ARQUEBUSE, MUGUET
homme du peuple vient d'ôtre blessé, il va relever ses forces opprimées par le choc produit par le traumalisrne, en allant boire un verre de vulnéraire. Ce vulnéraire porte encore dans beaucoup de contrées, à Lyon par exemple, le nom d'erm d'arqiiebusade ou, plus couramment, d'arquebuse. Ce mot d'arquebuse est probablement l'origine d'une autre locution : boi7-e un canon. En effet, quand l'un buvait une arquebuse, il la buvait dans un verre de petit calibre, et celui qui buvait du vin buvait dans un verre de gros calibre. Le petit calibre s'appelant arquebuse, le gros calibre s'est appelé canon. De là l'expression populaire de l'homme qui va boire un verre de vin : il va prendre un canon.
L'arquebusade est^ en effet, une liqueur aromatique ; quand elle est bien distillée, elle a une saveur homogène qui se termine par un bouquet aromatique. Les dégustateurs de profession expriment cette unité par cette phrase : « Ça va d'un train, ça finit bien. »
Plus tard, on a sucré l'arquebuse, qui est devenue la chartreuse et, par contrefaçon, la bénédictine, la trappistine, etc. , etc.
L'eau de mélisse des Carmes, ou alcoolat de mélisse composé, SB rapproche beaucoup de l'arquebuse ; c'est une liqueur non sucrée (1).
A côté de ce cordial, nous en avons un nouveau à ajouter :
LE MUGUET {convallaria majalis).
Dans le chapitre consacré à la matière médicale, j'ai dit tout ce qu'on sait du muguet à l'heure qu'il est. On peut voir, par Ja relation que j'ai donnée de son action pathogénétique, que le muguet est un véritable tonique du cœur et surtout un tonique du myocarde.
Il faut seulement l'employer à haute dose. J'ai l'habitude de prescrire l'alcoolature à la dose d'une cuillerée à café (4 gram-
(1) L'alcoolat de mélisse composé est le produit do la distillation des plantes suivantes : mélisse fraîche en fleur, 900; zestes frais de citron, 150; cannelle de Geylan, 80; giroflées, 80 ; muscades, 80; coriandre, /.O; racine d'angélique, 40 ; alcool à 80 degrés, S 000. Macérez quatre heures et distillez.
764 TRAITEMENT DE LA DÉTRESSE CARDIAQUE ET DE l'aSYSTOLIE.
nies) dans un demi-verre d'eau sucrée, à prendre en une fois. Celle dose peul êlre répélée deux fois par jour, en cas d'alaxie cardiaque ou d'aryliimie. J'ai essayé l'exlrait, et j'en ai eu moins de succès. Quant à la convallamarine, qu'a annoncée M. le professeur G. Sée, elle n'existe pas encore.
C'est un cordial que je crois appelé à beaucoup d'avenir et qui remplacera probablement l'alcoolat de mélisse des carmes.