanchements de la cavité gauche (pleurésies, pneumothorax, anévrysmes) portent la pointe en avant et refoulent en arrière l'oreilletle droite, le cœur pivotant sur son axe formé par la veine cave inférieure, véi'itable pivot du cœur. Dans ce cas, quand le refoulement est extrême et porte la pointe du cœur en avant, le croisement des artères pulmonaire et aorte augmente considérablement. (Chorael avait insisté sur ce point.) M. Blachez a montré que la compression du poumon gauche pouvait entraîner la formation d'une thrombose de l'artère pulmonaire, M. Labric a signalé la présence de caillots dans le cœur gauche. Raynaud avait indiqué la possibiUté de la dégénérescence du myocarde.
Enfin, le bord inférieur subit, dans certains cas, des mouvements de bascule sur l'axe transversal. Les épanchements pleurétiques, certaines pneumonies de tout le poumon et les anévrysmes peuvent abaisser l'angle hépatique de plus de 2 centimètres, et alors le bord inférieur du cœur ne penche plus à gauche, mais à droite, la pointe du cœur se trouvant plus élevée que le bord hépatique.
Ces faits, qui ont été constatés à l'autopsie, ne peuvent se vérifier sur le malade, attendu que la percussion de la partie droite donne de la matité partout et ne permet pas de reconnaître le bord supérieur du foie. Ce n'est que dans les cas où l'on assiste au développement de la maladie ou à sa guérison qu'on peut le constater cliniquement.
A côté des déplacements du cœur survenus pendant la vie extra-utérine, dont il vient d'être question, il faut parler des vices congénitaux du cœur (1). Il en sera question plus loin à propos des maladies congénitales du cœur.
(1) Cardiocèlos de Costa Alvarenga.