CURE SPONTANÉE
L'anévrysme de l'aorte n'est pas une maladie fatalement mortelle, bien qu'elle le soit dans la grande majorité des cas.
Hodgson(I) cite en effet trois observations de guérison spontanée avec autopsie,' les malades étant morts d'une autre affection. Ces observations sont très concluantes; depuis il en a paru un certain nombre d'autres, mais celles de Hodgson suffisent parfaitement à établir le fait.
(J) Hodgson, Maladies des artères et des veines, trad. Breschet, t. I", p. 1S9 et Buiv., 1S19.
MÉTHODE D'aLBERTINI ET DE VALSALVA. 821 Dans ces derniers temps, M. Thorens a montré à la Société anatomique un anévrysme de l'aorte guéri. L'oblitération de la poche par les caillots actifs était complète (1).
1° Méthode d'Albertini et de Valsalva.
C'est Morgagni (-2) qui nous a fait connaître ce traitement en nous apprenant qu'il lui aurait été inspiré par un passage d'Hippocrate (3) sur les varices des veines internes ou du poumon.
Voici en quoi consiste ce traitement :
Le malade doit rester au lit pendant quarante jours dans le repos physique et moral le plus absolu. On lui fait d'abord deux saignées, puis on le réduit peu à peu au minimum d'aliments possible.
On arrivait ainsi graduellement à ne donner pour tout aliment que le matin une demi-livre de bouillie, le soir moitié moins et pour toute boisson de l'eau. On arrivait même à ne donner que 123 grammes d'aliments solides et 250 grammes d'eau. Encore purgeait-on le malade de temps en temps.
On ajoutait à l'eau de la gelée de coings ou de la pierre ostéocole réduite en poudre (carbonate de chaux des fontaines pétrifiantes).
Le malade allait ainsi maigrissant et faiblissant jusqu'à ce qu'il pût à peine soulever la main du lit. A partir de ce moment on augmentait peu à peu la nourriture jusqu'à ce que le malade eût repris assez de force pour se lever.
Dans ce traitement, les pulsations de la tumeur disparaissaient complètement. Quand le malade se levait, elles reparaissaient, mais, en général, elles cessaient bientôt pour ne plus revenir.
Par ce moyen, Valsalva a guéri une malade; peu de temps après, Scarenzio a guéri par le môme procédé une jeune reli-
(1) Thortns, Dulktin delà Société analomique, 1873, p. G37
(2) Morgagni, Epist. XVII, art. 30, 31, et Epist. XIV, art. 37; XXVL art 10 (3; Ilippocrale, De Morbis, liv. I, n» 10. > • • •