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PURGATIFS QUI AGISSENT SUR LA SÉCRÉTION BILIAIRE

Nous devons nos meilleurs renseignements sur ce point à une commission formée en 1866 à Edimbourg, sous la présidence

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d'Hugues Bennett, et dont les expériences furent confiées à Hutherford et Gamgee.

Ces expériences ont été continuées avec persévérance pendant quatorze ans, et Rutlierford en a donné, dans ces dernières années, le résultat, qui a été communiqué à la Société de thérapeutique par M. Noël Guéneau de Mussy.

Voici le procédé qu'a employé Rutlierford. Il a pris des chiens n'ayant pas mangé dépuis seize à dix-sept heures, pour éliminer l'action cholagogue du travail digestif.

Les animaux une fois curarisés, on a fait une incision sur la ligne blanche, cherché le canal cholédoque près de son insertion au duodénum, et l'on y a adapté un tube de caoutchouc conduisant la bile hors du ventre. La bile a été reçue dans un vase gradue dont on a noté le degré de plénitude à des intervalles

de temps réguliers. Les médicaments ont été injectés dans le duodénum.

La quantité moyenne de bile sécrétée par un chien a été de 0,13 à 0,33 de centimètre cube par heure et par kilogramme du poids de l'animal.

La moyenne étant de 0,20, les substances expérimentées ont donne les chiffres, suivants :

. , . Moyennes.

Aloes p'gj

Podophyllin g'^g

Salicylate de soude 0*45

Extrait de physostigma ] [ ] [ q'^^

Benzoate de soude '.*.*. '. '.'.". 0 42

Sanguinarine '

Iridin ^'^^

Bichlorure de mercure

Evonymin o.'so

Benzoate d'ammoniaque o'go

Acide nitro-chlorique g'gg

l^^T'-;- ••••••• o'ss

•'"glandin ^'22

Hydrastin ^

Phosphate de soude

Baptisin qI

Leptandrie '

Moyennes.

Rhubarbe 0,15

Sulfate do potasse ' 0,15

Pliytolaccin 0,14

Coloquinte 0,13

Sulfate de soude 0,14

Sel de Seignette 0,10 •

Quelques-uns de ces purgatifs étant peu connus encore, il va être question de chacun d'eux en particulier.

A. L'aloès a été donné au chien à très fortes doses, et à la dose moyenne d'un gramme chez l'homme serait moins bon cholagogue. Il reste \in très bon agent excitateur des mouvements péristaltiques à petites doses. Voici l'une des meilleures formules, due à Wilson :

Aloès succotriu 0.050

Extrait de jusquiame 0,050

Bisulfate de quinine 0,025

Sulfate de fer 0,0125

Extrait de noix vomique 0,004

Pour une pilule.

B. Le podophyllm, extrait alcoolique du podophyllum peltatum (berbéridacées), est l'un des meilleurs excitants de la sécrétion biliaire ; malheureusement il donne quelques coliques. Cependant, à la dose de 1 à 3 centigrammes, il est un des évacuants les plus précieux parce qu'il reste efficace pendant des mois et des années.

G. Le salicylate de soude tient ici une place tout à fait imprévue. Il en résulte que. c'est un adjuvant précieux des purgatifs salins.

D. L'extrait de physostigma venenosum, ou fève de Calabar, n'a agi chez le chien qu'à une forte dose. Les doses thérapeutiques chez l'homme n'auraient pas une action semblable.

E. Le benzoate de soude, par son action sur la sécrétion biliaire, pourra remplacer, à la dose de 60 centigrammes à Is.SO, dans les formules de purgatifs, les aromatiques qu'on y ajoute depuis Hippocrate pour diminuer les coliques.

F. Le sanguinarm, résine du sanguinaria canadensi's, est un vomitif.

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G- ^^rfn, oléo-résine tirée de Viris versicolor, a été administre à 1 homme comme purgatif à la dose de 6 à 30 centi grammes.

Le docteur Rutherford donne le soir une pilule de centi grammes d'iridin avec de la conserve de roses pour remplacer le podophyllin ; il lui a semblé .que l'iridin donne moins de coli ques. Mais il a sur le podophyllin l'inconvénient de ne pouvoir être employé souvent ; il fatigue, et d'ailleurs irrite la prostate

H. Le subhmé corrosif ou bichlorure de mercure est un bon stimulant de la sécrétion biliaire, mais il donne trop de coliques

I. Vevonymin est une résine tirée de l'écorce de Vevonwnus atro-purpureus . ^

Le docteur Rutherford se loue beaucoup de l'évonymin contre la constipation ; il en donne 12 centigrammes dans une pilule avec de la conserve de roses au commencement de la nuit

cl'ammoniaque se donne comme le benzoate de soude, mais à une dose double, 60 centigrammes à l.,SO

K L acide nitro-chlorhydrique, ce mélange qui rappelle l'eau regale, se compose de 3 parties d'acide azotique et de 4 parties d acide chlorhydrique. Au bout de vingt-quatre heures, le mélange est dilué dans 23 parties d'eau. Cette solution, recommandée par Scott et Annelsey, aux Indes, pour combattre les congestions hépatiques, se donne à la dose de 5 à 93 ^outtes Rutherford, qui l'a essayée comme les autres cholagogues lui accorde quelque valeur. '

L. h& juglandin, extrait résineux de l'écorce de racine du m glans dnerea, est employé en Amérique comme un succédané de la rhubarbe ; il n'a qu'une action modérée. On le prend à la dose de 12 à 30 centigrammes.

M. Le colchique, recommandé par Garrod, se donne, chez 1 adulte, sous forme d'extrait, jusqu'à la dose de 12 centigrammes ; il a une action marquée sur la sécrétion biliaire, mais il est trop irritant pour l'intestin.

N. Vhydrastin est un extrait alcoolique résineux de Vhydrastis canadensù, il est laxatif et cholagogue ; il a été préconisé dans la dyspepsie hépatique, 0. Le phosphate de soude purge bien à la dose de 7 à 30 gram-

mes. Sans irriter l'intestin, il fait rejeter de la bile plus aqueuse.

P. Le bapiisin est une résine impure tirée de la racine de l'indigo sauvage, baplisia tinctoria, employée à la dose de 6 à 30 centigrammes par les médecins américains. Rulherford pense que c'est un purgatif qui pourra entrer dans la pratique.

Q. Le leptandrin est un extrait résinoïde préparé avec l'écorce de racine de leptandria ou veronica virgmica. 11 est employé à la dose de 30 centigrammes à le, 80 chez l'adulte et plus souvent chez l'enfant.

R. Lejalap, résine extraite de la racine du convolvulus jalapa, a cet avantage d'être à la fois cholagogue et hj^dragogue; aussi est-il le meilleur des drastiques qu'on ordonne pour combattre les congestions hépatiques et intestinales des affections du cœur. On l'ordonne sous la forme de teinture de jalap ou de teinture de jalap composée nommée eau-de-vie allemande {\), à la dose de 15 à 30 grammes, ou sous forme d'élixir de Guillé (2), à la dose d'une cuillerée à soupe ou deux le soir. On l'administre encore sous forme de résine de jalap, à la dose de 1 gramme dans 100 grammes d'émulsion d'amandes sucrée. Cette potion se prend par cuillerée à soupe d'heure en heure et peut être arrêtée quand les garde-robes sont regardées comme suffisantes.

S. La rhubarbe, racine du rheumpahnatimi, agit mieux comme hydragogue à la dose de 1 gramme à 0,50, mais a peu d'action sur la sécrétion biliaire.

T. Le sulfate de potasse (sel de duobus) est un faible purgatif irritant l'intestin et donnant peu de sécrétion biliaire.

U. Le phytolaccin, extrait du phxjtolacca decandra, très employé aux Etats-Unis contre le rhumatisme chronique, se donne chez l'homme à la dose de 6 à 18 centigrammes ; il est à la fois un laxatif et un cholagogue. 11 mérite également d'être étudié.

V. La coloquinte, pulpe ou partie charnue du fruit (péponide)

(1) La teinture de jalap ou eau-de-vie allemande est ainsi composée : Racine de jalap, 80 ; racine de turbith, 10; racine consommée d'AIep, 20; alcool, 060.

(2) L'élixir de Guillé est composé de : Racine de jalap, 1,800; racine de Colombo, 90; racine d'iris de Florence, 60; racine de gentiane^ 8 ; aloès suocotrin, 12; safran, GO ; sulfate de quinine IG; tartre slibié, 2; nitrate de potasse, 16 ; santal citrin, 30 ; sirop de sucre, 11000; alcool à 28 degrés, U 000; eau distillée, M 000.

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du cucumis colocynthis, se donne chez l'homme à la dose de 25 à 50 centigrammes. Il a cette propriété d'être, comme le jalap, à la fois hydragogue et cholagogue. Le vin de coloquinte (1) s'admmistre à la dose de 4 à 16 grammes ; la teinture (2), à la dose de de.SO à 8 grammes.

X. Le sulfate de soude, qui est un bon purgatif hydragogue jomt en même temps d'un pouvoir cholagogue. C'est le plus sur des purgatifs. Dose, 15 à 30 grammes.

Y. Le sel de Seignette, tartrate de soude et de potasse, est un purgatif doux employé dans la médecine des enfants ; il est également cholagogue.

On remarquera que dans cette série il n'est pas question du calomel. En effet, les expériences ont été répétées plusieurs fois par Hugues Bennett et Rutherford à des doses même massives et n ont pas amené de sécrétion de la bile. On sait encore que Fraser attribuait la couleur verte des garde-robes à la présence d un sous-sel de mercure. Mais, d'autre part, il est évident que le calomel ramène la coloration bilieuse des selles chez des sujets qui avaient des selles décolorées par l'absence de la bile La pratique des médecins de l'Inde est unanime pour proclamer 1 action du calomel dans les affections du foie. Certaines congestions hépatiques et certaines constipations avec hémorrhoides ne cessent que par l'usage des pilules bleues. Il y a là une contradiction apparente entre l'expérimentation et la clinique. Mais elle peut, à la rigueur, s'expliquer. Le calomel est un purgatif bien plus sûr avec les doses fractionnées qu'avec les doses massives; 5 centigrammes en cinq paquets purgent plus sûrement que 50 centigrammes et même que i gramme donné en une fois. Or, le calomel a été administré aux chiens à doses massives; le résultat eût peut-être été tout différent avec des doses fractionées.

II résulte de ce long examen que quand le foie est congés-

(1) Le vin de coloquinte est ainsi composé : Coloquinte innisfip 99 alcool à B6 degrés, C4 grammes; vin blLc, 940 grammes ' ^

(2) La teinture est ainsi préparée : Poudre de colonninfo /■•

clous de girofle, n» 6, 4 grammes; anis étoile, Tg amis 1 l-anT'T ' grammes; acétate de potasse, 30 grammes; alcoolf 600 grammes ' "

tionné, on ne manque pas de ressources. Les purgatifs salins qui avaient d'abord réussi pour combattre l'œdème des membres et la stase veineuse intestinale doivent être abandonnés en raison de cette sorte d'antagonisme entre l'action intestinale et l'action cholagogue. Le sulfate de soude, la coloquinte, pourront servir de transition, et on arrivera au jalap et à la scammonée, et enfin à ces purgatifs nouveaux que Rutherford recommande, et plus particulièrement l'évonymin, l'iridin, l'hydrastin, le baptisin, le pbytolaccin ; on peut y joindre l'eau régale. Le benzoate et le salicylate de soude leur seront utilement associés.

Ces purgatifs pourront être encore employés avec avantage pour combattre l'œdème des membres inférieures. On peut y

joindre le séné.

Enfin, à mesure que la tension se produira, l'ascite se prononcera et augmentera; il faudra faire la ponction. Mais cette opération n'est que palliative, aussi ne se trouve-t-elle indiquée que lorsque l'épanchement, devenu considérable, refoule le diaphragme et contribue à la dyspnée.

Lorsqu'on se décide à faire la paracentèse, il faut prendre la précaution de placer d'avance le bandage de corps qui devra, après l'opération, entourer le malade. Cette précaution est importante pour ne pas faire faire au malade, après la ponction, des mouvements qui pourraient entraîner une syncope, e.t une

syncope mortetle.

Autre observation. Quand on a vidé l'abdomen par la ponction, il ne faut pas s'étonner de le voir presque rempli au bout de deux ou trois jours. Ce sont les œdèmes voisins qui, trouvant une décompression dans l'abdomen, s'y déversent aussitôt. On est obligé de faire à bref délai une seconde ponction ; mais alors on a débarrassé l'abdomen, le tronc et les membres de leur trop-plein, et l'on peut attendre un certain temps avant d'en faire une nouvelle.

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