DU COEUR CHEZ LE FCETUS
Dès le début do l'évolution de l'embryon, l'appareil de la circulation est représenté par quelques cellules. Les unes se colorent bientôt, ce sont les globules sanguins; d'autres se disposent en séries linéaires et parallèles, ce sont les premiers rudiments de la voie circulatoire qu'ils auront à parcourir ; d'autres se contractent et leur impriment un mouvement qui ne cesse qu'avec la vie.
Mais le cœur n'est que l'un des moteurs de l'hématose ; il ne fait qu'imprimer le mouvement au sang, pour que celui-ci aille s'imprégner d'oxygène. Or, cet acte se passe d'abord, chez l'embryon, dans la vésicule ombilicale ; puis, chez le fœtus, dans la vésicule allantoïde, et enfin, après la naissance, dans le poumon. 11 y a donc lieu de considérer le cœur pendant trois périodes : 1" la période vitelline, 2° la période allantoïdienne, et 3° la période pulmonaire. (I )
Dans l'espèce humaine, c'est vers le quinzième jour que la cavité cardiaque se creuse et qu'apparaissent les premiers battements.
Le cœur, d'abord recliligne, ne tarde pas s'incurver en S. La partie supérieure fournit les deux arcs aortiques ; la partie inféirieure reçoit les veines omphalo-mésentériques.
Le cœur en se contournant se divise bientôt en trois cavités : .la supérieure, qui fournit les arcs aortiques, devient le bulbe de 1 l'aorte ; l'inférieure, qui reçoit les veines omphalo-mésentériques, cdevient l'oreillette, et la moyenne le ventricule. Tel est l'état du ccœur à la fin de la période vitelline où la vésicule ombilicale s'est rréduite.
Pendant la seconde période, ou période allantoïdienne, le cœur sse perfectionne; il se cloisonne au niveau des ventricules, qui ssont complètement distincts au moment de la première semaine. IPuis, les deux oreillettes se marquent; les deux orifices auriculo-
(I) Sappey, Traité d'anatomie, t. IV, p. 800, 3e édition, 1877.
ventriculaires se dessinent, et le tronc aortique se cloisonne pour former les deux troncs artériels aortique et pulmonaire.
Au moment où la cavité auriculaire se cloisonne pour former les deux oreillettes, la veine cave, encore unique, est munie, à son entrée dans l'oreillette, de deux valvules : l'une, gauche, qui est la valvule du irou ovale; l'autre, droite, qui est la valvule <Z'jË'î<A<acy^j. Ces deux valvules forment un arc qui va à la rencontre d'un arc opposé venant de la paroi postérieure. L'intervalle entre ces deux arcs forme le irou de Dotal ou trou ovale.
Plus tard, quand les veines caves sont dédoublées en supérieure et inférieure, la valvule d'Eustache est disposée de manière à conduire dans le trou de Botal le sang qui vient de la veine cave inférieure, et le sang de la veine cave est dirigé vers ce même orifice par une saillie qui porte le nom de tubercule de Loiver.
Au moment oh le bulbe aortique se cloisonne pour former les deux artères aortique et pulmonaire, un point reste dans l'état primitif et laisse persister la communication entre l'aorte et l'artère pulmonaire ; cette communication, qui persistera jusqu'à la vie extra-utérine, porte le nom de canal artériel ou canal de Botal.
Au moment de la naissance, la circulation placentaire est remplacée par la circulation pulmonaire.