LÉSIONS ANATOMIQUES
L'artère pulmonaire est ré trécie ; son calibre, au lieu des dimensions normales, est réduit au calibre d'une plume d'oie (4), d'autres fois à celui d'une plume de corbeau (S) ; si la lésion est plus avancée, on peut à peine y introduire un stylet (6), et enfin, le rétrécissement peut aller jusqu'à l'oblitération complète (7).
(1) Kussmaul, Ueùer cmr/eôoretie Emje und Verschluss der Lungenarterîen- Oahi {Zeifschrift fur rationclle MedirAn, Leipzig, 1866).
(2) Peacock, Med.-chir. Transact. [Monthly Journal, 1847).
(3) Roger, Recherches cliniques sur la communicatinn congénitale des deux cœurs par mocclusion du septum ventriculaire (Académie de médecine, 1879).
(4) Landouzy, Société anatomiquc^ 1838.
(0) De Guise, Société aiialomique, 1842.
(7)>W. Hunter, Med. Obs. and înquirîes, t. VI, p. 291, july 1783,
Les parois de l'artère sont en général en môme temps amincies et ressemblent à des parois veineuses.
Lorsque le rétrécissement n'est pas considérable, on peut trouver les valvules en nombre normal avec leur développement complet. Cependant, il arrive encore assez souvent qu il y ait une sorte d'arrêt de développement, deux valvules seulement au lieu de trois (Landouzy, N. Cbevers).
T.cs valvules sont, en général, soudées par une partiedeleurs bords, et sont libres dans leur partie la plus inlerno; elles forment alors une sorte de cône, ou plutôt de cupule i\ convexité tournée vers l'artère et à concavité tournée vers le ventricule.
Si les valvules sont libres à leur centre, elles forment un orifice rétréci qui réduit la quantité de sang qui passe en un temps donné ; mais elles se ferment bien ensuite et forment alors un | rétrécissement sans insuffisance. Mais il arrive encore souvent 1 que ces valvules aient été enflammées, que leur bord soit épaissi | et induré, et alors il y a une sorte de diaphragme refoule ^^rs l'artère et percé d'un orifice plus ou moins petit et induré formant rétrécissement et par suite insufQsance (Cbevers, Déguise). Enfin, les valvules peuvent être tout à fait rabougries et môme calcifiées (N. Cbevers).
Dans ces cas, s'agit-il toujours d'un arrêt de developpemen et d'une inflammation consécutive, ou l'arrêt de développement est-il toujours le fait d'une pblegmasie antérieure ? Peacock a soutenu la première hypothèse, et Kussmaul la dernière. Ces deux processus existent. M. Cadet de Gassicourt (1) a montre succe^ivement à la Société des hôpitaux un exemple de chacu
sTl'oblitération de l'orifice est presque complète, l'artère peut être obUtérée presque complètement et transformée en un simple cordon perméable, et quelquefois même en un cordon imperméable jusqu'à sa bifurcation.
AU dessous, le cœur varie : tantôt il est atrophie (Kussmanl), tantôt il est volumineux (N. Cbevers); d'autres f^i^- 1;^'^;^^;.;^^;;^ cœurs est dilaté, et l'autre, épaissi, est ratatiné; tantôt, la dilatation porte sur le cœur droit, tantôt elle porte sur le cœur gauche.
(1) Cadet de Gassicourt, Sociélô mâdicale des hôpitaux, 7 juillet 1882.
RÉTRÉCISSEMENT DE L'aRTÈRE PULMONAIRE. 629
Si l'on ouvre le cœur, on trouve que souvent le rétrécissement n'est pas borné à l'orifice, mais qu'il occupe l'infundibulum {coniis des Allemands), et on a vu en pareil cas les fibres musculaires de l'infundibulum augmentées de volume. La valvule tricuspide est souvent opaque et épaissie (Kussmaul), preuve que la lésion première a été souvent l'endocardite; d'autres fois, elle est mal formée, imparfaite ou môme rudimentaire (Landouzy, Guy, N. Chevers).
Au contraire, l'oreillette droite est presque toujours agrandie, dilatée, avec épaississement de ses parois.
Le cœur gaucbe est moins atteint; le ventricule gauche est, en général, plus petit et plus mince que le droit; cependant, on a vu quelquefois le contraire, surtout dans des cas d'atrésie ou d'oblitération presque complète. L'aorte est en général dilatée, faisant issue de l'un ou l'autre ventricule, très souvent des deux [Gintrac (I), Haase (-2j, Travers, Simonnot (3)] ; elle conserve presque toujours sa position normale par rapport à l'artère pulmonaire.
La perforation do la cloison est située constamment à la base, c'est-à-dire près de l'orifice aortique. Elle est plus ou moins grande, souvent assez large pour y passer le petit doigt (4), mais quelquefois plus étroite, ne livrant passage qu'à un stylet [Féréol 5]. Les bords en sont plus ou moins rugueux. Le reste de la cloison est souvent musculaire, mais quelquefois il est réduit à l'endocarde; il est constitué pour ainsi dire par une seule membrane. ,
Le trou de Botal reste ouvert dans les trois quarts des cas ; il peut être tellement large qu'il n'y ait, pour ainsi dire, pas de cloison interauriculaire [Gheever (6)] ; mais il peut être simplement ouvert, même réduit à un simple vestige (Déguise), ou enfin tout à fait fermé [Chevers, Lediberder (7)].
(1) Uinlrac, De /« cya?zo.S(?, Paris, 182.'i.
(2) Haase, Diss. inaug. {De Morho cœruleo, Leipzig, 1813).
(3) Simonnot, Gazette des Hôpitaux, 2 avril 1870.
(4) Denucé, Société analomique, 1S'i9.
(3) Féréol, Société médicale des liôpilaux, 11 mars 1881.
(0) Glieever, New England Journal of Med., t. V, p. 218, 1821.
(7) Lfîdibcrder, Société anatomiquo, 1834.
Le canal artériel ou conduit do Botalest le plus ordinairement fermé, il peut môme manquer tout à fait [Ledibcrder {{)] ; mais aussi il peut quelquefois persister, et Seller l'a trouvé encore perméable sur un sujet de vingt-trois ans.
Quand le canal artériel manque, il est remplacé par un développement remarquable des artères bronchiques (Peacock, Ja-
cobson, N. Chevers).
En dehors de ces vices de conformation, les autres organes sont en général intacts. Ainsi, la séparation de l'aorte et del'artère pulmonaire est toujours complète, les oreillettes sont toujours séparées des ventricules par une cloison, quand môme les ventricules ne sont pas complètement développés. L'artère pulmonaire naît toujours du ventricule droit, tandis que l'aorte naît tantôt du ventricule gauche, tantôt des deux ventricules, quelquefois même du ventricule droit.