DE L ANÉMIE
entreà rhôpital Saint-Antoine, salle Sainte-Jeanne, no 13, le J5 avril 1877.
Cette jeune fille a été réglée à quatorze ans. Elle a vu ses règles pendant six mois, mais très irrégulièrement. Depuis ce temps, les règles ont été supprimées et remplacées par un écoulement leucorrhéique qui persiste encore. Elle se plaint en outre de gastralgie.
A l'auscultation, on constate dans les jugulaires des deux côtés un bruit de souffle extrêmement intense. A la poitrine, on entend au niveau du deuxième espace intercostal gauche un souffle systolique intense, dur et râpeux. Ce bruit, très limité comme étendue, s'entend dans un espace grand comme une pièce de deux francs ; ce bruit, qui est systolique, est suivi d'un claquement valvulaire éclatant. On constate, en outre, que l'espace intercostal est soulevé à chaque systole, et le doigt perçoit manifestement nn frémissement cataire. Le bruit du souffle diminue considérablement lorsque la malade s'assied et reste dans la station assise.
La malade, soumise à l'arsénite de fer, s'améliore promptement. Au bout de quinze jours les règles reparaissent, les tissus se colorent, la'malade prend de l'embonpoint. Elle quitte le service au bout d'un mois ; elle est très améliorée, les bruits de souffle ont diminué, mais ils existent encore.
Tout bruit pathologique est déterminé par trois caractères :
le lieu, le temps, le timbre.
Etablissons donc, d'abord, la topographie du bruitanémique.
Le siège ' fondamental du bruit de souffle anémique est placé dans le deuxième espace intercostal gauche, près du sternum dans le point qui correspond au tronc de l'artère pulmonaire. 11 s'étend, dans cet espace, jusqu'à une distance de 5 centimètres.
Quand le bruit est réduit à ses plus minimes dimensions, c'est dans ce deuxième espace qu'on le trouve; ce fait est si constant, que personne n'y a fait d'objection (lig. 18). , ,
Mais il arrive souvent que le bruit de souffle n est pas hmité au deuxième espace. 11 peut s'étendre au troisième espace et au premier, tantôt à l'un des deux, tantôt à tous deux; mais .on
mg. 18.