‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 262 sur 355 · PREMIÈRE ÉCOLE MÉTHODISTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉCOLE MÉTHODISTE

Themison.

(63 ans avant J.-G.)

L'aphorisme créé par Themison : Contraria contrariis curantur, a composé presque toute la thérapeutique pendant quatorze siècles. Themison rejeta la méthode d'observation d'Hippocrate, pour ne plus faire que de la théorie, il n'était pas besoin de distinguer les maladies par leurs symptômes. Tout se réduisait à savoir si le corps était dans un état Ae slriclum ou de laxum, mais comme il arrivait souvent que la nature se pliait mal à ce dichotomisme, il admit, pour répondre aux objections, un troisième état, le mixtum.

Il admettait donc que le corps était en état de strictum quand il n'y avait pas d'excrétion.

Quum in adstricto totum corpus densatum esset, omnisque evidens excretio prohibita.

11 admettait au contraire le laxum, quand les excrétions étaient faciles et abondantes.

In laxo, quum corporis superficies relaxala et excretiones quse in sensum cadunt intensiores existant.

(Ackermann, [nstitutiones historié medicinx. Nuremberg, 1792, p. 136.)

La thérapeutique était ainsi bien facile : si le corps était resserré, il fallait le relâcher, et réciproquement. Il n'y avait pas d'autre indication , c'était de l'antagonisme mathématique et réduit à sa plus simple expression. Hinc duplicem, hac générales corporis affeclione.s indicare ; laxationeyn, si in adstriclione; adstrictionem, si in laxatione affeclio consistât.

Ainsi, la pathologie ne comprenait que deux classes de maladies antagonistes. La matière médicale renfermait des moyens de produire des effets semblables aux maladies, mais qu'on appliquait en les opposant. Telle est l'origine de cet aphorisme : contraria contrariis curantur.

Puisque la thérapeutique se réduisait îi deux indications, la matière médicale n'avait pas besoin d'ùtre bien variée, aussi se composait-elle de peu de chose.

Pour combattre le s^nc^MTO, il employait les émissions sanguines et les fomentations faites avec l'eau chaude, l'huile et les cataplasmes.

Nous devons cependant rendre justice à Themison, c'est lui qui eut l'idée le premier d'employer les sangsues, concurremment avec la saignée, qui était bien plus ancienne.

Contre le laxum, il employait le froid et surtout le plantain, dont il était très fier d'avoir découvert les propriétés astringentes, le myrte, les roses, le suc de joubarbe et le vin rouge.

Si ces astringents ne suffisaient pas, il en prenait de plus puissants : l'alun et le plomb brûlé.

Quand on ne pouvait déterminer si le corps était dans le slriclum ou le laxum, alors on faisait comme on pouvait.

In mixlo vitio, ei occurrendum quod urgel.

Cependant, l'esprit ne suggérait pas toujours à proposée qu'on devait faire, et ce troisième cas, le mixtum, se présentait si souvent avec des conditions variées, qu'il fallut bien chercher autre chose que les médicaments resserrants. On retourna peu à peu à l'hippocratisme, et l'on fit de l'hygiène.

Dans tous les cas, Themison et ses disciples craignaient les remèdes énergiques et surtout les poisons. On reconnaît déjà les ancêtres de l'homéopathie.

Ils rejetaient tous les évacuants et surtout les purgatifs, les diurétiques, les somnifères (I), et ne voulaient pas qu'on fit la paracentèse dans l'ascite.

On voit que les homéopathes, dont je parlerai plus loin, ont conservé toutes ces traditions, bien qu'ils aient travesti l'enseigne de l'école.

(1) Themison ne voulut même pas qu'on employât le diacode doiil il élaiC l'inventeur.

LA TIlÉRÂl'EUTIOtJE A PtllORl.

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