‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 273 sur 355 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

DE LA. THËUAPECTIQUE EN GÉiNÉRAL. - LA MÉTHODE.

J'ai défini, dans le chapitre précédent, le but de la thérapeutique, qui est l'art de guérir. J'ai montré comment cette déflnition nous permettait de ne pas confondre la thérapeutique avec la matière médicale et la toxicologie.

J'ai montré, en outre, que toutes les tentatives faites pour constituer une thérapeutique « ;«'/o?'/ avaient échoué dans le dichotomisme de Themison et avaient été directement stériles ; qu'elles n'avaient rendu de services qu'en protestant contre les abus d'un certain nombre d'écoles ou plutôt de modes thérapeutiques.

Lathérapeutique ne peut se fonder, comme toutes les sciences, que sur l'expérience.

Nous n'avons en somme, dans les sciences, qu'un moyen d'établir des lois et de les contrôler, c'est la répétition continuelle des expériences. Les mêmes causes dans les mômes conditions produisent les mêmes effets.

Donc, on ne pourra venir dire que telle médication rend tels services dans une maladie déterminée comme période, comme forme ou comme intensité, que si cette môme médication, appliquée dans les mêmes conditions, produit toujours le même résultat. Or, cette affirmation ne peut être portée sérieusement qu'après que la tentative aura été répétée un grand nombre de fois.

Il n'y a donc pas de thérapeutique a priori, il n'y a de thérapeutique qu'a posteriori, et non pas après une seule tentative ou un petit nombre d'exemples, mais par la répétition constante et continue du même résultat.

Tout médecin qui, se reposant sur la notion des effets patho-

génétiques d'un médicament, annonce que dorénavant telle maladie va guérir par son moyen, ressemble beaucoup au barbier qui avait mis sur sa porte : « Aujourd'hui, on paye pour se faire raser ; mais demain, on rasera pour rien. » Ces promesses se valent absolument.

Voyons maintenant sur quelles bases doit se constituer la thérapeutique. Eh bien, il est de toute évidence que, pour savoir si la thérapeutique a, oui ou non, rendu service au malade, il faut d'abord connaître la marche naturelle de la maladie.

Telle est la première condition imposée par llippocrate, qui a fondé ainsi du premier coup, en thérapeutique, l'école du bon sens.

Page 1