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PREMIÈRE ÉCOLE EMPIRIQUE OU EXPÉRIMENTALE. HIPPÛCRATE. G

se procurer une forle chaleur, soit par un J3ain chaud, soit par un grand feu, puis demeurer avec le môme vôtemcnt et dans le môme heu qu'aprôs s'être refroidi, on éprouvera un froid bien plus vil et 1 on frissonnera bien davantage,etc. (I).

En cherchant comment les maladies guérissent spontanément, Hippocrate constate que souvent l'économie rejette des humeurs. 11 faut donc observer quelles sont ces humeurs et par quelles voies elles s'éliminent. Ce qu'il dit dans cet aphonsme : « Les humeurs qu'il faut évacuer, les évacuer du côté où elles tendent le plus et par les voies convenables (2) »

Les premiers médicaments dont nous avons à nous occuper sont donc les vomitifs.

Voici d'abord le traitement de l'embarras gastrique • « Etant sans fièvre, l'anorexie, la cardialgie, les vertiges ténébreux, 1 amertume de la bouche, indiquent qu'on a besoin d'être évacue parle haut (3). »

Les vomitifs employés par Hippocrate étaient de plusieurs sortes. C'était d'abord l'ellébore blanc («r.. ./^^ de la famille des colchicacées, identique veratru^n viridl, plus employé aujourd'hui), puis l'isopyrum {isopyrunU haUctroldes de Lmne;, plante appartenant à la famille des renonculacées On en mettauprès de 5 grammes dans la potmn, dans de 'oxy^e ^ enfin, Veuphorbia characias. '

Les purgatifs comprenaient d'abord le petit lait (A), puis l'ellebore noir (elleborus niaor \ Aa ^. / -u , ^'^^^ ^ ei- ^ '''Oei> de la famille des renoncula-

cées), et comme ce purgatif donnait beaucoup de coliques on y ajoutait des aromatiques : le daucus de Crête iaikaJr^aZ iensu, L., de la famille des ombellifères), le cumin, l'anis ou

d asa œtida L euphorbe était surtout employé pour provoquer lexpulsion des ga. (5). Hippocrate prescrivait, en outre, les Z

(1) Apitorismes, sect. I, xx, p. 4G9.

(2) Aphorismes, sect. IV, xvii.

(3) Hippocrate, édition Littré," t. Il n 297 n„ • ,

aiguës. ' ' P- ^^^> -^^ ^ <^Oime dans les maladies

(1) Hippocrate, édition Littrp f tcp r, mn n »

(S) Littré, t. Il, p. 273 ' ^" ' ' i ancienne médecine.

Les diurétiques comprenaient l'ail pris avant ou après l'ivresse (1), certains vins, la canlharide, qu'on préparait de la manière suivante: «Prenez trois cantharides, ôtez-en la lêle, les pieds, les ailes, broyez-cn le corps dans trois verres d'eau. Lorsque celui qui a bu ce médicament souffre, on lui fait des onctions huileuses, puis des aifusions chaudes. La potion doit ôtre bue à jeun, puis on mange des pains chauds avec de la graisse. »

Enfm, les autres purgatifs étaient la scille et la garance. ■ Les excitants aromatiques étaient destinés surtout ù provoquer les sueurs et les règles. Ils se composaient d'origan, de cumin, de safran, de garance et de myrrhe.

« Les fumigations aromatiques sont emménagogues, et elles seraient fréquemment utiles en d'autres cas si elles ne causaient des pesanteurs à la tête. » (Aphorisme Y, série 28.) Les stupéfiants étaient représentés par le pavot blanc. Enfin, Ilippocrate employait la saignée avec une grande modération : 1° quand la maladie est peu in tense ; 2° que le malade est dans la vigueur de l'âge; 3" que ses forces sont conservées (2).

Dans la pleurésie, il faut d'abord saigner, puis donner des clystères et enfin purger.

A côté de ces médications générales, il y avait les médications locales, qui comprenaient :

1° Les hémostatiques. Pour arrêter les hémorrhagies veineuses, on appliquait de la laine imprégnée du lait du figuier (ce suc est un caustique coagulant). De môme pour l'épistaxis, on bouchait la narine avec un tampon fait avec de la présure ou du coaltar, puis on pressait les deux cartilages du nez ; en même temps on purgeait le malade avec du lait d'ânesseet on lui rasait la tête.

Hippocrate employait aussi les antiphlogistiques sous forme de lavements, d'onctions huileuses chaudes, de bains, de fomentations, de cataplasmes. A l'intérieur, on donnait le miel et la tisane (décoction d'orge dans laquelle on laissait ou non les grains).

Voici comment s'appliquaient ces fomentations :

(1) Hippocrate, édilion Liltré, t. Il, p. /i8:i.

(2) Ilippocrate, édition- Litlré, Appendice au régime dani .65 maladie aiguës, t. II, p. 398.

IIII'POCRATE.

MÉDICATIONS LOCALES d'iiIPPOCRAÏE ,

Fo^nentau-ons. (I)-La plus puissante esl l'eau chaude renermee dans uue outre, ou dans une vessie, ou dans un Te d auain, ou dans un vase de terre cuite. Il faut interposer quelque corps mou pour que le contact n'en soit pas douloureux.

II est bon aussi d appliquer une grosse éponge molle que l'on trempe dans l'eau chaude et htip Vn^ . •

,. , , ^ ^ on exprime, on recouvrira

d un hngela fomentation. De celte façon la chaleur s'en conser-

Zi:^T'^' P- dans la respiraTn

du malade, à moins que cette inspiration de vapeur chaude n au quelque utilité, car il est des cas où elle en a On peut encore prendre de l'orge de ISrs pilée, rorobe erero,Ua de la famille des légumineuses, qu'on délayera dans une eau vinaigrée un peu plus acide qu'il ne faudrait pour qu'on h. boive Onfera bouillir ce mélange, on le coudra dans un sac e on I ,^phquera sur le côté ; on se servirait du son de la même

^jn^roca W Quant aux embrocations sèches, ce qui con- Ment e mieux c'est du sel ou du sorgho torréfié que L met dans des sachets de laine.

II faut y joindre certaines graines mucilagineuses. Le num- P^ea ne u>n5o ^nel^nbo speaosum, ou lis rose du Nil, la^ d Egypte, le ta>nara des livres saints) espèce de racine mucila^ineuse qm se rapproche de la pomme de terre

Enfin les astringents comprenaient le cuivre brûlé (les scories de cuivre et le colcothar).

Si j'ai donné quelques détails sur la matière médicale d'Hippocrate,c;est qu'elle est peu connue. La thérapeutique peut

cZl """" ""^ ^'"^^ ' - ^^C'est, en elfet, par là qu'il faut commencer toute thérapeu-

Si la maladie a une tendance spontanée vers la guérison, il (1) Hippocrate, Réffime dans les maladies aiguës, Lïllvé, IL 269

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