‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 332 sur 355 · PURGATIFS SALINS · texte numérisé non relu

PURGATIFS SALINS

deux bouts extrêmes; l'anse détachée était ensuite fermée par un bout et attachée à la paroi par son extrémité béante. On avait amsi une sorte de ccecum dans lequel on déposait des substances pour en examiner les fonctions à l'œil nu. Malheureusement cette anse détachée ne tardait pas à s'atrophier et restait inerte sous les divers excitants.

Radziejewski, en constatant le peu de succès de ces moyens en essaya un autre ; il fit l'analyse comparée des fèces normales et des produits rejetés par les purgatifs. Il trouva bien que les eces normales ne contenaient que 52 pour 100 d'eau, tandis que les garde-robes liquides en renfermaient 85 pour 100 à la suite d une purgation par le sulfate de magnésie. Il constata encore que les fèces naturelles étaient plus riches en potassium qu'en sodium, tandis que les garde-robes de la purgation renfermaient plus de sodium que de potassium. Radziejewski, ne trouvant en somme aucune différence entre les deux espèces de selles en conclut qu'elles ne renfermaient que des produits de sécrétion étaient purement et simplement rejetés par 1 accélération du mouvement péristaltique

monUn "T"'- ^'^'^P^^^^"^^ ^^q^i^e sur l'homme nous mon re que quand une substance se borne à activer les mouvements intestinaux, il y a une évacuation de l'intestin sans purgation, une garde-robe normale, solide d'abord, molle et non moulée à la fin, mais non pas une selle de purgation; c'est

mei:: TTTr'^'" ^epodophyHin,L séné'à pe tite dose, le the, le café et le tabac.

La quantité de liquide semblait encore une objection à cette théorie, mais elle a été réfutée par Ktihne, qui prétend que les sucs fournis normalement par le pancréas et l'intestin représentent une quantité de liquide plus considérable que celle qui peut se trouver dans les selles diarrhéiques les plus abondantes.

Armand Moreau (1) a repris l'expérience de Thiry, en diminuan les ^..lations; il se contente de séparer une anse intestinale par deux ligatures après y avoir injecté 20 centimètres cubes d une solution desulfate de magnésie. Au bout de quelques

(') A. Moreau, Société de thérapeutique, i33 juillet 1870,

heures, il sacrilie l'animal et y trouve une quantité de liquide bien supérieure à celle qu'il y a mise (dix à quinze fois autant); il en conclut qu'il y a une hypersécrétion intestinale.

M. Vulpian (l) a répété la môme expérience chez des chiens curarisés et morphinisés ; il a constaté d'une part que les mouvements péristaltiques n'étaient pas augmentés, qu'une partie de la solution avait été absorbée et avait passé par les urines, enfin, que l'intestin renfermait une grande quantité de liquide catarrhal. Mais, dans ce cas, l'action n'est probablement pas une action irritative directe, il est croyable que le système des nerfs splanchniques y joue un rôle, car il a suffi à A. Moreau d'énerver par section une anse intestinale pour y faire traussuder une masse de liquide.

Nous voilcà donc revenus à la théorie première : le sel purgatif fait affluer les liquides glandulaires par l'intermédiaire du système nerveux, comme les liquides sapides font affluer la salive à la bouche. Il suffit de penser à un mets savoureux pour que l'eau vienne à la bouche, et l'on sait que de même la peur produit la diarrhée.

Du reste, le rôle du système nerveux en pareil cas peut être soutenu par toutes sortes de preuves. Traube a montré que toute irritation des nerfs gastriques détermine par action réflexe des mouvements péristaltiques des intestins. Les dysentériques le savent bien, il leur suffit de boire quelques gouttes d'eau froide pour avoir immédiatement du ténesme et une garde-robe. L'huile de croton détermine des garde-robes alors qu'elle est encore dans l'estomac (Hadziejewski). Après la section du pneumogastrique, l'huile de croton ne purge plus (Wood).

Buckheim etKôhler font exception pour certains purgatifs, tels que le jalap, l'élatérium, qui n'agissent qu'après avoir été en contact avec la bile et les sécrétions intestinales; ceux-ci agiraient peut-être par irritation directe.

Quoi qu'il en soit, nous avons donc plusieurs sortes de purgatifs , les uns qui agissent sur les sécrétions de l'intestin grêle par action réflexe, d'autres qui agissent tardivement et peut-être directement, et aussi ceux qui provoquent la sécrétion biliaire.

(1) Vulpian, Soolôlé de biologiu, 1873.

PURGATIFS SALINS. Vga

Au début des accidents abdominaux symptomatiques des affections du cœur, les premiers qu'on doit employer sont les purgatifs salins.

A. La crème de tartre, bitartrate de potasse (KO.HOjC^tPO*") est un purgatif peu actif et peu usité aujourd'bui.

B. La crème de tartre soluble ou tar traie borico-potassique (K0,B^>0^13H■'0"'j se donne à la dose de 30 à 60 grammes.

G. Le tarirate de potasse et de soude, sel de Seignette ou de la Rochelle (KO.NaO.CH'O'SS Az), se donne à la dose de 30 à Cû grammes.

D. Le sulfate de soude {sel de Glauber) (NaO,SO-,10HO) est le plus sûr des purgatifs salins, il se donne à la dose de IS à 30 grammes dans du bouillon d'berbes ou dans un verre d'eau sucrée. On peut se servir de même des eaux minérales composées de sulfate de soude.

Rubiuat (Espague) 96 grammes par litre.

Marienbad (Autriche) 4g 91

Franzeusbad (id.) 3 \^

Carisbad (id.) 2 37

Miers (France) 2 'g^

Saint-Gervais (id.) 2 '03

Chatel-Guyo'n (id.) 1 70 —

B"des(id.) ^[^^

Allias (id.) I

E. Le citrate de soude et

P. Le sulfovinate de soude se donnent à la même dose. Le sulfovmate est peu employé parce qu'il est altérable.

G. Le phosphate de soude est un purgatif très doux, un peu moms actif que le sulfate de soude; dose, 20 à 60 grammes.

H. Le sulfate de potasse est peu employé, parce qu'il donne trop de coliques.

L Le chlorure de sodium est inconstant comme purgatif et fatigue l'estomac.

J. La magnésie lourde de Henry (oxyde pyromagnésique); dose 4- grammes. '

K. Le sous-carbonate de magnésie, magnésie blanche ou magnésie anglaise.

L. Le sulfate de magnésie (sel d'Epsom ou de Sedlitz); dose, 40 à 60 grammes. On en fait disparaître la saveur en le dissolvant dans l'eau gazeuse ou mieux en faisant bouillir quelques minutes la solution saline avec 40 grammes de café torréfié.

Le sulfate de magnésie entre dans la composition de presque toutes les eaux minérales purgatives, il y est joint au sulfate de soude.

L'eau minérale purgative française de Montmirail (Vaucluse) renferme : sulfate de magnésie, 9r,31 par litre; sulfate de soude, 58,06.

Les autres eaux purgatives sont étrangères; en Angleterre, Epsom, source froide, contient par litre 30 grammes de sulfate de magnésie.

Voici la composition des principales eaux allemandes :

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