RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU AVEC ANÉMIE ET ENDOCARDITE PROBABLE
Dans une quatrième série je place un cas où la persistance du bruit mitral rend l'endocardite probable, mais pas absolument certaine.
Observation XIV. Rhumatisme articulaire, aigu, anémie et endocardite /^^ère.— Jeanne D..., âgée de Yingt-huit ans, journalière, entre h l'hôpital Saint-Antoine, salle Sainte-Jeanne, n» 3, le 21 mars 1878.
La malade a été atteinte une première fois par le rhumatisme articulaire aigu à l'fLge de dix-sept ans, et, depuis ce temps, elle est sujette ;\ des palpitations fréquentes.
Le 17 mars dernier, il y a quatre jours, elle a été reprise de douleurs \ives dans les poignets et les membres avec des sueurs abondantes.
L'examen du cœur donne les résultats suivants : La pointe bat dans le cinquième espace intercostal à 12 centimètres de la ligne médiane. Le bord supérieur du foie correspond à l'insertion du sixième cartilage (sternum court), le bord vertical est près du sternum. L'abaissement de la pointe est de 13 millimètres.
On entend dans les vaisseaux dn cou un bruit de soufOe intermittent un peu rugueux. A la poitrine on trouve dans le deuxième espace intercostal gauche un bruit de souffle systolique rude, à deux timbres, suivi d'un claquement sigmoïde éclatant. Le bruit se propage dans le deuxième espace à 5 centimètres du sternum et dans le troisième espace, à 3 centimètres seulement. Le schéma de ce bruit forme un triangle dont la base se trouve sur la deuxième côte et dont la pointe est dirigée vers la pointe du cœur. Au sommet de ce triangle est opposé un autre triangle où règne un bruit de souffle. Ce second triangle a sa base à la pointe du cœur. Le souffle de la pointe est systolique, rude, couvrant le premier bruit et le petit silence, plus intense que le souffle pulmonaire. Il s'agit de savoir si ce troisième foyer est encore un souffle anémique ou un souffle d'endocardite Qualité jours après l'entrée, apparaît un point de côté gauche accompagné de bru.t de frottement. Mais bientôt ces phénomènes s'aggravent, la dyspnée augmente, on met un vésicatoire. La dyspnée diminue un peu, mais il survient une congestion intense dans le lobe supérieur droit, avec souffle presque tubaire au niveau de la fosse sous-épineuse. Pouls, 1 20.
Pendant deux mois les phénomènes varient d'intensité sans disparaître. Enfin, le 10 mai, la malade est convalescente et part pour le Vcsinct A ce moment le souffle de la pointe a diminué, mais persiste. Les souffles du cou et de l'artère pulmonaire sont atténués.
Le 10 juillet, trois mois après sa sortie de l'hôpital, la malade revient