‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 329 sur 355 · TRAITEMENT DES ACCIDENTS PULMONAIRES · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES ACCIDENTS PULMONAIRES

promptement, mais bientôt leur effet diminue, et après les avoir réitérés un certain nombre de fois avec un succès décroissant il faut les abandonner.

Pour compléter ce tableau du traitement externe, il faut parler de la thoracentèse pour combattre l'hydrolhorax.

Lorsque l'hydrothorax existe seulement en nappe et surtout lorsqu'il est double, il n'y a pas lieu de faire une thoracentèse à cause de la reproduction immédiate du liquide. Mais quand cet épanchement, tout en étant double, existe beaucoup plus abondant d'un côté et si par la mensuration et par les autres procédés d'exploration de la poitrine on est en droit de supposer qu'un des côtés en renferme plus de 1 litre et demi, il pourra être avantageux de faire la ponction soit avec le trocart de Reybard, soit avec les trocarts capillaires munis ou non d'aspirateurs.

En dehors de ces médications externes, on appellera à son secours tous les cordiaux cités dans le chapitre précédent, attendu que tous combattent plus ou moins heureusement la dyspnée..

Il faut y joindre deux autres médicaments : la teinture de lobêlia et V oxygène.

La teinture de lobelia inflata (1) ou tabac indien est recommandée en Amérique et en Allemagne contre toutes sortes de dyspnées, môme celles qui sont du ressort d'une maladie du cœur. Elle a été recommandée en France par M. Barallier (2), de Toulon.

En effet, elle calme dans une certaine mesure la dyspnée et peut rendre quelques services.

L'oxygène. — Grâce aux efforts persévérants de M. Limousin, l'oxygène est entré dans la pratique thérapeutique et il nous est aussi facile de faire respirer aux malades de l'oxygène que de leur administrer tout autre médicament. Or, à la fin de la ca-

(1) l.ohelia, genre de la famille des campanulacées (tribu des lobéliacées), dédié îi Lobel, botaniste allemand. Ce genre renferme plusieurs espèces, entre autres le lobelia inflata. Cette plante croît en Amérique et en Angleterre, où elle a reçu le nom do asthma-weed (herbe îi l'asthme). Toute la plante est employée pour faire une teinture au sixième. Elle s'administre îi la dose de dO à 25 gouttes trois à quatre fois par jour. Elle paraît agir sur les nerfs pneumogastriques.

(2) Barallier, Des effets physiologiques et de l'emploi thérapeutique de la lobelia inflata {Bulletin de thérapeutiqxtef 1864, l. I", p. 72 et 108),

PUPITRE. 7gg

Chexie cardiaque, alors que les poumons sont œdématiés, qu'il y a del'épanchement dans les plèvres, souvent dos infarctus dans les poumons, quelquefois même de l'épanchement dans le péricarde, l'oxygène constitue une ressource précieuse pour diminuer la dyspnée des malades, et cela arrive d'antant plus à propos qu'à cette époque de lenr maladie les cardiaques, dont es rems sont altérés, ont souvent de la dyspnée urémique. L oxygène est précieux alors parce que non seulement il soutient es actes respu-atoires, mais encore parce que l'oxygène diminue la quantité d'albumine qui s'échappe par les urines.

^ J'ai déjà'eu plusieurs occasions de dire que quand le cœur s est hypertrophié le malade ne peut plus se coucher sur le côté gauche, parce que le cœur alourdi tire sur ses attaches et comprime le poumon gauche, tandis que dans le décubitus droit le cœur repose sur sa base et ne tire pas sur ses ligaments. Plus tard, quand sont survenues la dilatation du cœur droit et l'insuffisance tricuspide, le malade ne peut plus se coucher non plus sur le côté droit, il est obligé de rester assis; mais bientôt, 1 hydropisie gagnant les poumons et les plèvres, le malade ne peut plus se pencher en arrière et par conséquent repose sur ses oreillers. Pour dormir, le malade laisse tomber sa tête sur sa poitrine, alors il asphyxie.

Une dernière ressource consiste alors à faire faire une table de bois qui repose sur le lit, mais dont la fac.e supérieure inclinée vers le malade s'offre à lui comme un pupitre ; on met dessus un oreiller, le malade y croise ses bras et dort penché en avant en appuyant sa tête sur ses mains. Si le malade est assis dans un fauteuil, on appuie cette sorte de pupitre sur un cadre en bois qui entoure le fauteuil et qui, muni de deux charnières peut se repher contre le mur pendant que le malade veille. C'est la dernière ressource qui permet au malade de prendre un peu de repos dans ses derniers jours.

Page 1