OPIUM
doses do digitale de Friedreich. Bauer dit bien également que la digitale à haute dose est un remède souverain, mais qu'il faut cesser aussitôt que le pouls est abaissé ou devient irrégulier (1).
G. La vératrine a été proposée par Friedreich pour remplacer la digitale. La vératrine jouit, en effet, de la double propriété de calmer les douleurs et de faire baisser le pouls et la températurc (â). Mais elle ne peut ôtrc administrée en solution, parce qu'elle brûle la gorge ; il faut la donner en pilules ou granules de 5 milligrammes. Si elle est bien tolérée par le tube digestif, on peut aller progressivement jusqu'à 30 milligrammes (Piédagnel), et môme SO milligrammes (Bitot) (3).
D. L'acide cyanhydrique a été proposé encore par Stokes(4), mais timidement, car c'est un remède dangereux. Quoi qu'il en soit, on peut sans crainte prescrire S à 10 gouttes d'acide cyanhydrique médicinal dans une potion de 123 grammes.
A ces moyens, Gendrin ajoute au bout de quelques jours les bains sulfureux quand l'oppression a diminué.
En dehors de ces indications, on fera de la thérapeutique analytique.
La douleur sera combattue par la poudre de Dower (5) ; mais cette poudre a l'inconvénient d'être nauséeuse et diaphorétique. Or, dans la péricardite rhumatismale, par exemple, les sueurs sont déjà abondantes et ne produisent aucun soulagement.
On donnera également l'extrait thébaïque à l'intérieur en pilules à la dose de 5 centigrammes, ou le chlorhydrate de moriphine en injeciion sous-cutanée, à la dose de 1 centigramme. L'insomnie sera combattue par l'hydrate de chloral à la dose île 1 à 4 grammes en potion, ou mieux en lavement.
(l) Bauer, loc. cil., p. 687.
["2) Faivre et Leblanc, Acad. des sciences, décembre 1854. (3) Bitot, Congrès de l'Association française à Bordeaux (9 septembre 1872). ('») Stokes, loc. cit., p. 87.
(o) La poudre de Dower est ainsi composée : Extrait d'opium sec, 1 ; suliate de potasse, 4 ; nitrate de potasse, ipéca, 1 ; réglisse, 1. Un gramme ee cette poudre renferme Ok,09 (neuf centigrammes) d'extrait d'opium. Dose, MO à 1 gramme.
C, PAUL, MAL, DU CŒUn, 46
722 TRAITEMENT DES PÉRICÂRDITES.
L'abattement des forces et la tendance au refroidissement seront combattus par les cordiaux, le vin (Stokes) (1), les alcooliques, le vin d'Espagne ou de Porto, le vin chaud additionné de cannelle, le punch, le Champagne, enfin, par le sulfate de quinine, le musc ; et, si la tendance au refroidissement est trop marquée, par les injections sous-cutanées d'élhcr ou même de camphre (2).
Lorsque le malade sera revenu à la santé, on lui prescrira le plus grand repos physique et moral, le séjour à la campagne et l'usage très modéré de l'alcool et du tabac.