TROISIÈME ÉCOLE EXPÉRIMENTALE'. VAN HELMONT
rAecUcum, leprosum, maniacum, etc., scopum et causas tpsas morborum in se compîectilur.
Comme la lésion des organes n'est que le produit de la maladie par les troubles de l'archée, c'est l'archée qu'il faut modifier {archei pacalio), pour obtenir la guérison.
Le médicament agit d'une manière spécifique et c'est l'organisme qui se débarrasse de la maladie. 11 ne s'agit ni de contraires ni de semblables, mais d'une action particulière connue seulement de la Providence : Semina autem ipsa nulla tenus operanturob scopum stmililudmis aut contrarielatis, ut alioquivulgo putatur; sed duntaxat ciuia sic sunt jussa operaria rerum Domino, qui solus scient/as, fines, seminibus dédit, sibi soli cognitas a priori (i).
Dieu seul connaît donc, àpriori, l'action des médicaments, et le médecin ne l'apprendra que par l'expérience. Si le médicament a été bien choisi, il guérira la maladie parce qu'il aura produit l'effet dont l'organisme avait besoin et l'archée se réjouira du retour à la santé.
Quapropter censeo medicamen proprie, immédiate atque efficienter cousis fet^e in competenti sine appropriativo (2).
En résumé, la matière n'est point passive, elle est douée de propriétés auxquelles le médicament doit s'adresser. Le médicament a une action spéciale déterminée par la Providence que le médecin ne peut connaître que par l'expérience ; ce sont les empirica aut specifîca. C'est Van Helmont qui est, en effet, le père du déterminisme.
C'est là la troisième indication thérapeutique. Lorsque le médecin a, d'une part, tenté d'imiter la nature pour diriger l'évolution de la maladie et qu'il a soutenu les forces du malade, il n'a plus d'autres ressources que d'y ajouter les remèdes empiriques, c'est-à-dire ceux que l'expérience lui a montrés utiles sans qu'il puisse encore s'en rendre compte. On peut citer ici comme exemples : le sulfate de quinine, le mercure, l'iodure de potassium, etc., etc.
(1) Van Helmont, Ortus medicime, p. 133.
(2) Id., p. 134.
On voit, par cet exposé, que les idées originales et fondamentales, en thérapeutique, ne sont pas nombreuses. Les théoriciens n'ont eu guère qu'une idée : le contraria contrariis dont le similia similibus n'est qu'un corollaire. Ils n'ont changé que leur point d'appui qui, fondé d'abord sur les quatre éléments, a pris un corps avec l'irritabilité et a donné alors la sthénie et le stimulus; enfin, dans ces derniers temps, la même école a mis le strictum et le laxum dans les nerfs vaso-moteurs sans plus de succès.
La thérapeutique empirique ou expérimentale n'a eu que trois idées : 1° imiter la nature dans les procédés qu'elle emploie pour guérir les maladies (Hippocrate) ; 2° soutenir le malade (Paracelse); 3° ajouter les médicaments que l'expérience a consacrés (Van Helmont); 4° une dernière idée appartient à Barthez, c'est que quand la thérapeutique ne peut diriger la maladie, il faut décomposer cette maladie en un certain nombre ^'éléments que l'on combattra séparément par les moyens éprouvés : c'est la désintégration de la maladie et la thérapeutique analytique.