‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 287 sur 355 · BROMURE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

BROMURE DE POTASSIUM

Lorsque le bromure n'est pas porté directement sur lu tissu du cœur et qu'il n'y arrive que par diffusion circulatoire, le cœur commence à se ralentir à partir du moment où apparaissent l'insensibilité, la résolution musculaire et l'arrêt de la respiration. Les contractions du cœur diminuent de fréquence, tombent à huit par minute pendantle sommeil anestliésique, pour remonter avec le réveil; mais si l'intoxication est poussée jusqu'à la mort, le cœur s'arrôteensystole comme par la digitale, avec cette différence que cette rigidité cesse quelque temps après la mort et qu'on trouve plus tard le cœur distendu par le sang.

En somme, il est difficile de dire en l'état ordinaire si le cœur est influencé directement ou seulement par le système nerveux.

Mes observations faites sur les malades atteints de dégénérescence graisseuse du myocarde où le bromure a pu rétablir le rythme, démontrent qu'il y a en réalité une action directe sur le rythme cardiaque, car le rythme ne dépend pas, comme la fréquence, des nerfs cardiaques, mais est une propriété directe du myocarde.

Le bromure de potassium abaisse la température d'une manière proportionnelle à la réduction de la circulation périphérique par Te fait de la contraction des petits vaisseaux. Ces deux phénomènes vont ensemble, car si l'on a agi sur l'innervation d'un membre, c'est sur ce membre seul qu'on observe l'abaissement de température. •

Chez l'homme, l'action sur la respiration est à peine perceptible ; mais, sur l'animal intoxiqué, les mouvements respiratoires d'abord affaiblis sont détruits, comme tous les autres mouvements.

Ce que l'on constate facilement chez l'homme, c'est la diminution de la sensibilité bronchique et des réflexes expiratoires. Aussi le bromurede potassium est-il le meilleur moyen de calmer la toux violente et spasmodique des arthritiques, des herpétiques et des alcooliques.

L'augmentation de la quantité d'urine est notable, mais bien peu marquée dans l'état de santé.

Dans cette description, il semble que le bromure de potassium

,^0 MODÉllATEUaS DU COEUR.

n'ait pas propriété élective sur un appareil, un organe ou un tissu (Martin-Damourette et Pelvet). M. Laborde (1) croyait d'abord à une action primitive sur la moelle ôpinière, MM. Eulenburg et Guttmann (2) à une action primitive sur la moelle et le cœur.

L'usage continu et prolongé du bromure de potassium n'a pu être examiné sur les animaux, mais sur l'homme ; seulement ce nest pas sur l'homme sain que l'expérience a été faite, mais sur des épileptiques, deshystcro-épileptiques ou sur des hystériques - Dans ces cas on n'est pasdansles conditions normales. Toutefois on a donné le nom de bromisme à un état chronique semblable à celui que produit une intoxication aiguë légère en y ajoutant quelques phénomènes du côté de la respiration: une sorte de catarrhe chronique avec une toux spasmodique rappelant un peu celle de la coqueluche, et des troubles a© nutrition entramant l'amaigrissement et l'anémie.

Il y a quelques années, en 1874, Falck est venu émettre une nouvelle théorie, c'est qu'une partie de l'action du bromure de potassium reviendrait au potassium. Falck s'appuyait sur ce fait que les sels de potassium sont bien plus toxiques que les sels de

sodium (3). . x j „

Il a fait remarquer que les sels de sodium donnes à dose toxique n'ont aucune action ni sur le cœur, ni sur la température, ni sur les centres nerveux, ni sur les muscles, m sur les

nerfs périphériques, .

Les sels de potassium ont au contraire une action toxique sui

le çœnr, les nerfs et les muscles. ' D'après Falck-Hermans, le chlorure de potassium injecte dans les veines des chiens a une action 53 fois plus intense que le chlorure de sodium injecté dans les mêmes conditions.

lialvam {Virchow's Arclnv, 1867). ^.j^.

^r:z..:i::2riT::^:^i ^^^^^^

faudrait donc de 80 îi 100 grammes de chlorure de potassium poui homme de petite taille.

DnOMURli DE POTASSIUM. 7H

Getle théorie, qui a eu quelque faveur on Allemagne et que M. G. Sée (1) paraît avoir acceptée, n'est pas admissible pour les raisons que voici : d'abord dans le bromure de potassium il y a 67 pour JOO de brome et seulement 33 pour 100 de potassium Secondement, si on remplace du bromure de potassium par du bromure de sodium, on obtient sensiblement les mômes effets, tandis que si on le remplace par un sel de potasse, l'acétate le sulfate, le nitrate ou le chlorure de potasse, on n'obtient plus rien de semblable. On a dit : alors, le brome agit sur l'innervation, mais le potassium agit sur le cœur ; c'est encore faux, car ni 1 acétate, ni le sulfate, ni le chlorate de potasse ne sont des dépresseurs du cœur.

Si. nous voulons nous rendre compte de ce que peut faire la potasse du bromure de potassium, prenons un malade prenant 3 grammes de bromure de potassium par jour. Voyons ce que va devenir dans son régime 1 gramme de potasse.

Le corps d'un adulte est ainsi composé en moyenne :

Gelatme

uraisse r ocr

Albnmme.... , „„„

Phosphate de chaux 2 g.jQ

Carbonate de chaux 0 '448

Chlorure de sodium 0 '08I

S'^is divçrs ; ; 0 ^'203

Total G9>',220

11 faut donc que les aliments contiennent de la potasse et des sels. Or, l'homme perd chaque jour dans ses excréta 16 grammes de sels, dont 8 grammes de chlorure de sodium (2) ; il lui faut donc, dans sa ration d'entretien, 8 grammes de sels de potasse et de chaux. L'homme trouve la chaux dans l'eau qu'il boit et la potasse en grande partie dans le vin. Un litre de vin renferme 4 à 5 grammes de potasse.

!i! 2' '-^ T'-cMement des maladies du cœur, 1879 n 377 '

2) Gautio- Chunie appluju,'e à la ,,ln,sioloç,ic, à la patholorjie t à l'hy

Page 1