INJECTIONS SOUS-CUTANÉES DE MORPHINE
Venise), puis par AI. Renault (I), 1874, puis par le docteur Viberl (du Puy), 1875 (2), enfin, par M. Huchard, 1877(3). Ce der-. nier a insisté surtout sur Tutilité de combattre Iss anémies cérébrales consécutives aux afTections aortiques et à l'asystolie par la morphine. Selon lui, la morphine congestionne le cerveau et par conséquent fait cesser l'anémie cérébrale et, par suite, la dyspnée. Il semble que chaque injection de chlorhydrate de morphine dans la peau soit une injection de sang dans le cerveau et le résultat le plus rapide de cette injection est de ranimer les mouvements respiratoires. La même année, Gubler a fait, dans ce môme journal (4), le parallèle des indications des injections sous-cutanées de morphine et de la digitale. Il arrive à dire également que la digitale est utile à la fin de la période de tolérance et que, plus tard, c'est à la morphine qu'il faut avoir recours.
En effet, au moment de la cachexie cardiaque, ces injections de morphine soulagent tellement les malades qu'ils les réclament avec instance et que malgré soi on est obligé de les multiplier. On a commencé par 1 centigramme par jour et peu à peu il faut arriver à 2, 3, 4 et même o injections par jour. Puis l'unité thérapeutique de 1 centigramme devient insuffisante et il faut faire des injections de 2 centigrammes, qu'on ne pourra plus suspendre jusqu'à la fin de l'agonie du malade.
Au point de vue de la théorie, on peut supposer que la morphine constitue un excellent vaso-dilatateur (5) qui amène, par suite de la dilatation des vaisseaux périphériques, l'abaissement de la tension intravasculaire et une diminution du nombre des battements du cœur. Celte théorie, soutenue en partie par MM. Dujardin-Beaumelz et Bucquoy (6), n'est pas acceptée par M. Ferrand, qui croit à une action directe sur la cellule cérébrale.
(1) AI. Renault, Influence des injectioiis sous-cutanées de morphine contre la dyspnée {Union médicale), 1874.
(2) Vibert, Journal de thérapeutique, 1875.
(3) Huchard, Journal de thérapeutique, 1877.
(4) Gubler, Journal de thérapeutique, 1877, p. 31)1 cl suiv., cl 1878,
(5) Picarl et Kebelel, Sociélé de biologie, 4 lual 1878,
(6) Sociélé de thérapoulique, 13 novembre 1878,