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TRAITEMENT DES ANÉVRYSMES DE L'AORTE

gieuse. Lancisi (1), Guattani (5), Hodgson (3), Corvisart (4)> Laennec, Sabatier (5), Pelletan (6), ont employé avec persévérance cette méthode; leurs observations prouvent qu'ils ont réellement soulagé leurs malades et qu'ils les ont fait vivre, mais ils n'ont pas pu donner de guérison réelle.

Hope a obtenu également des succès en alternant le traitement : il ne faisait que des saignées de 180 à 220 grammes et ne les renouvelait que toutes les six semaines.

Aujourd'hui, ce traitement est abandonné et on lui préfère la diète sèche de Stokes, qui est beaucoup moins pénible et peutêtre moins dangereuse.

2o Diète sèche.

Dès 1819, Kirby en Angleterre prenait le contre-pied de la méthode d'Albertini et de Valsalva, et donnait à ses malades des aliments substantiels et des alcooliques ; il fut bientôt imité par Proudfoot et Beatty, puis par Stokes, qui fit une règle de donner aux malades atteints d'anévrysme une diète réparatrice et même généreuse.

11 y a en effet moyen de concilier ces deux théories en apparence contradictoires. Le traitement de réduction par la saignée tendait surtout à diminuer la masse de liquide que le sang avait à mouvoir. Le cœur trouvait devant lui des vaisseaux trop grands pour la quantité de sang restante et traversant des organes amaigris ; on peut arriver à un résultat analogue^ par la privation d'eau. Un homme sain perd par jour de l'eau en.assez grande quantité, qu'on peut évaluer ainsi :

Eau rendue par les uriue? 1200

— par la sueur 800

— par la respiratiou 500

Total., 2 SCO

(1) Lancisi, Df motu cordis et anevrysmatibiis, lib. II, prop. XXIV, XXVII et XXXIII.

(2) Guallani, De externis anevrysmatibus, p. 107.

(3) Hodgson, t. I", p. 192 et suiv,

(A) Corvisart, Essai sur les maladies du cœur, p. 848. (5) Sabatier, Médecine opératoire, t. 1", p. 36*. ^6) Pelletan, Clinique chirurgicale, t. lo"", p. 54.

lODURE DE POTASSIUM. 828

Il faut donc, dans la ration quotidienne, rendre à l'organisme 2300 grammes d'eau ; il suffit pour cela de régler les boissons et les aliments du malade.

On donnera donc du pain rassis et du pain très cuit, plutôt dq la croûte que de la mie, qui exige une grande quantité d'eau pour être digérée ; on réduira ou supprimera les potages, les herbages, les fruits. On se nourrira de consommés, d'œufs, de viandes, de poissons, de friture, de fromages secs et de fruits secs. On boira du thé léger en petite quantité, 230 grammes par. repas, ou du vin léger en même quantité, un peu de café et de cognac.

Ce régime amenant de la constipation, on emploiera de temps en temps des purgatifs hydragogues, la scammonée, le jalap, l'aloès.

On arrivera ainsi, sans épuiser les7orces du malade, à réduire de beaucoup la masse du sang que le cœur doit mettre en mouvement.

3° lodure de potassium.

Les premières observations d'anévrysmes de l'aorte traités par, l'iodure de potassium remontent à 1862 et sont dues au docteur Chukerbulty (de Calcutta) (I). Il avait soulagé considérablement ses malades en leur en donnant 0e'',60 par jour. Depuis ce temps l'iodure de potassium a été prescrit en pareil cas par un certain nombre de médecins, mais on a beaucoup augmenté la dose ; j'ai été jusqu'à 2 grammes et à cette dose j'ai obtenu des résultats satisfaisants. Dreschfeld a été jusqu'à 6 grammes par jour (2) ; W. Balfour (3) a obtenu de même un très grand soulagement chez un malade ; mais, ce malade étant mort d'une maladie pulmonaire intercurrente, on ne trouva pas le sac oblitéré par des caillots (donc l'iodure n'a pas d'action coagulante); mais ce qu'on trouva, c'est une rétraction énorme de la poche. Le succès de l'iodure de potassium en pareil cas^a fait penser

{\)]Didletin de Uiérapeutique, 1862, t. LXIH.

(2) Dreschfold, Revue mensuelle de médecine \el de chiruroie aortfHs77 p. 863. - ■ io//,

(3) Balfour, Edimb.med. Journ,, p. 1141, 187C.

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qu'il s'agissait peut-être de malades syphilitiques. J'ai donné plus haut l'observation d'un anévrysme vrai chez un syphilitique, guéri par l'iodure de potassium. Cependant, chez deux malades du docteur Byrom Bramwell (1), qui n'avaient eu antérieurement ni syphilis ni rhumatisme, il y eut chez tous deux une amélioration remarquable à deux reprises.

Le même observateur ayant donné l'iodure de potassium à la dose de 6 grammes par jour en trois fois, à un malade qui avait contracté la syphilis neuf ans auparavant, il y eut guérison au bout de six mois. Malheureusement, chez deux autres syphilitiques traités de la môme manière, il n'en fut pas de même : chez l'un, l'anévrysme, gros à l'extérieur comme une orange, se rompit au dehors ; chez l'autre, il y eut d'abord une grande amélioration, puis mort subite, par rupture dans la plèvre.

Il résulte de tout ceci que l'iodure de potassium est le meilleur médicament à donner aux malades atteints d'anévrysmede l'aorte. Si, par hasard, il y a des accidents spécifiques antérieurs oubliés, l'iodure n'agira que mieux. La dose est ordinairement de 50 centigrammes à "2 grammes par jour et peut être portée exceptionnellement à 6 grammes.

Quelques médecins américains avaient prétendu que les anévrysmes pouvaient être dus à l'abus qu'on faisait de l'iodure de potassium dans le traitement du rhumatisme et de la syphilis. Mais il leur a été répondu que si l'anévrysme était si fréquent en Californie et, par suite, la mort subite, il fallait bien plutôt en chercher la raison dans l'alcoolisme (2).

4° Glace.

Beaucoup de praticiens, en appliquant de la glace, croyaient faciliter la formation de caillots (3) dans la poche, mais ils se trompaient du tout au tout. On a pu voir plus haut, dans l'examen des conditions favorables ou défavorables à la coagulation

(1) Byrom Bramwell, Edimb. med. Jown., avril 1878, p. 873.

(2) Bulletin de thérapeutique, 1868, t. II, p. 332.

(3) Guérin (do Bordeaux), Recueil périodique de la Société de santé de Paris, n" 1 1 1 ,

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